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Covid-19 : à Marseille, élus locaux et professionnels se rebellent contre "un reconfinement économique"

Un homme portant un masque marche sur une jetée du Vieux-Port de Marseille, dans le sud-est de la France, le 14 septembre 2020.
Un homme portant un masque marche sur une jetée du Vieux-Port de Marseille, dans le sud-est de la France, le 14 septembre 2020. © Nicolas Tucat, AFP
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Vidéo par : FRANCE 2
6 mn

Les élus de Marseille ne décolèrent pas depuis que le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé la “fermeture totale” des bars et restaurants à partir de samedi pour lutter contre la propagation du Covid-19. Vendredi, une manifestation est prévue et le président de la région Paca déposera un référé contre cette mesure.

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Sitôt sa conférence de presse hebdomadaire terminée, mercredi 23 septembre, Olivier Véran s’est retrouvé sous le feu des critiques. Le ministre de la Santé a annoncé la “fermeture totale” des bars et restaurants à partir de samedi dans la métropole d’Aix-Marseille et en Guadeloupe, toutes deux classées "zones d'alerte maximale", afin d'enrayer l'épidémie de Covid-19.

“C’est une punition collective !”, a aussitôt réagi sur Twitter Renaud Muselier, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui a annoncé qu'il déposerait, vendredi, un référé contre la fermeture des restaurants.

Quarante-cinq minutes plus tard, c’était au tour de la maire (EELV) de Marseille, Michèle Rubirola, de faire part de son “étonnement” et de sa “colère” quant à la décision du gouvernement pour laquelle, dit-elle, “la Mairie de Marseille n'a pas été consultée.”

Ce message de l’édile phocéenne lui a valu une réponse, une heure plus tard, du ministre de la Santé. Olivier Véran a alors mis en avant des décisions qui “visent précisément à protéger (les Marseillais) alors que tous les indicateurs sanitaires sont très dégradés”.

Le ministre a aussi précisé s’être “entretenu” de ce sujet mercredi après-midi “avec (le) 1er adjoint et le président @RenaudMuselier”. Réponse des deux intéressés dans la demi-heure qui suit. “Un coup de téléphone n’est pas une concertation, @olivierveran, quand l’appel est passé à 18h30 pour une intervention à 19h, dans la précipitation”, répond Renaud Muselier. “M. le Ministre, vous perdez le sens des réalités. Je vous ai appelé car vous n’aviez pas pris la peine de le faire”, renchérit Benoît Payan, le premier adjoint à la mairie de Marseille.

"Le principe de responsabilité doit primer"

Depuis cet échange musclé, mercredi soir, les élus marseillais ne décolèrent pas. Jeudi matin, elle s’est même précisée par la voix de Benoît Payan. "Une nouvelle fois, notre territoire est montré du doigt", a-t-il protesté, dénonçant un “affront” après l'annonce "sans concertation" de "restrictions incroyables". Le premier adjoint a demandé au gouvernement “10 jours avant la mise en œuvre de nouvelles mesures" dans la cité phocéenne.

Dans le même temps, le ministre de la Santé a justifié les décisions prises pour la métropole d’Aix-Marseille et pour la Guadeloupe. “Concerter ne veut pas dire forcément tomber d'accord, à un moment le principe de responsabilité doit primer lorsqu’il faut protéger la vie des gens, lorsqu’il faut prendre des mesures - même difficiles - pour éviter qu’il y ait des gens qui meurent”, a déclaré Olivier Véran lors de son audition, jeudi matin, par la commission d'enquête du Sénat sur la crise sanitaire.

La colère des élus marseillais est en train de s’étendre comme une traînée de poudre aux professionnels concernés par la “fermeture totale” à partir de samedi - seuls les établissements recevant du public et ayant un protocole strict pourront rester ouverts, comme les théâtres, musées et cinémas. "Je ne veux pas de fermeture de nos établissements, je veux que l'État exerce les contrôles qu'il est censé faire et ferme uniquement ceux qui ne respectent pas les mesures sanitaires", a déclaré à l'AFP Bernard Marty, président de l'Umih des Bouches-du-Rhône, premier syndicat patronal des cafés, hôtels, restaurants.

"Ça suffit les décisions à l'emporte-pièce contradictoires, ça suffit ces comportements qui font qu'on n'y comprend plus rien", a-t-il ajouté, avant un rendez-vous en préfecture jeudi en fin d'après-midi. "Je veux le prévenir que Marseille va vivre des moments insurrectionnels", a-t-il encore prévenu, alors que certains restaurateurs laissaient déjà entendre qu'ils ne respecteraient pas l'obligation de fermeture annoncée mercredi par Olivier Véran.

Restaurateurs, cafetiers et plus généralement acteurs du monde économique marseillais prévoient de se rassembler, vendredi matin, pour protester contre ces nouvelles mesures locales, avec pour mot d’ordre : "Non au reconfinement économique".

Avec AFP

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