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Covid-19 en Algérie : un parti d’opposition se réunit malgré l’interdiction

Le leader du parti d'opposition algérien le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Mohcine Belabbas après le conseil national du parti, à Alger, le 25 septembre.
Le leader du parti d'opposition algérien le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Mohcine Belabbas après le conseil national du parti, à Alger, le 25 septembre. AFP - RYAD KRAMDI
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Malgré l’interdiction des autorités algériennes, le Rassemblement pour la culture et la démocratie, un des principaux partis d'opposition en Algérie, a organisé son conseil national, vendredi.

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Interdit pour cause de pandémie, le conseil national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a finalement eu lieu. La réunion des instances dirigeantes du RCD s'est tenue au siège du parti à Alger, sans qu'il lui soit nécessaire d'obtenir une autorisation, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans un communiqué, le RCD a dénoncé cette interdiction, annoncée mercredi et non explicitée par les autorités, soulignant "une première" depuis la création du parti laïc en 1989.

"Le pouvoir semble avoir choisi la politique du pire" en mettant "des entraves au débat dans la société, y compris à l'intérieur des structures des partis", a estimé le RCD.

Le pouvoir accusé d'instrumentaliser la crise sanitaire

Réagissant au communiqué du parti d'opposition, la wilaya (préfecture) d'Alger a justifié son refus en arguant que près de 250 militants devaient participer à la réunion, "alors que la salle ne peut accueillir que 200 personnes dans le respect des mesures préventives pour prévenir la propagation de la Covid-19".

La préfecture précise que ses services "continuent à recevoir et à étudier toute demande de rassemblement public, à condition de se conformer aux mesures de prévention nécessaires", selon un communiqué diffusé par l'agence officielle APS.

Par ailleurs, selon les médias locaux, le ministère de la Justice a demandé jeudi la levée de l'immunité parlementaire de deux députés d'opposition, dont celle de Mohcine Bellabas, le leader du RCD. Aucune précision n'a été donnée sur les motifs de cette demande."Les atteintes aux libertés publiques se poursuivent, le régime dévoile et confirme sa tentation autoritaire et liberticide", a critiqué jeudi dans un communiqué, la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH).

"Tout en exprimant notre solidarité avec le RCD, nous dénonçons ces attaques répétées contre les acquis démocratiques arrachés de haute lutte", a ajouté la LADDH, exhortant "les autorités à respecter les libertés".

Tous les rassemblements publics, y compris les manifestations politiques, sont interdits depuis la mi-mars dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Mais les associations de défense des droits humains accusent les autorités de profiter de la crise sanitaire pour restreindre les libertés et accentuer la répression contre le mouvement de protestation populaire "Hirak" né en février 2019 et qui réclame un "changement de système".

Le principal parti islamiste algérien, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), s'est également vu interdire le droit de se réunir en dehors de son siège. Le MSP tiendra son conseil national samedi à l'intérieur de son QG.

Avec AFP

 

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