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Malgré les critiques, la France lance l'attribution des premières fréquences pour la 5G

Une antenne de téléphonie mobile 5G dans une rue de Pékin.
Une antenne de téléphonie mobile 5G dans une rue de Pékin. © Nicolas Asfouri, AFP
5 mn

La France, "en retard" dans le déploiement de la 5G au grand dam du gouvernement, lance l'attribution des premières fréquences, qui devrait rapporter plusieurs milliards d'euros à l'Etat. 

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La France, à la traîne sur le plan mondial et européen par rapport aux autres économies avancées, entame à partir du mardi 29 septembre son marathon pour se connecter à la nouvelle génération de téléphonie mobile 5G.

Initialement prévues en avril, mais repoussées en raison de la pandémie de coronavirus, les enchères d'attribution des premières fréquences ont débuté à 9 h 30. Elles doivent permettre aux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) d'acquérir 11 "blocs" de fréquences aujourd'hui inutilisés, et ouvrir la voie aux premières commercialisations de services 5G dans certaines villes à la fin de l'année. Le futur réseau mobile sera lancé en France en utilisant d'abord la bande allant de 3,4 à 3,8 gigahertz (GHz) sur le spectre électromagnétique.

Les quatre opérateurs ont déjà obtenu chacun un bloc de 50 mégahertz (MHz) dans cette bande de fréquences, au prix fixe de 350 millions d'euros. Avec les 110 MHz supplémentaires mis en jeu, l'État espère encaisser 2,17 milliards d'euros au minimum. Un opérateur ne pourra pas acquérir plus de 100 MHz "pour donner ses chances à chacun", explique l'Arcep, régulateur français des télécoms qui encadre les enchères.

De vives critiques

L'enchère principale, qui devrait durer une dizaine de jours, sera suivie d'une "enchère de positionnement" permettant aux opérateurs de choisir s'ils préfèrent se situer au centre de la bande ou à ses extrémités, plus susceptibles d'interférences avec d'autres services.

La 5G suscite toutefois l'hostilité d'une partie de l'opinion, de responsables politiques et d'ONG, qui remettent en question l'intérêt de cette nouvelle technologie, en invoquant des risques pour la santé et l'environnement. Près de 70 élus de gauche et écologistes, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot, ont demandé mi-septembre dans une tribune un moratoire sur l'attribution des fréquences. 

Mais le gouvernement a souhaité maintenir son calendrier sans attendre un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) prévu en mars 2021, soulignant que la plupart des pays avancés ont déjà attribué ces fréquences.                 

"Tout le monde estime que pour la reprise (économique), pour l'avenir de l'industrie, c'est extrêmement important. C'est important que la France soit dans cette dynamique, notamment dans cette période de crise", a martelé Cédric O, secrétaire d'État au numérique, mardi sur Europe 1.

Autre élément à prendre en compte pour les opérateurs, les fortes restrictions sur le géant chinois Huawei, qui vont notamment obliger SFR et Bouygues Telecom à changer d'équipementier (Ericsson, Nokia) pour une grande partie de leur futur réseau et revoir leurs plans d'investissement.

La première génération de téléphonie mobile permettait de passer des appels, la 2G d'y ajouter du texte, la 3G de commencer à envoyer des images et la 4G de développer l'Internet mobile et les usages vidéo. À terme, la 5G doit accélérer les débits et connecter tout ce qui ne l'est pas actuellement (usines, transports...).

Avec AFP

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