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Suez n'a proposé "rien de concret" pour contrer Veolia, dit le président d'Engie

Le groupe Veolia annonce qu'il remettra à Engie "au plus tard le 30 septembre" son offre améliorée pour le rachat des parts de Suez
Le groupe Veolia annonce qu'il remettra à Engie "au plus tard le 30 septembre" son offre améliorée pour le rachat des parts de Suez KENZO TRIBOUILLARD, ERIC PIERMONT AFP/Archives
4 mn
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Paris (AFP)

Le président d'Engie Jean-Pierre Clamadieu a salué mardi un projet industriel "solide" de Veolia, qui souhaite racheter ses parts dans Suez, estimant que ce dernier n'a proposé "rien de concret".

"Sommes-nous pressés? La réponse est non, mais qu'est-ce qui met une pression sur le temps? Nous avons une offre qui expire le 30 septembre, demain!", a-t-il dit aux députés qui l'auditionnaient, alors que Veolia a fixé à mercredi la date limite de validité de son offre de rachat.

"Si cette offre expire, nous n'en avons plus. Alors me suggérez-vous de faire le pari qu'il y en aura peut-être une autre (plus tard, ndlr)? C'est une décision extrêmement difficile pour le conseil d'administration. Nous lâchons la proie pour l'ombre", a ajouté M. Clamadieu.

"Si demain l'offre de Veolia vient à expiration, le cours de Suez va redescendre là où il était avant: 12 euros. Notre participation aura perdu un milliard d'euros de valeur. Est-ce un risque que nous devons prendre? Si nous avions une seconde offre, la situation serait différente", a-t-il encore dit, relevant que la réponse du conseil d'Engie "dépendra" aussi du nouveau prix proposé par Veolia.

"Maintenant, si les efforts pour renouer le dialogue (entre Suez et Veolia) conduisent à ce que Veolia nous donne une semaine, 15 jours, que sais-je, nous n'avons aucune volonté de conclure dans la précipitation", a-t-il ajouté.

"Ma déception c'est qu'au fil de ces quatre dernières semaines nous n'avons pas vu de seconde offre se constituer. Nous avons vu les dirigeants de Suez très actifs mais je dirais plutôt sur le front médiatique", a estimé le dirigeant.

"Malheureusement rien de concret n'est arrivé" de Suez, a-t-il regretté.

Suez bataille depuis fin août pour son indépendance, depuis que son actionnaire principal, Engie, s'est vu offrir par Veolia de lui céder 29,9% de parts pour 2,9 milliards d'euros (15 euros par action).

"Lors de notre dernier échange avec (le président de Suez) Philipe Varin, jeudi de la semaine dernière, il nous a dit +non je suis désolé nous n'avons rien+ pour plein de raisons, il pense que l'environnement du moment ne lui permet pas de construire une offre sereinement", a ajouté M. Clamadieu. Selon lui, M. Varin a dit avoir besoin de trois mois.

Le président d'Engie a aussi vivement critiqué la décision de Suez de placer son activité Eau France sous le chapeau d'une fondation destinée à compliquer tout projet de cession.

Cela "nous a beaucoup surpris parce qu'on est un peu en dehors du +playbook+ (scénario) de l'OPA dans un pays civilisé", a-t-il jugé. "Le fait de mettre la clef d'actifs dont on dit qu'ils sont stratégiques et importants pour le pays dans les mains d'une fondation néerlandaise opaque, dont on ne sait pas qui va la diriger (...). Tout ceci, entre nous, nous paraît sortir de la relation normale d'affaires entre une entreprise et ses actionnaires", selon lui.

Le président d'Engie a en revanche salué l'offre de Veolia, que son PDG Antoine Frérot a promis d'améliorer financièrement avant mercredi.

"Nous sommes aujourd'hui convaincus que le projet industriel est solide, que Veolia est prêt à apporter des garanties en termes d'emploi qui nous satisfont", a estimé M. Clamadieu. En revanche sur le prix, "nous n'avons pas, à l'heure où je vous parle, reçu une nouvelle offre".

Engie tient son conseil d'administration mercredi après-midi.

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