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Attaque à l’arme blanche à Paris : le suspect pensait viser Charlie Hebdo

 Des membres de la police scientifique arrivant sur la scène de l'attaque à l'arme blanche, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, à Paris le 25 septembre 2020.
Des membres de la police scientifique arrivant sur la scène de l'attaque à l'arme blanche, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, à Paris le 25 septembre 2020. © Gonzalo Fuentes, Reuters
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Vidéo par : Ethan HAJJI
8 mn

Deux personnes ont été grièvement blessées à l'arme blanche lors d’une attaque vendredi au pied de l'ancien immeuble de Charlie Hebdo. Interpellé, le principal suspect, âgé de 18 ans, "n’était pas fiché S". En garde à vue, il a reconnu les faits et dit "assumer son acte". Il voulait s'en prendre à Charlie Hebdo, après la republication des caricatures de Mahomet. Huit autres personnes ont été interpellées pour des liens avec cette attaque.

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Après l'attaque au hachoir a fait deux blessés vendredi 25 septembre à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, en plein procès de l'attentat meurtrier qui avait visé l'hebdomadaire satirique en janvier 2015. Sept personnes ont été interpellées, dont l'auteur présumé. Celui-ci, un jeune de 18 ans ne présentait "aucun signe de radicalisation", selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Le point sur l'enquête.

Pendant sa garde à vue, par ailleurs prolongée, le principal suspect, a reconnu les faits et dit "assumer son acte", ont indiqué de sources proches de l'enquête à l’AFP. Se présentant comme né au Pakistan et âgé de 18 ans, selon les premiers éléments de l'enquête, il "assume son acte qu'il situe dans le contexte de la republication des caricatures [par Charlie Hebdo, NDLR] qu'il n'a pas supportée", a ajouté l'une de ces sources.

Arrivé en France "voilà trois ans, comme mineur isolé", selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, il ne présentait "aucun signe de radicalisation", a affirmé le conseil départemental du Val-d'Oise, qui l'a pris en charge via l'aide sociale à l'enfance.

"Il n'était pas fiché S"

"Il n'était pas fiché S, [ni inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT)]", a indiqué le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il avait été arrêté en juin en possession d'une arme blanche, "un tournevis" selon une source proche du dossier.

Peu après l'attaque, un homme de 33 ans a également été interpellé près des lieux et placé en garde à vue, une mesure levée à 23h30 vendredi, selon une source judiciaire. Selon une source proche du dossier, son récit qui "consiste à dire qu'il a été témoin, a poursuivi l'auteur et a ensuite été menacé, a été corroboré par l'enquête". Sur Twitter, son avocate Me Lucie Simon a évoqué un "jeune homme héroïque qui a tenté d'arrêter l'assaillant".

Deux domiciles présumés du principal suspect, présenté comme "itinérant" de sources concordantes, ont été perquisitionnés vendredi 25 septembre : un hôtel social situé à Cergy (Val-d'Oise) et un à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Au total, neuf personnes sont actuellement en garde à vue : le principal suspect, cinq hommes qui se trouvaient vendredi après-midi dans l'un de ses domiciles présumés à Pantin (Seine-Saint-Denis), un "ancien colocataire" placé en garde à vue tard vendredi en fin de soirée. Et deux nouvelles personnes, le frère et une connaissance du principal suspect, se sont ajoutées à cette liste samedi.

L'information judiciaire ouverte par le Pnat pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a été confiée à la police judiciaire parisienne et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

"Lieu symbolique" à l'heure où se tient le procès des attentats de janvier 2015

L'attaque a eu lieu "dans un lieu symbolique", "au moment même où se déroule le procès des auteurs des actes indignes contre Charlie Hebdo", a souligné vendredi Jean Castex, qui a rappelé l'"attachement indéfectible" du gouvernement "à la liberté de la presse" et "sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme".

Elle survient alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait l'objet de nouvelles menaces depuis que l'hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès, prévu jusqu'au 10 novembre.

Gérald Darmanin a déclaré avoir demandé au préfet de police Didier Lallement "les raisons pour lesquelles la menace a été manifestement sous-évaluée" dans la rue Nicolas-Appert. "Depuis le démarrage du procès de Charlie Hebdo, il n'y a eu absolument aucune sécurisation de cette rue et de cet immeuble symboliques", a déploré Luc Hermann, codirigeant de Premières Lignes.

Après une courte suspension vendredi au procès des attentats de janvier 2015, l'audience a repris sans aucune mention par la cour d'assises spéciale de Paris de l'attaque, selon une journaliste de l'AFP.

Dans un discours pré-enregistré, le Pakistan condamne "l'islamophobie de Charlie Hebdo"

"Toute l'équipe de Charlie apporte son soutien et sa solidarité à ses anciens voisins et confrères" de Premières Lignes "et aux personnes touchées par cette odieuse attaque", a indiqué l'hebdomadaire satirique sur Twitter.

"Une fois encore c'est la liberté qui est la cible de cette barbarie", a réagi François Hollande : l'ancien président de la République a réclamé sur BFM "la mobilisation de tous les acteurs politiques" et "un consensus pour agir". De l'étranger, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, ont exprimé leur "solidarité avec le peuple français".

En revanche, devant les Nations unies, le Premier ministre pakistanais Imran Khan a dénoncé, dans un discours pré-enregistré, "l'islamophobie" dont, selon lui, la re-publication début septembre "des croquis blasphématoires de Charlie Hebdo en sont [un] exemple récent".

Avec AFP

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