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Face au Covid-19 et aux polémiques, Roland-Garros déjà sur un fil

Le tournoi de Roland-Garros 2020 doit s'ouvrir le 27 septembre dans des conditions drastiques liées au Covid-19.
Le tournoi de Roland-Garros 2020 doit s'ouvrir le 27 septembre dans des conditions drastiques liées au Covid-19. © Franck Fife, AFP
7 mn

À cause de la pandémie de Covid-19, le tournoi de tennis Roland-Garros se tient fin septembre. Mais entre le contraignant protocole sanitaire et le spectre d'une deuxième vague, la compétition parisienne ne tient qu’à un fil.

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Roland-Garros rime habituellement avec premières chaleurs et été. Covid-19 oblige, le tournoi français du Grand Chelem s’accompagne cette année des premières pluies automnales et de la sinistrose liée à la reprise de la pandémie. Entre ses dates déplacées, son quasi huis clos et son protocole sanitaire, jugé ultra-sévère par des membres du circuit, Roland-Garros joue cette année un numéro d'équilibriste.

C’est à huis clos d’ailleurs que les qualifications pour le tournoi ont débuté lundi 22 septembre. Les organisateurs du tournoi ont, en outre, été contraints de revoir à la baisse leurs ambitions quant au nombre de spectateurs. L'optimisme du début de l'été a laissé place au réalisme de la rentrée, marquée par la recrudescence de la pandémie en Europe.

De 20 000 à 5 000 spectateurs

Début juillet, le tournoi espérait encore accueillir un maximum de 20 000 spectateurs quotidiens, soit déjà "50 à 60 % de sa jauge habituelle" maximale. Puis, un premier plan validé par les autorités sanitaires avait autorisé le découpage du lieu du tournoi de 12 hectares et 1 km de long en trois secteurs "hermétiques, indépendants et autonomes", organisés autour de ses trois courts principaux.

Mais cette option, qui lui permettait de recevoir jusqu'à 11 500 spectateurs quotidiens, 5 000 sur le Philippe-Chatrier, autant sur le Suzanne-Lenglen et 1 500 sur le Simonne-Mathieu, dans le jardin des serres d'Auteuil, n'a pas résisté. À dix jours de son lancement, Roland-Garros n'a pas eu d'autre choix que de resserrer encore les rangs : il n'y aura que 5 000 spectateurs dans ses tribunes, au mieux. Un nouvel abaissement de la jauge ne semble en effet pas exclu, selon les autorités sanitaires.

Un protocole sanitaire trop sévère ?

Outre cette question des spectateurs, les joueurs, les joueuses et leur entourage sportif sont soumis à un protocole sanitaire strict qui rappelle la "bulle sanitaire" mise en place sur le Tour de France.

Les compétiteurs sont soumis régulièrement à des tests PCR : deux premiers ont lieu en l'espace de 48 heures à leur arrivée à Paris, puis ils sont testés tous les quatre ou cinq jours.

Les joueurs sont également dans l'obligation stricte de loger dans l’un des deux hôtels qui leur sont réservés en quasi-exclusivité. Ils n'ont pas le droit d'en sortir, au risque de se voir retirer leur accréditation, sauf pour se rendre au stade, uniquement lors des jours de match, à l'entraînement, ou pour impératif médical. "Mais même pour ça, ce sera très cadré, avec une voiture dédiée et un rendez-vous fixé", souligne Bernard Montalvan.

Selon l'entraîneur Sven Groeneveld, qui accompagne le Japonais Taro Daniel, il est même demandé aux coaches de porter un masque lors de l'entraînement.

Une anecdote illustre la sévérité du protocole : "Dimanche, un joueur était bloqué dans un embouteillage à 500 mètres de l'hôtel à cause du Tour de France ", raconte le Dr Bernard Montalvan, responsable du protocole sanitaire du Grand Chelem parisien, à l'AFP. "Il a appelé pour savoir s'il pouvait descendre" et rentrer à pied, "on lui a répondu non".

Une plainte contre le tournoi

Une sévérité qui a eu ses premières conséquences. Dimanche, le tournoi annonçait l'exclusion de cinq joueurs puis, le lendemain, d'une joueuse.

"Deux joueurs ont été testés positifs au Covid-19 et trois autres joueurs déclarés cas contacts de leur entraîneur testé positif au Covid-19. Conformément au protocole sanitaire, ces cinq joueurs ont été écartés du tableau des qualifications (...) et resteront isolés pendant sept jours", avait indiqué le tournoi parisien dans un communiqué, avant d'annoncer l'exclusion d'une joueuse dans un autre communiqué.

Parmi les cinq joueurs concernés, le Bosnien Damir Dzumhur, ex-top 30 retombé au-delà de la 100e place mondiale, paie les conséquences d'un test positif de son entraîneur Petar Popovic, avec lequel il partage sa chambre d'hôtel. Or ce dernier a déjà eu le Covid-19 il y a quelque temps, ce qui pose la question de la fiabilité du test.

"Nous sommes sûrs que c'était un faux positif car mon entraîneur a des anticorps", se désole Dzumhur sur Instagram. "Il n'a pas été autorisé à faire un deuxième test. Je suis effondré."

Un test à leur retour en Serbie a confirmé leur intuition. Entrés en contact avec un avocat, Popovic et Dzumhur entendent attaquer Roland-Garros en justice, selon le quotidien l'Équipe : "Si on m'empêche de me battre sur le court, je me battrai dans un autre type de cour", explique Damir Dzumhur.

Selon le quotidien français, ils pourraient obtenir d'éventuels dommages et intérêts au titre des préjudices subis qu'ils soient sportifs, moraux ou financiers.

Un "climat anxiogène" pour les joueurs

'Pour nous, seul le test PCR importe. On l'a écrit, les joueurs l'ont lu et signé. Si un entraîneur (comme Popovic, NDLR) qui a été malade dort avec son joueur, dans la même chambre, alors qu'il sait qu'il peut être testé positif, le joueur sera contact à risques. C'est pour cela qu'on a déconseillé, dans le protocole, aux entraîneurs de dormir dans la même chambre (que leur joueur)", explique le Dr Bernard Montalvan.

Cependant, ce protocole sanitaire est source d'angoisses pour bien des compétiteurs, à l'image de la Française Alizé Cornet. À BFM TV, elle confie arriver à Roland-Garros la peur au ventre : "J'ai eu des retours de joueurs qui ont été bloqués dans leur chambre presque 30 heures, je trouve cela aussi excessif", explique-t-elle. J'ai l'impression que tout est compliqué, mais en même temps, on est tous un peu démunis face à cette situation. Cela m'angoisse, c'est un truc de fou ! Je vis super mal la situation, de plus en plus à cause de ça. Je me dis que cela peut juste être pas de chance, après on peut aussi vraiment être positif. Mais c'est un climat anxiogène pour les joueurs".

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