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La Chine détruit des milliers de mosquées dans le Xinjiang, selon un institut australien

Les Ouïghours font l'objet d'une campagne sécuritaire et idéologique menée par Pékin d'une main de fer. Ici, Des fidèles lors d'une prière à Hotan, dans le Xinjiang, le 16 avril 2015.
Les Ouïghours font l'objet d'une campagne sécuritaire et idéologique menée par Pékin d'une main de fer. Ici, Des fidèles lors d'une prière à Hotan, dans le Xinjiang, le 16 avril 2015. © Greg Baker, AFP
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La Chine a détruit ou endommagé des milliers de mosquées dans la région sensible du Xinjiang, affirme un rapport, publié vendredi, par un institut de recherche australien et financé par le Département d'État américain.

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Ce serait une nouvelle attaque de Pékin contre la minorité ouïghoure. Selon un rapport, publié vendredi 25 septembre, par un institut de recherche australien, la Chine a détruit ou endommagé des milliers de mosquées dans la région sensible du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, où Pékin mène des campagnes sécuritaires et idéologiques d’une main de fer. Le rapport a également été financé par le Département d’État américain.

Environ 16 000 mosquées ont été détruites ou endommagées ces dernières années dans cette région à majorité musulmane, atteste, dans un rapport détaillé, l'Institut australien de politique stratégique (ASPI), un cabinet de recherche créé par le gouvernement australien.

Les chercheurs disent s'être basés sur des photos satellite et sur d'importantes "extrapolations" : après analyse de 533 mosquées (sur les 24 000 que compte officiellement le Xinjiang), ils ont procédé à des calculs selon des modèles statistiques.

La plupart des destructions se sont déroulées lors des trois dernières années et 8 500 mosquées ont été complètement détruites, précise le rapport. Certaines autres auraient vu leurs dômes et leurs minarets retirés, selon les chercheurs, qui estiment à 15 500 le nombre de mosquées encore debout au Xinjiang.

L'étude a été financée par le Département d'État américain, a précisé l'ASPI. Washington est vivement opposé à Pékin sur de nombreux dossiers et est en première ligne ces derniers mois pour dénoncer la politique chinoise au Xinjiang.

>> À lire : En Chine, les Ouïghours victimes d'une politique de contrôle des naissances imposée

Volonté de "sinisation"

Longtemps frappé par des attentats sanglants attribués à des membres de l'ethnie des Ouïghours, à majorité musulmane, cet immense territoire semi-désertique fait l'objet d'une ferme reprise en main sécuritaire au nom de la lutte antiterroriste.

Plus d'un million de personnes, principalement musulmanes, y ont été internées dans des "camps", accusent des organisations de défense des droits de l'Homme. La Chine affirme qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle", destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l'éloigner de l'extrémisme religieux.

Selon des témoignages recueillis par le quotidien Le Monde, l’État chinois a également entrepris, depuis 2016, d’envoyer des cadres du parti communiste surveiller les familles de la minorité musulmane dans leur intimité. Cela, en plus des accusations de stérilisations forcées.

Les autorités chinoises soutiennent régulièrement vouloir "siniser" les religions. Cette campagne, menée au nom d'un contrôle plus poussé des cultes, vise également à lutter contre les mouvements islamistes catalysant le sentiment séparatiste au Xinjiang.

"Ce rapport n'est que rumeur et calomnie", a réagi lors d'un point presse régulier Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, dénonçant "l'absence de crédibilité" du cabinet de recherche et "ses financements venus de l'étranger".

"Le nombre total de mosquées par habitant musulman au Xinjiang est plus élevé que dans nombre de pays musulmans", a-t-il protesté.

L'ASPI avait publié, jeudi, un autre rapport accusant la Chine d'avoir renforcé son réseau de "centres de détention" dans la région.

Avec AFP

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