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Championnat Nascar : la légende du basket Michael Jordan lance une écurie pour plus de diversité

Michael Jordan, lors de sa visite à Paris, à l'occasion de la rencontre de NBA entre les Milwaukee Bucks et les Charlotte Hornets, le 24 janvier 2020.
Michael Jordan, lors de sa visite à Paris, à l'occasion de la rencontre de NBA entre les Milwaukee Bucks et les Charlotte Hornets, le 24 janvier 2020. Anne-Christine POUJOULAT AFP/Archivos
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Après avoir brillé dans le domaine du basket, Michael Jordan a décidé de se lancer dans le championnat automobile Nascar. La légende de la NBA est devenue le propriétaire d'une écurie. Alors que ce milieu est jugé encore très conservateur, il a recruté le pilote noir Bubba Wallace pour y apporter plus de diversité.

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Considéré comme l’un des meilleurs sportifs de tous les temps, le sextuple champion de NBA Michael Jordan a décidé d’investir un nouveau terrain de jeu. La légende du basket a annoncé, lundi 21 septembre, qu’il devenait le propriétaire d’une écurie de course automobile du championnat Nascar, très populaire aux États-Unis.

Enfant, la future star des Chicago Bulls avait l’habitude d’aller admirer les pilotes. "Quand j'étais petit, en Caroline du Nord, mes parents nous emmenaient mes frères, mes sœurs et moi aux courses, et j'ai toujours été un fan de Nascar", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Un pilote emblématique

Michael Jordan réalise ainsi un rêve de gosse, mais s’investit également encore un peu plus dans la lutte contre le racisme. Après avoir annoncé en juin dernier, à la suite de la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, tué lors de son arrestation à Minneapolis, qu’il allait donner 100 millions de dollars à une organisation de lutte contre les inégalités dans son pays, il choisit aujourd’hui de s’impliquer plus concrètement.

Avec son ami l’ancien pilote Denny Hamlin, avec qui il s’est associé, ils ont recruté pour leur nouvelle écurie le seul pilote noir de ce championnat, Bubba Walace. "Historiquement, le Nascar a toujours eu du mal avec la diversité et il y a eu peu de propriétaires noirs", a décrit l’ancien basketteur. "Le moment semble parfait car le Nascar évolue et s'adapte de plus en plus au changement social. En plus de l'engagement récent et des dons que j'ai faits pour lutter contre le racisme systémique, je vois cela comme une chance d'éduquer un nouveau public et d'ouvrir plus d'opportunités aux Noirs dans les courses".

Ce championnat automobile est en effet "aussi bien en tribune que dans les paddocks", "un sport majoritairement blanc", comme l’a constaté Loïc Pialat, le correspondant de France 24 en Californie. En choisissant Bubba Wallace, Michael Jordan souhaite en faire un symbole. Ce pilote de 26 ans est connu pour ses convictions. "Après la mort de George Floyd, il a convaincu la Nascar d’interdire le drapeau confédéré lors des Grands Prix", explique Loïc Pialat. "C’est un drapeau qu’on voyait souvent pendant les courses. Cette bannière du camp esclavagiste pendant la guerre de Sécession est restée un symbole fort culturellement dans le sud des États-Unis, là où la Nascar est la plus populaire".

Cet été, Bubba Wallace avait aussi fait parler de lui après la découverte, dans son garage, d’une corde sous la forme d’un nœud coulant, symbole des lynchages aux États-Unis. Même si le FBI avait conclu, après enquête, qu’il ne s’agissait pas d’un acte raciste, il avait reçu le soutien des autres pilotes. Bubba Wallace n’hésite pas non plus à s’afficher avec un tshirt Black Lives Matter sur la piste.

Un joueur devenu activiste

En le recrutant, Michael Jordan signe un engagement fort alors que pendant longtemps, son manque de convictions lui a été reproché. Durant sa longue carrière de joueur, le célèbre numéro 23 s’est bien gardé d'afficher des orientations politiques. En 1990, lors de la course au Sénat américain en Caroline du Nord, sa région d’origine, certains lui ont reproché de ne pas soutenir publiquement le démocrate afro-américain Harvey Gantt contre l'élu républicain Jesse Helms, connu pour ses positions racistes. À l’époque, le basketteur, devenu milliardaire grâce à ses multiples contrats dont le très lucratif avec Nike, s’était fendu de cette phrase pour expliquer sa neutralité : "les républicains aussi achètent des chaussures".

Depuis, Michael Jordan est revenu sur ses propos qui l’ont longtemps poursuivi. "Je félicite Muhammad Ali d’avoir défendu ses convictions", s’est-il ainsi justifié dans le documentaire sur Netflix consacré à l’équipe des Chicago Bulls et sorti en 2020. "Mais je ne me suis jamais considéré comme un activiste. Je me considérais comme un basketteur. Je n’étais pas un politicien quand je pratiquais mon sport. Je me concentrais sur mon métier. Était-ce égoïste ? Probablement. Mais c’était mon énergie. C’est là que mon énergie était."

Depuis quelques années, dans une période marquée par des meurtres répétés de citoyens noirs par des policiers blancs, la légende du ballon orange est peu à peu sortie de son silence. "Je vois et ressens la douleur, l'indignation et la frustration de chacun. Je suis du côté de ceux qui dénoncent le racisme enraciné et la violence envers les personnes de couleur dans notre pays. Nous en avons assez (...) Chacun de nous doit faire partie de la solution et nous devons travailler ensemble pour nous assurer d'une justice pour tous", avait-il déclaré en mai dernier, après la mort de George Floyd.

Compétiteur dans l’âme, Michael Jordan aime aussi les défis. Après être devenu propriétaire du club de NBA des Charlotte Hornets, il compte bien briller en Nascar. "Je pense que Bubba a le potentiel pour devenir un champion. Si je ne le pensais pas, je ne me serais pas engagé là-dedans", a-t-il affirmé au journal The Charlotte Observer.

 

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