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Mobilisation pour le climat : retour dans la rue et nouvelle stratégie pour la jeunesse

Des manifestantes pour le climat, le 21 septembre 2019, à Paris.
Des manifestantes pour le climat, le 21 septembre 2019, à Paris. © Jacques Demarthon, AFP
16 mn

Près d’un an après la dernière marche mondiale pour le climat, la jeunesse est de retour dans la rue avec des actions organisées vendredi et samedi et une nouvelle stratégie, désormais plus radicale et offensive.

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Les grandes marches de la jeunesse pour le climat avaient marqué l'année 2019 mais, en 2020, la pandémie de Covid-19 a totalement éclipsé le mouvement. Dix mois après la dernière marche mondiale, les manifestants font leur retour, vendredi 25 et samedi 26 septembre, avec des appels à la grève des lycéens et étudiants partout dans le monde.

En France, les mesures sanitaires liées au nouveau coronavirus empêchant une grande marche parisienne, plusieurs actions locales sont prévues. L'occasion pour le mouvement Youth for Climate de mettre en application sa nouvelle stratégie, qui vise désormais davantage à cibler les entreprises que les gouvernants.

>> À voir : Reporters "Génération climat"

"Le confinement nous a donné l'occasion de mener une réflexion sur nos actions et nous nous sommes rendus compte que les marches ne suffisaient pas", explique Noé, 20 ans, un membre militant de Youth for Climate contacté par France 24. "Désormais, nous voulons accélérer et la meilleure façon de changer les choses, c'est en menant des actions directes à la source du problème."

Exit les images d'une jeunesse défilant bien sagement avec le sourire. Le mouvement Youth for Climate entend désormais mener des actions de désobéissance civile et des actions coup de poing contre les grandes entreprises ou ce qu'il appelle "les grands projets inutiles", à l'image de ce que pouvait faire Extinction Rebellion à l'automne 2019.

"Le gouvernement pas prêt à prendre des décisions rapides et radicales"

Un sit-in géant sera notamment organisé sur une place parisienne le 26 septembre : "L'objectif de cette occupation est de sortir des mobilisations symboliques et pacifiées qui, trop souvent, confortent la marche actuelle du monde et sont incapables de l'enrayer, explique le mouvement local. En occupant cette place, nous comptons concrètement lutter contre les processus de marchandisation des espaces et des expériences de vie qui ont lieu dans ce quartier et qui se parent bien souvent d'un camouflage vert."

"La crise sanitaire du Covid-19 a montré que le gouvernement était capable de prendre des décisions rapides et radicales qui peuvent nuire à l'économie. Mais il n'est pas prêt à le faire pour lutter contre le réchauffement climatique", regrette Pierre [le prénom a été modifié], 18 ans, lui aussi militant de Youth for Climate, contacté par France 24. "Donc nos actions doivent avoir des conséquences concrètes sur l'économie. Cela passe par des dégradations de sièges sociaux ou des occupations de lieux de production."

En quelques mois, les militants de Youth for Climate ont donc changé de cible : alors que leurs marches visaient à interpeller les gouvernants, ils souhaitent désormais s'en prendre à ceux qu'ils considèrent comme les principaux responsables du dérèglement climatique.

Défense d'une écologie anticapitaliste et antilibérale

Cette évolution de la pensée du mouvement a été inscrite dans une charte publiée en ligne durant l'été. Celle-ci met en avant un certain nombre de valeurs et de principes prônant en particulier l'anticapitalisme, l'antilibéralisme et la décroissance.

"Nous considérons qu'il ne peut pas y avoir de justice climatique sans justice sociale, donc nous défendons la convergence des luttes sociales", justifie Noé, pour qui "la production de masse est davantage à blâmer que la consommation de masse".

Cette stratégie de convergence des luttes amène le mouvement Youth for Climate parfois loin de ses premières revendications. Certains de ses militants ont ainsi défilé au côté des Gilets jaunes le 12 septembre, tandis que les sièges de Domino's Pizza et de la Fédération de la chasse ont été vandalisés durant l'été.

Et le nouveau champ d'action de Youth for Climate s'étend même jusqu'à la défense des Ouïghours, une minorité musulmane du nord-ouest de la Chine. Une action d'envergure menée dans plusieurs villes a été réalisée ces dernières semaines dans des grandes enseignes d'habillement pour dénoncer "l'exploitation et le génocide des Ouïghours en Chine". Elle sera renouvelée ce vendredi à Lyon, Toulouse et Valence.

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