Accéder au contenu principal

Les rescapés de la jauge, témoins emmitouflés d'un Roland-Garros "invraisemblable"

Des spectateurs emmitoufflés et masqués suivent le match entre Anna Karolina Schmiedlova et Venus Williams à Roland Garros, le 27 septembre 2020
Des spectateurs emmitoufflés et masqués suivent le match entre Anna Karolina Schmiedlova et Venus Williams à Roland Garros, le 27 septembre 2020 MARTIN BUREAU AFP
4 mn
Publicité

Paris (AFP)

"C'est une vraie chance." Malgré une météo sinistre, les quelques centaines de spectateurs autorisés dimanche à Roland-Garros, pour la première journée, ont conscience d'être les témoins très privilégiés d'une édition hors du commun.

Court N.10, à la mi-journée. Sous un crachin insistant, l'Italien Stefano Travaglia et l'Espagnol Pablo Andujar campent sous leur parapluie en attendant la fin de l'averse. Dans ce court annexe non protégé de la pluie, l'Italien interroge son entraîneur: "où est-ce que je peux me mettre?"

"Jouer sur terre battue à cette époque-là de l'année, comme ça, en outdoor..." Simon, la doudoune remontée jusqu'aux oreilles, plaint les joueurs et regrette le printemps Porte d'Auteuil. "C'est moribond, on a l'habitude du soleil", déplore-t-il à propos d'un tournoi reporté au début de l'automne en raison de la pandémie de Covid-19.

- Comme au loto -

Le même coronavirus qui a contraint les organisateurs à accepter au dernier moment une jauge maximale de 1.000 spectateurs par jour, tirés au sort vendredi parmi les 5.000 rescapés qui avaient acquis le précieux sésame pour le Central. Un court Philippe-Chatrier où une centaine de spectateurs ont pu s'installer librement pour assister au premier match entre l'Italien Jannik Sinner et le Belge David Goffin.

"Je pensais qu'on n'aurait pas de place et j'avais annulé mon billet de train", raconte Paul, jeune Perpignanais qui a dû en racheter un à la dernière minute pour rejoindre ses amis Clara, Yana et Charles à Paris.

"On ne gagne jamais au loto mais là c'était vraiment incroyable, on a eu du mal à y croire", s'émeut presque Julie L'Hérondelle, heureuse élue venue d'Yvetot (Seine-Maritime) avec son mari Christophe et leurs fils Eliot (15 ans) et Titouan (11). Capuche vissée sur la tête et masque sur le nez, ces licenciés de la Fédération française de tennis (FFT) et habitués de la Porte d'Auteuil attendent la fin de l'entraînement de Dominic Thiem, court N.15, tout au fond du site.

"Tout est invraisemblable, de voir les allées vides, qu'on peut circuler comme on veut, de voir les joueurs…", égrène Julie. "D'habitude, on fait la queue pour rentrer sur un terrain, on est les uns contre les autres dans les allées, on attend un quart d'heure aux toilettes...c'est incroyable."

Car le vrai luxe, dans un tournoi qui a vu s'entasser 35.000 personnes lors du même dimanche inaugural en 2019, c'est bien l'espace. "On a accès à tous les terrains, à tous les matches pour toute la journée, on peut profiter du Chatrier, on sait qu'on est un peu privilégiés", acquiesce Julien Grisard, président d'un club lyonnais venu avec des amis.

"C'est presque déconcertant d'être aussi près de beaux joueurs comme ça, on a l'impression d'être sur un Challenger (tournoi de 5e catégorie, NDLR)", réalise le dirigeant du Tennis Lyon 1. "C'est une vraie chance."

- Selfies acceptés -

Ce n'est pas Eliot qui dira le contraire, lui qui a obtenu sans se battre un selfie avec Thiem, après avoir accroché avec succès une demi-douzaine d'autres joueurs. "Borna Coric a refusé mais tous les autres ont dit oui, soit assez loin, avec un petit mètre de distance, ou normalement." Et avec masque sur le visage, protocole sanitaire oblige.

Avec 35 fois moins de spectateurs qu'à l'accoutumée, Philippe Braumaud estime qu'il n'y a "aucun risque" de contracter le virus Porte d'Auteuil. Pour cet habitant de Rueil-Malmaison, à 10 km de là, assister au tournoi est tout sauf anodin cette année: "Il faut montrer que la vie continue, aller voir le sport, soutenir la fédération et les joueurs de tennis. C'était très important pour nous de venir."

L'écharpe nouée autour du cou en plus de la capuche, cet habitué depuis les années 1980 vit évidemment un Roland-Garros "très, très différent" mais reste persuadé "d'avoir un beau tournoi. C'est déjà mieux qu'à l'US Open où ils ont joué à huis clos".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.