Marathon de Londres: il y a 17 ans déjà, Kipchoge surprenait Bekele au sommet

Paris (AFP) –

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Eliud Kipchoge et Kenenisa Bekele, attendus à leur meilleur niveau dimanche à Londres, s'affrontaient déjà pour la gloire aux Mondiaux d'athlétisme de Paris/Saint-Denis en 2003, où le Kényan avait surpris l'Ethiopien sur la piste, une course qui témoigne de leur longévité exceptionnelle.

Les suiveurs s'en frottaient les mains... Le 5.000 m des Mondiaux-2003 devait couronner le meilleur coureur de l'année entre deux candidats à un doublé, le jeune Ethiopien Kenenisa Bekele (21 ans), tombeur de la légende Haile Gebrselassie quelques jours plus tôt sur 10.000 m, et le Marocain Hicham El Guerrouj, de nouveau titré sur 1.500 m quelques jours plus tôt devant la star locale Mehdi Baala.

Bekele imprime un rythme très élevé dès le début de course pour tenter d'éprouver El Guerrouj, a priori le plus redoutable au finish. Entre les deux, s'intercale un gamin kényan méconnu, Eliud Kipchoge (18 ans), qui prend même la tête à mi-course, toujours sur un rythme endiablé.

A deux tours de la fin, le Marocain accélère. Seuls Bekele et Kipchoge suivent pour un finish à couper le souffle où le Kényan parvient dans les derniers mètres à passer les épaules devant le Marocain et s'impose en 12 min 52 sec 79 (record des championnats) pour quatre centièmes de secondes. Bekele est 3e (12:53.12).

"Quand j'avais gagné le titre mondial juniors de cross-country, en mars dernier (en Suisse), j'avais réalisé que mon organisme était capable de tout", déclare alors le vainqueur.

"A trois tours de l'arrivée, je me sentais fort. J'avais décidé de rester dans son sillage et de le passer à la fin".

Kipchoge "s'est invité à la table des rois", note alors le reporter de l'AFP.

Étonnamment, Kipchoge ne remportera aucun autre titre majeur sur piste après celui-là, laissant la gloire à Bekele, avant que la dynamique ne s'inverse sur marathon à partir de 2013.