Accéder au contenu principal

Discours sur le "séparatisme islamiste" : réactions mitigées de la classe politique française

Le président français Emmanuel Macron prononçant un discours pour présenter sa stratégie de lutte contre le séparatisme, aux Mureaux, près de Paris, le 2 octobre 2020.
Le président français Emmanuel Macron prononçant un discours pour présenter sa stratégie de lutte contre le séparatisme, aux Mureaux, près de Paris, le 2 octobre 2020. © Ludovic Marin, Reuters
16 mn

Le président Emmanuel Macron a présenté vendredi un plan d'action très attendu visant à lutter contre "l'islamisme radical". Les personnalités politiques françaises ont vivement réagi sur ce dossier très politique, à 20 mois de l'échéance présidentielle. 

Publicité

Se défendant de stigmatiser les musulmans, Emmanuel Macron est passé à l'offensive dans son discours sur le séparatisme islamiste, vendredi 2 octobre. Le chef de l'État a proposé de nombreuses mesures contre l'islam radical avec le renforcement des contrôles à tous les niveaux, un dossier hautement politique devenu l'angle d'attaque favori de la droite et l'extrême droite à 20 mois de la présidentielle

Les propositions du président n'ont pas manqué de faire réagir les personnalités politiques de tous bords. Voici quelques-unes d'entre elles.  

L'islam, "de manière obsessionnelle"

À gauche de l'échiquier politique, Adrien Quatennens, numéro deux de La France insoumise (LFI), accusé le président de jeter de l'huile sur le feu sur son compte Twiiter : "Non seulement la politique de Macron aggrave le 'terreau' qu'il dénonce dans son discours, mais la loi permet déjà de lutter contre les obscurantismes. Plutôt qu'une nouvelle loi et des postures sur la République, donnons-lui les moyens de sa concrétisation réelle."  

Toujours dans les rangs des insoumis, la députée européenne Manon Aubry a pour sa part fustigé des amalgames du président. "Macron n'a pas parlé de séparatismes et de cohésion républicaine : il n'a parlé que d'islam, de manière obsessionnelle. Stigmatiser les musulmans, voici son unique solution pour tenter de masquer sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire et sociale."

"Pas une seule proposition" pour le retour des services publics

"Dans un long discours #Macron explique que le foyer du développement de l'islamisme radical est la dégradation de la #République dans certains quartiers populaires mais il ne fait pas une seule proposition pour que les services publics reviennent dans ces quartiers", s'est indigné le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière.

S'il est d'accord sur le constat, Stéphane Peu, député PCF, regrette de son côté les remèdes. "Emmanuel Macron pose un diagnostic plutôt juste sur les faiblesses de notre république, mais réduit ses réponses à l'islam. Rien sur les quartiers que la république abandonne."  

Une expression "forte et loin des caricatures"

Chez les écologistes, la sénatrice Esther Benbassa plaide, elle aussi, en faveur d'autres solutions faire reculer l'islamisme. "Si on veut faire reculer l'islamisme, il ne suffit pas d'assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, mais que la République traite tous ses enfants à égalité et leur garantisse vraiment les mêmes chances pour réussir."

Sans surprise, les marcheurs soutiennent les propositions présidentielles et assurent son service après-vente sur Twitter, à l'instar de Stanislas Guerini, délégué général de LREM. "La République doit reprendre toute sa place dans les quartiers, dans les écoles, avec les associations et les élus. Merci à Emmanuel Macron pour son expression forte et loin des caricatures."

Pour Sacha Houlié, député LREM, Emmanuel Macron a prononcé un "discours identifiant les faiblesses de notre république sans stigmatiser les pratiquants. Dur contre les radicaux et protecteur des modérés. Si dans nos débats, nous restons à la hauteur, alors oui, nous réussirons."  

"Peu de mesures fortes et courageuses"

À droite, on tire à boulets rouges sur les propositions. Éric Ciotti, député LR, assène sur Twitter : "Peu de mesures fortes et courageuses. Toujours la même rengaine de l'excuse sociale et de la repentance. Le refus d'interdire le voile pour les accompagnants en sortie scolaire est une faute. Rien sur l'immigration. Ce texte sera un coup pour rien."

"Non Monsieur le Président, ce n'est pas la France qui a fabriqué des terroristes !", s'est emportée Valérie Boyer sur le même réseau social. "Oui notre pays a depuis trop longtemps été passif face au poison islamiste, mais cessons cette repentance systématique." 

Brice Hortefeux appelle quant à lui "à un réveil républicain contre le #séparatisme islamiste. Emmanuel #Macron espère maladroitement dissimuler sa longue léthargie face à cet obscurantisme que la droite a toujours dénoncé et combattu".

"De faibles annonces"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, n'est pas en reste : "Alors que 27 % des musulmans de France considèrent la charia supérieure à la loi républicaine, ce ne sont pas les faibles annonces de Macron qui défendront nos modes de vie et valeurs".

Du côté du Rassemblement national, le député européen Nicolas Bay interroge les internautes sur son compte Twitter : "Maintenant qu'on s'accorde tous sur le développement de l'islamisme dans notre pays, peut-on demander des comptes à tous les élus qui ont laissé faire pendant des dizaines d'années ?"

Gilbert Collard, de son côté, a salué "plein de points positifs, un bon programme". Et de conclure, "hélas détruit de l'intérieur par le rôle essentiel confié au Conseil français du culte musulman (#CFCM) noyauté en 2017 par les Frères musulmans !"

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.