Top 14: de retour à Paris, Gonzalo Quesada n'a pas tellement changé

Paris (AFP) –

Publicité

Gonzalo Quesada retrouve vendredi (20h45) la pelouse du Stade français, terrain de sa plus fastueuse période comme entraîneur, trois ans après son départ du club. Rappelé pour redresser une équipe parisienne moribonde, l'Argentin n'a pas beaucoup changé selon les joueurs l'ayant déjà côtoyé.

Avant la réception de Bayonne en Top 14, le dernier match vécu au stade Jean-Bouin par l'ancien ouvreur (2004-2005) de l'équipe de la capitale remonte au 19 mai 2017.

Les Stadistes s'étaient imposés devant Cardiff (46-21) en barrage de Coupe d'Europe. Après leur défaite une semaine plus tard à Northampton (22-23), ils disaient au revoir à celui qui les avait guidés entre 2013 et 2017 vers un Bouclier de Brennus (2015) et un titre en Challenge européen (2017).

Avant son retour à Paris l'été dernier, Quesada, 46 ans, a connu trois autres expériences: à Biarritz en Pro D2 (2017-2018), dans l'encadrement de la sélection argentine (2018), puis aux commandes de la franchise argentine des Jaguares (2019-2020) qu'il a conduite jusqu'en finale du Super Rugby (2019), la prestigieuse compétition de l'hémisphère Sud.

"L'expérience aux Jaguares lui a apporté beaucoup de vécu. Mais cela reste Gonzalo. L'aspect humain occupe toujours une part très importante dans sa gestion de l'équipe et la confiance des joueurs est très importante. Selon lui, il faut que le groupe vive bien pour qu'il ait des résultats", explique Antoine Burban, troisième ligne du Stade français depuis 2006, concernant l'ex-stratège des Pumas.

"Sur les bases, il reste le même. Il était déjà exigeant à l'époque et très rigoureux. Mais, forcément, il a évolué avec ses expériences à Biarritz et en Argentine", estime le deuxième ligne Paul Gabrillagues, en concédant qu'il existe "quelques nouveautés" dans son management, sans en dire davantage.

- Proximité et dialogue -

"Il connaît bien le club. Il a entraîné de grandes équipes avant. C'est une chance pour nous", se réjouit le centre Gaël Fickou, qui le découvre.

Pointilleux, ambitieux, fin psychologue, bon communicant sont des qualificatifs qui reviennent souvent dans la bouche de ses ouailles. Les termes affectif et bienveillant aussi mais il n'existe pas pour autant de "rapport de copains" entre l'Argentin et ses joueurs. "Il y a une barrière coach-joueurs" et "le respect de la hiérarchie", souligne Gabrillagues.

"Sa force, c'est qu'il arrive à avoir une proximité avec les joueurs, tout en gardant une certaine distance. C'est cette proximité qui lui permet de comprendre les joueurs et d'arriver ensuite à en tirer le meilleur", analyse l'arrière Kylan Hamdaoui qui a déjà connu Quesada à Biarritz.

"Cela lui arrive de s'énerver comme tout le monde, mais il n'aime pas trop le conflit. Il préfère être dans le dialogue et essaie de comprendre le pourquoi du comment", explique Jean-Frédéric Dubois, son adjoint pendant deux saisons à Paris.

- "En adéquation" avec Arias et Sempéré -

Quesada a aussi "toujours fonctionné en responsabilisant ses joueurs", ajoute Burban, précisant qu'il travaille "en adéquation" avec Laurent Sempéré, coach des avants, et Julien Arias, responsable des arrières.

Les deux anciens joueurs du Stade français ont repris l'équipe fin 2019 après le renvoi du directeur sportif sud-africain Heyneke Meyer et de ses adjoints. Les prestations se sont légèrement améliorées mais pas au point d'extraire le club de la dernière place qu'il occupait toujours en mars, au moment de l'arrêt de la saison pour cause de pandémie de Covid-19.

"On échange beaucoup. (Quesada) nous laisse beaucoup de place pour apporter nos idées et il nous conseille", détaille Arias. "On fonctionne tous les trois d'une manière assez saine et simple. Pour l'instant, ça ne se passe pas trop mal. On verra quand il y aura des moments plus difficiles si on reste soudés comme ça", ajoute l'ex-ailier.

Un succès à Jean-Bouin contre Bayonne, après celui inattendu à Castres, souderait davantage le trio.