En Italie, Matteo Salvini devant la justice pour avoir bloqué des migrants en mer

L'ancien ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini comparait face à un tribunal sicilien, le 3 octobre 2020, pour avoir empêché le débarquement de migrants sauvés en mer, à l'été 2019.
L'ancien ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini comparait face à un tribunal sicilien, le 3 octobre 2020, pour avoir empêché le débarquement de migrants sauvés en mer, à l'été 2019. © Alberto Pizzoli

Poursuivi des chefs d'"abus de pouvoir et séquestration de personnes", l'ex-ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, comparaît, samedi, devant un tribunal sicilien pour avoir empêché le débarquement de 116 migrants sauvés en mer durant l'été 2019.

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Matteo Salvini, leader du parti d'extrême droite Ligue du Nord, comparaît, samedi 3 octobre, en qualité d'ancien ministre de l'Intérieur face à un tribunal sicilien, pour avoir empêché le débarquement de migrants sauvés en mer.

Il est poursuivi des chefs d'"abus de pouvoir et séquestration de personnes" pour avoir bloqué pendant l'été 2019, durant plusieurs jours, 116 migrants à bord d'un navire des gardes-côtes italiens, le Gregoretti.

Des migrants avaient pu être évacués pour raisons médicales, mais 116 autres étaient restés sur le navire près d'une semaine, faute d'autorisation de débarquer de Matteo Salvini, alors ministre de l'Intérieur d'un gouvernement formé par la Ligue (son parti d'extrême droite) et les anti-système du Mouvement 5 Etoiles (M5S).

Les sénateurs italiens ayant levé son immunité parlementaire, il encourt jusqu'à 15 ans de prison. Toutefois, l'audience de samedi est de pure forme et l'issue du processus judiciaire reste incertaine.

Matteo Salvini se dit "absolument serein"

Arrivé en Sicile deux jours avant les débats, il s'est déclaré "absolument serein" et dit avoir préparé "un beau costume" pour l'audience.

"Je préfèrerais que les juges se consacrent à capturer les mafieux et les délinquants", a-t-il lancé devant ses supporteurs sur l'île, qui a vu prospérer l'organisation criminelle Cosa Nostra, et où arrivent chaque année par la mer des milliers de migrants partis d'Afrique du Nord. "Ce sont les Italiens, aux prochaines élections, qui diront si Salvini a bien ou mal agi", a-t-il ajouté.

Dans le système judiciaire italien, le procès ne commence qu'à l'issue d'une audience préliminaire devant un magistrat au cours de laquelle le parquet et la défense exposent leurs arguments devant un juge. Ce dernier décide ensuite sur le renvoi en justice, ou non, du mis en cause.

Le parquet peut demander de classer l'affaire sans suite, mais le juge peut ne pas en tenir compte et obliger le ministère public à formuler une accusation. À l'issue de deux ou trois audiences, le juge devrait prendre sa décision, selon les médias.

L'audience de samedi en Sicile sera uniquement consacrée à la constitution des parties civiles.

Présence d'alliés d'autres partis de droite

Matteo Salvini a convoqué ses troupes à Catane pour trois jours de manifestations au cours desquels il veut démontrer avoir le soutien populaire. De nombreux élus nationaux et locaux de la Ligue, ainsi que des alliés d'autres partis de droite, ont annoncé leur présence.

"Pour Fratelli d'Italia (FDI, extrême droite), poursuivre en justice Matteo Salvini parce qu'il a tenté de défendre les frontières nationales et nos lois (...) est une chose erronée et honteuse", a déclaré Francesco Lollobrigida, chef des députés de FDI.

La stratégie de la défense de Matteo Salvini est d'impliquer le Premier ministre Giuseppe Conte, en assurant que le blocage du navire était une décision collective du gouvernement.

Une version des faits que conteste le chef du gouvernement, rappelant que Matteo Salvini avait fait approuver à l'époque un nouveau décret-loi renforçant ses compétences.

Matteo Salvini risque aussi d'affronter à court terme un procès similaire, à Palerme, pour avoir bloqué pendant plusieurs jours, à la mi-août 2019, le bateau humanitaire Open Arms devant l'île de Lampedusa.

Avec AFP

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