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Emmanuel Macron annonce un congé paternité de 28 jours, dont seulement 7 obligatoires

Emmanuel Macron est allé mercredi 23 septembreà la Maison de la Petite Enfance de Longjumeau (Essonne) pour y présenter le nouveau congé paternité.
Emmanuel Macron est allé mercredi 23 septembreà la Maison de la Petite Enfance de Longjumeau (Essonne) pour y présenter le nouveau congé paternité. © Ludovic Marin, AFP
6 mn

Le congé paternité a été porté "à un mois", dont sept jours obligatoires, a confirmé mercredi Emmanuel Macron. La France reste en dessous des neuf semaines recommandées par la Commission Cyrulnik sur les "1 000 premiers jours" du nouveau-né.

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L'officialisation était attendue. Dans un message publié sur Instagram mercredi 23 septembre, le président français Emmanuel Macron a détaillé la décision de porter le congé paternité à "un mois" en 2021.

"Nous allons porter le congé paternité à un mois, un mois au sein duquel il y aura sept jours obligatoires pour chaque jeune papa", a déclaré le chef de l'État, à l'issue du Conseil des ministres. La veille, l'Élysée avait annoncé que la durée du congé de paternité allait passer de 14 à 28 jours, ajoutant que la partie obligatoire n'était pas encore arbitrée.

Une mesure réclamée de longue date

Réclamé de longue date par les militantes féministes, les syndicats et nombre de pères, l'allongement de ce congé avait fait l'objet de plusieurs pétitions.

"Cette décision, c'est une avancée", s'est félicité Emmanuel Macron. Il a rappelé que c'était "avant tout une mesure qui est favorable à l'égalité entre les femmes et les hommes", "grande cause du quinquennat", et que "c'est là-dessus qu'il y avait une très forte mobilisation".

La mesure sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2021, présenté prochainement en Conseil des ministres. Son allongement sera financé par la Sécurité sociale pour un coût également doublé et estimé à plus de 500 millions d'euros en année pleine. Les trois jours du congé de naissance seront toujours à la charge de l'employeur, et les 25 jours suivant seront indemnisés par la Sécurité sociale.

De Julien Bayou (EELV) à Julien Aubert (LR), les représentants politiques ont largement salué cette avancée mardi, les élus de gauche plaidant toutefois pour que le congé s'allonge encore.

Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, cette mesure "ira dans le bon sens" après des mois de grossesse et un accouchement "épuisants" pour les femmes, suivis de nombreux soins et démarches administratives liés à l'arrivée d'un enfant. "Et si on pouvait en profiter pour lui faire changer de nom... Ça n'est pas un congé car c'est loin d'être des vacances", ajoute-t-elle sur Twitter.

La part obligatoire : une avancée mais trop courte

Pour Thibaut Pradinas, à l'origine d'une pétition réclamant son extension à quatre semaines, qui avait trouvé beaucoup d'écho en 2017, c'est "une victoire, même si le temps a été long", expliquait-il avant les précisions données par Emmanuel Macron.

"La bonne nouvelle, c'est son caractère obligatoire", expliquait le membre de l'association "Parents et Féministes".

Actuellement, sept pères sur dix prennent ce congé optionnel, un chiffre qui dissimule de fortes inégalités sociales : 80 % des salariés en CDI y ont recours, contre moins de 60 % de ceux qui sont en CDD.

Cependant, la nouvelle d'une durée obligatoire de seulement sept jours a toutefois refroidi l'enthousiasme dans l'association. "Sept jours obligatoires. Notre enthousiasme retombe comme un soufflé au fromage", a-t-elle ainsi tweeté après les annonces.

Les patrons inquiets

Du côté des patrons, on s'inquiète des coûts. L'organisation patronale des PME françaises (CPME) redoute ainsi que la mesure "se traduise rapidement par une augmentation des cotisations patronales familiales", tout en se félicitant que son coût ne soit pas à la charge des entreprises.

"Si l'on peut comprendre la finalité (...) on peut regretter que cette annonce intervienne dans une période particulièrement tendue sur le plan économique pour un grand nombre de TPE-PME", fait valoir la CPME.

D'après le président délégué du Medef, Patrick Martin, l'allongement du congé paternité de 14 à 28 jours coûtera "300 millions d'euros" aux entreprises, regrettant une mesure qui va "nécessairement créer des complexités et des coûts pour les entreprises". Il souligne toutefois que celle-ci "va dans le sens de l'Histoire".

La France peut aller plus loin

La France aurait pu aller plus loin. Le rapport de la commission Cyrulnik sur les "1 000 premiers jours" du nouveau-né publié début septembre avait recommandé d'allonger à neuf semaines le congé paternité.

Avec cet allongement, la France va "rejoindre le peloton des cinq pays européens les plus avancés dans ce domaine", l'Espagne, la Finlande, la Norvège, et le Portugal, veut-on se vanter du côté l'Élysée.

Pourtant, en avril 2019, une directive européenne aurait pu octroyer quatre mois aux jeunes parents sans distinction de sexe. Mais, à l'époque, Emmanuel Macron avait tout fait pour limiter la portée de cette nouvelle législation européenne en raison de son coût "potentiellement exorbitant".

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