Coupe d'Europe de rugby: le renversant Racing 92 face à Exeter en finale, fini pour Toulouse

Nanterre (AFP) –

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Auteur d'un exploit au bout du suspense contre les Saracens, le Racing 92 s'est offert le droit de rêver à une première étoile continentale. Il affrontera en finale Exeter, novice à ce niveau, qui a fait chuter le Stade toulousain.

Il n'y aura donc pas de finale 100% française comme en 2015, lorsque Toulon avait vaincu Clermont pour s'offrir un triplé.

Mais le Racing 92, après avoir fait tomber les Sarries (19-15), aura l'occasion, le 17 octobre à Bristol (Angleterre), de réécrire sa propre histoire, lui qui a connu des échecs lors de ses deux finales, en 2016 et 2018.

Il partira avec un avantage en termes d'expérience puisque les Chiefs, qui ont muselé les Toulousains (28-18), jouaient leur première demi-finale de Coupe d'Europe.

Mais l'équipe d'Exeter est leader du Championnat d'Angleterre et s'est montrée sans pitié avec les Rouge et Noir. "Toulouse ou Exeter, c'est comme choisir entre la peste et le choléra", a d'ailleurs estimé le capitaine et demi de mêlée du Racing 92 Teddy Iribaren après le magistral renversement de situation opéré par son équipe contre les Sarries.

Dans une match cadenassé, digne d'une partie d'échecs, le club de Watford semblait se diriger vers une cinquième finale en sept éditions quand Alex Goode, qui a encore très bien suppléé le capitaine du XV de la Rose Owen Farrell (suspendu), a réussi trois nouvelles pénalités pour creuser l'écart en seconde période (9-15).

Mais c'était avant que l'ailier argentin du club ciel et blanc, Juan Imhoff, n'inscrive le seul essai de la partie, à quatre minutes du terme.

L'imprévisible ouvreur écossais Finn Russell a lancé cette action décisive, d'un coup de pied malin, pour trouver le vivace Virimi Vakatawa. Puis il a récupéré le ballon pour servir Imhoff, qui a terminé le travail à la manière d'un "numéro neuf au foot".

Cruelle issue pour les Saracens dont la stratégie très défensive s'est écroulée. Vainqueur de trois des quatre dernières éditions, le club anglais espérait s’offrir un baroud d'honneur avant de descendre en deuxième division (en raison de plusieurs infractions au plafond salarial).

Mais les joueurs du Racing, malmenés dans le jeu aérien et auteurs de plusieurs fautes de main qui auraient pu leur coûter cher (Simon Zebo, Teddy Thomas et Camille Chat), ont relevé le défi en mêlée fermée et ont surtout su rester patients.

"Quand on va chercher ce genre de rencontre, ça veut dire que l'équipe est très forte mentalement", a salué Laurent Travers.

Le coach du Racing 92 a décroché un titre en Coupe d'Europe en tant que joueur avec Brive en 1997, mais pas encore comme entraîneur. Une nouvelle occasion se présente.

- Toulouse tombe sur un os -

Le Stade toulousain, qui détient le record de titres (4) dans la compétition avec le Leinster, devra lui patienter encore avant de pouvoir briguer une cinquième couronne.

Les joueurs d'Ugo Mola, impressionnants contre les Irlandais de l'Ulster (36-8) en quart, sont cette fois-ci tombés sur un os. Pour sa découverte du dernier carré européen, Exeter est monté en puissance tout au long de la partie et a annihilé les offensives du club rouge et noir.

Toulouse avait pourtant commencé de la meilleur manière, tenant le ballon et occupant le terrain pour mettre les Anglais sous pression.

Finalistes des quatre derniers championnats d'Angleterre, mais couronnés seulement en 2017, les Chiefs semblaient presque dans leurs petits souliers pour leur première demi-finale dans la "grande" Coupe d'Europe.

Mais ils se sont libérés en inscrivant deux essais en première période par Harry Williams et Sam Simmons, impeccable aussi devant les perches et élu homme du match avec ses treize points.

Les deux essais marqués par Exeter en seconde période, encore par Williams puis par Joe Simmons ont été fatals aux Toulousains, qui ont réagi en fin de match par Matthis Lebel. Trop tard.