Roland-Garros 2020 : une édition exceptionnellement automnale, sous la menace du Covid-19 et du froid

La Biélorusse Victoria Azarenka se bat face à la Monténégrine Danka Kovinic, lors de l'ouverture de Roland-Garros le 27 septembre 2020, à Paris.
La Biélorusse Victoria Azarenka se bat face à la Monténégrine Danka Kovinic, lors de l'ouverture de Roland-Garros le 27 septembre 2020, à Paris. © Alessandra Tarantino, AP

Roland-Garros a lancé dimanche son édition 2020, six mois après l'annonce de son report, à la surprise générale. Cette version exceptionnellement automnale doit toutefois composer avec les restrictions et les contraintes liées au Covid-19, avec une jauge de 1 000 spectateurs par jour contre 35 000 visiteurs quotidiens habituellement en première semaine, et un ciel très menaçant.

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Six mois après l'annonce de son report, la balle de tennis repart à Paris. Le tournoi de Roland-Garros a lancé dimanche 27 septembre son édition 2020 exceptionnellement automnale. Les restrictions et contraintes liées au Covid-19, ainsi qu'une météo menaçante, compliquent toutefois la tâche des organisateurs et des joueurs.

L'ouverture du Grand Chelem parisien est l'aboutissement de six mois de rebondissements, depuis sa reprogrammation décidée de manière unilatérale par la Fédération française de tennis (FFT) mi-mars. Le dernier resserrement de sa jauge de spectateurs à 1 000 par jour au maximum intervenu, il y a seulement trois jours, a également ajouté au climat d'incertitude autour de la compétition.

Entre les deux, Roland-Garros avait d'abord ambitionné d'accueillir jusqu'à 20 000 spectateurs quotidiens au début de l'été. Face à la recrudescence de l'épidémie en France en septembre, la jauge s'est réduite en moins de trois semaines. D'abord à 11 500 maximum, elle est passée à 5 000, et finalement à 1 000 spectateurs par jour, "sur l'ensemble du stade et de ses 16 courts, sur un site de 12 hectares, soit une jauge 35 fois inférieure à celle communément pratiquée en première semaine du tableau final les années précédentes", selon le site officiel de l'open français. Soit des années-lumière des quelque 520 000 visiteurs reçus en 2019.

"Ce sont des dizaines de millions [d'euros] qui sont partis en fumée", estime le directeur général adjoint du pôle marketing et développement économique de la FFT, Stéphane Morel.

Pour organiser le tournoi malgré tout, Roland-Garros a mis en place un protocole sanitaire strict pour joueurs et joueuses, ainsi que pour leur entourage, réduit en l'occurrence.

Neuf degrés

Il y a d'abord le couperet répété des tests PCR au Covid-19. Chaque personne doit réaliser les deux premiers en l'espace de 48h à l'arrivée à Paris et les suivants tous les cinq jours. Des dépistages qui ont provoqué des incompréhensions et des critiques avant même le lancement du tournoi, notamment lorsque des entraîneurs ou joueurs ont reçu des résultats positifs, malgré avoir été contaminés auparavant et avoir des anticorps, selon eux.

Débat aussi autour de l'obligation stricte de loger dans l'un des deux hôtels qui leur sont réservés en quasi exclusivité. De plus, ils sont priés de ne pas en sortir, sauf pour se rendre à l'entraînement, pour impératif médical, ou pour se rendre au stade… Uniquement lors des jours de match.

C'est désormais le ciel parisien qui menace le bon déroulement du tournoi dès ce dimanche. Météo France prévoit pluie, température ressentie de 9°C et rafales de vent pouvant aller jusqu'à 60 km/h.

"Les conditions sont probablement les plus difficiles que j'aie jamais connues à Roland-Garros", résumait Rafael Nadal, sacré douze fois sur la terre battue parisienne.

Enfin un toit

La bonne nouvelle pour Roland-Garros, c'est que son court principal dispose enfin d'un toit rétractable pour le protéger de la pluie. La compétition était le dernier des quatre tournois du Grand Chelem à être complètement tributaire des aléas climatiques.

Ce n'est pas le cas du court Suzanne-Lenglen, où la joueuse biélorusse Victoria Azarenka a d'ailleurs refusé d'attendre dans le froid et a poussé l'arbitre à interrompre, après trois jeux, son match de 1er tour. "Ça devient un peu ridicule. Vous ne voyez pas ce qui est en train de se passer ? […] Il fait trop froid", a-t-elle dit à l'arbitre. "On ne peut pas tenir sa raquette parce que c'est trop humide".

Le match a repris une trentaine de minutes plus tard, s'achevant sur la victoire de l'ex-numéro 1 mondiale.

Les enjeux de ce tournoi 2020 sont historiques. Nadal veut conquérir un treizième trophée à Roland-Garros, du jamais-vu dans un même tournoi du Grand Chelem. Quant au numéro 1 mondial, Novak Djokovic, il s'agit pour lui de devenir le premier joueur de l'ère Open à s'offrir au moins deux fois chacun des titres de Grand Chelem.

Avec AFP

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