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Présidentielle américaine : comment les candidats préparent leur débat

Le candidat démocrate, Joe Biden, affrontera le président américain, Donald Trump, lors d'un débat télévisé en direct, mardi 29 septembre, à Cleveland, dans l'Ohio.
Le candidat démocrate, Joe Biden, affrontera le président américain, Donald Trump, lors d'un débat télévisé en direct, mardi 29 septembre, à Cleveland, dans l'Ohio. © AFP - Jim Watson, Brendan Smialowki, AFP

À cinq semaines de l’élection présidentielle américaine, les deux candidats, Joe Biden et Donald Trump, doivent s’affronter en direct, mardi, lors d'un débat télévisé qui s’annonce houleux. Un exercice éprouvant, avant lequel chaque camp tente, à sa manière, de fourbir ses dernières armes.

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C'est un rendez-vous traditionnel de la campagne américaine : mardi 29 septembre, des dizaines de millions d'Américains vont suivre sur leurs écrans le premier débat présidentiel entre les candidats républicain et démocrate, Donald Trump et Joe Biden. Les deux septuagénaires se retrouveront sur scène à Cleveland, dans l’Ohio, pendant une heure et demie, pour tenter de prendre le dessus sur leur rival. Un face-à-face devant un public restreint de 90 personnes et arbitré par le journaliste de Fox News Chris Wallace, respecté dans les deux camps.

La rencontre s’annonce pour le moins tendue. D’un côté, un président républicain sortant, distancé dans les sondages, qui multiplie les provocations et peine aujourd’hui à convaincre, après sa gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19. De l’autre, un vieux routier de la politique américaine, sénateur puis vice-président de Barack Obama, encensé dans son camp pour son sens de l’empathie et de l’écoute, mais qui pâtit de son image de figure un brin rigoriste de l’establishment démocrate.

Attendu depuis des mois, ce duel télévisé laisse, sans surprise, peu de place à l’improvisation. “Chaque candidat a évidemment derrière lui et pendant des mois, une batterie de spin doctors, de conseillers en communication verbale et non verbale. Rien n’est laissé au hasard. Surtout aux États-Unis où chaque coup bas en politique est permis”, explique Ghyslaine Pierrat, conseillère en communication politique contactée par France 24. La dernière provocation de Donald Trump, réclamant... un test antidopage à son adversaire avant le débat, peut d’ailleurs en témoigner.

Répétitions avec un "faux Trump"

Outre la déstabilisation par le langage - pratique courante chez le milliardaire américain - les entraînements et exercices pour tenter de dominer le face-à-face se sont multipliés. Ils peuvent aller aussi bien de la relecture du programme de l’adversaire, aux révisions des dossiers d’actualité, en passant par la répétition du grand oral. Dans ce dernier cas, “on va tenter de reproduire tous les artifices du débat télévisé : le candidat répète son discours dans un studio, sous un éclairage particulier et face à des caméras, pour qu’il s’imprègne de cette ambiance si stressante. Cela permet de corriger ses défauts d’élocution, ses tics de langage, sa posture etc.” détaille Ghyslaine Pierrat. 

Chaque camp va adopter sa propre stratégie. L’équipe de Joe Biden a redoublé d’efforts, travaillant à la fois sur le fond des dossiers, que sur la rhétorique réputée parfois trop tiède de son candidat. Le démocrate s’est plongé dans des journées de “préparation intense”, en révisant des cahiers d’informations, sous le regard de son conseiller de longue date Ron Klain, qui avait déjà préparé Hillary Clinton lors de son débat en 2016, précise le New York Times

“L’entraînement est aussi très important sur la forme pour Joe Biden. Il a répété son discours comme on répète un match de tennis. Son équipe lui a collé un “faux Trump” devant lequel il doit se défendre et un “faux animateur” censé lui poser les questions les plus incisives. Le but est que le démocrate se montre le plus offensif possible”, note au téléphone, Dominique Simonnet, écrivain, journaliste et spécialiste des États-Unis. 

"Le président se prépare en étant président"

La dynamique n’est pas la même, côté républicain. Donald Trump assure qu’il aborde ce débat sereinement, sans avoir déployé autant d’efforts que lors de sa confrontation avec Hillary Clinton en 2016, selon le site de la chaîne américaine CBS News. “Le président se prépare en étant président”, a résumé Tim Murtaugh, directeur de la communication du candidat républicain. 

D’autres conseillers, sous couvert d’anonymat, ont également assuré que les interactions permanentes du chef de l’État avec des médias qui lui sont “hostiles” constituaient déjà en soi, un entraînement.

Donald Trump a fait moins de deux heures de préparation au total, a déclaré à CNN une personne familière avec le processus. Les efforts de préparation ont inclus de courtes périodes de questions et réponses utilisant des cartes flash. “Trump déteste travailler ses dossiers. Il demande la plupart du temps à ses collaborateurs de lui résumer une affaire en une phrase. Mais s’intéresser au fond d’un sujet ne l’intéresse pas. En revanche, il adore le conflit, les petites phrases. On s’attend alors à ce qu’il attaque son rival sur sa fragilité physique ou sur les affaires de corruption qui ont entaché son fils Hunter Biden. Et ce genre d’attaques marche toujours auprès de son électorat”, ajoute Dominique Simonnet.

Conforter sa base d’électeurs

Si cette première rencontre entre les deux candidats sera scrutée avec attention, elle ne devrait pas bousculer les résultats du scrutin. “La société américaine reste extrêmement polarisée entre le camp démocrate et républicain. L’enjeu d’un tel débat n’est pas de gagner de nouveaux électeurs, mais de conforter, d’enthousiasmer sa base”, analyse auprès de France 24, Charlotte Euzen, conseillère en communication politique et enseignante à Science po Lille.

Et de conclure : "Perdre le débat reviendrait à décevoir ses soutiens. Mais sauf grande surprise, Trump fera du Trump, c'est-à-dire qu'il bottera en touche face aux attaques et allumera des contre-feux, toujours sous les applaudissements de ses électeurs".

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