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Covid-19 en France : fermeture des bars et restaurants à Aix-Marseille repoussée à dimanche soir

Le ministre de la Santé Olivier Véran, en visite à Marseille, à défendu les mesures de fermeture des bars et restaurants qui suscitent la colère des élus et restaurateurs.
Le ministre de la Santé Olivier Véran, en visite à Marseille, à défendu les mesures de fermeture des bars et restaurants qui suscitent la colère des élus et restaurateurs. © France 24
8 mn

Annoncée pour samedi, la fermeture des bars et restaurants dans la métropole Aix-Marseille interviendra finalement à partir de dimanche soir. Une décision annoncée à l'issue d’une réunion avec le ministre de la Santé Olivier Véran.

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Initialement prévue pour samedi, la fermeture totale des bars et restaurants pour lutter contre la pandémie de Covid-19 prendra finalement effet dimanche soir, a annoncé, vendredi 25 septembre, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur Renaud Muselier.

Ce dernier s'exprimait devant la presse à l'issue d'une réunion en préfecture avec des élus et le ministre de la Santé Olivier Véran, en visite à Marseille, où l'annonce de ces prochaines fermetures a suscité un tollé.

"Ce sont des avancées significatives", a salué le président de région dans un communiqué distinct, évoquant aussi "une clause de revoyure (...) dans sept jours pour faire le point et réévaluer la situation".

"Nous, on veut discuter, on a obtenu 48 heures pour qu'ils (les restaurateurs) puissent écouler les stocks, c'est pas énorme mais c'est déjà quelque chose", a aussi salué à la sortie de cette réunion Maryse Joissains, la maire LR d'Aix-en-Provence.

"Alerte maximale"

La colère gronde à Marseille depuis l’annonce, mercredi 23 septembre, de la fermeture totale des bars et restaurants à compter de ce weekend. En visite dans la ville, vendredi 25 septembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a défendu les annonces du gouvernement.

"J'ai parfaitement conscience que certaines des mesures font débat (...) soulèvent des inquiétudes, des interrogations, voire de la colère", a-t-il reconnu lors d'une conférence de presse à l'hôpital public de la Timone. "Ces mesures, elles sont nécessaires, elle sont temporaires, mais elles ne sont pas arbitraires".

Le gouvernement a placé mercredi Marseille, qui détient le record de France métropolitaine du taux d'incidence de la maladie le plus haut (à 281 cas pour 100 000 selon les autorités), en "zone d'alerte maximale" et annoncé notamment pour la métropole Aix-Marseille la fermeture totale des bars et restaurants pour 15 jours.

Les annonces du gouvernement ont provoqué un tollé chez les élus locaux de tous bords de la région, et chez les restaurateurs et cafetiers.

Vendredi matin, plusieurs centaines d'entre eux, soutenus par des élus, se sont rassemblés devant le tribunal de commerce de Marseille, où ils disent craindre de devoir bientôt déposer le bilan, selon le patron local de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie Bernard Marty.

Devant le tribunal de commerce, Hugo Chauffournier, gérant d'un bar sur le Vieux-Port, a assuré vouloir continuer à "militer démocratiquement pour le moment". "Mais si ça ne marche pas il va falloir penser à d'autres solutions", a-t-il mis en garde.

Élus et restaurateurs vent debout

Unis contre les mesures gouvernementales, annoncées sans concertation selon eux, des élus de tous bords ont rejoint la manifestation.

Sur Twitter, avec le hashtag "#RESISTANCE", l'adjointe à la maire de Marseille Samia Ghali (DVG), présente au rassemblement, a prévenu : "Si cette décision est maintenue, la ville @marseille n'apportera pas son concours pour mettre en place les fermetures".

Côté majorité présidentielle, dans une lettre commune au ministre de la Santé, les députés LREM des Bouches-du-Rhône ont mis en garde contre "un climat de défiance", et lui ont demandé de réévaluer la situation au bout d'une semaine, au lieu de 15 jours, comme annoncé.

En attendant que la situation s'améliore d'elle-même, "nous risquons de devoir prendre des mesures encore plus fortes que celles que nous venons d'annoncer", leur a répondu le ministre.

Le tour de vis annoncé mercredi dans la lutte contre le Covid a aussi suscité de vives réactions à Paris ou à Nice, deux des 11 métropoles où les bars devront fermer à 22 h dès lundi.

Des experts divisés

À Marseille, le professeur Didier Raoult a quant à lui relancé vendredi le débat autour des chiffres de l'épidémie et de la nécessité de nouvelles mesures, affirmant que "les données de Santé publique France (consolidées) n'(étaient) pas en mesure de justifier la moindre panique" à Marseille.

Une analyse partagée par les élus opposés aux nouvelles mesures, mais nuancée par Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé Publique France : "Dans certaines régions, il y a peut-être une stabilisation, mais on reste très prudents".

Chef du service anesthésie réanimation de La Timone, le professeur Nicolas Bruder a lui aussi mis en garde : "Si ça continue à augmenter, on va être dans une situation vraiment critique à la fois pour les patients Covid et les autres. Il faut absolument que ça s'infléchisse".

La France a franchi, vendredi, le seuil des 500 000 contaminations par le coronavirus. Selon les données publiées par Santé publique France, 15 797 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 24 heures.

En Île-de-France, l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a déjà prévenu qu'elle était contrainte de déprogrammer 20 % des opérations chirurgicales dès ce week-end.

Avec AFP

 

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