Haut-Karabakh : l'Arménie dénonce de "violents combats" et une offensive azerbaïdjanaise

Plusieurs bâtiments de Stepanakert ont été endommagés par des tirs d'artillerie lourde, dans la nuit du 2 au 3 octobre 2020.
Plusieurs bâtiments de Stepanakert ont été endommagés par des tirs d'artillerie lourde, dans la nuit du 2 au 3 octobre 2020. © AFP

Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais se poursuivaient, samedi, sur le front du Haut-Karabakh. Les autorités du territoire séparatiste ont déclaré que la "dernière bataille" pour la région a commencé.

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De "violents combats" avaient lieu, samedi 3 octobre, sur la ligne de front du Haut-Karabakh, où les soldats de ce territoire séparatiste, soutenu politiquement, économiquement et militairement par l'Arménie, ont "réussi à arrêter l'attaque à grande échelle" de l'armée azerbaïdjanaise, selon le ministère arménien de la Défense.

L'armée du Haut-Karabakh "a réussi à arrêter l'attaque à grande échelle de l'ennemi", a indiqué sur sa page Facebook la porte-parole du ministère, Chuchan Stepanian, ajoutant que de "violents combats" avaient lieu actuellement dans de nombreux secteurs du front. Sur une de ces positions, "nos forces ont contre-attaqué", a-t-il précisé. L'Arménie a toutefois annoncé la mort de 51 soldats supplémentaires de l'armée du Haut-Karabakh. Le bilan officiel des hostilités, très partiel, est ainsi passé à 242 morts des deux côtés.

Au moins 64 combattants syriens proturcs ont été tués au Haut-Karabakh depuis le début des affrontements, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Touchée à plusieurs reprises, vendredi, par des bombardements azerbaïdjanais, Stepanakert, la "capitale" régionale du Haut-Karabakh, a vécu une nuit plus calme, mais les affrontements ont été violents sur la ligne de front, selon les autorités arméniennes et séparatistes.

Plusieurs bâtiments de Stepanakert ont été endommagés par des tirs d'artillerie lourde. "Je suis sorti de chez moi et 5 ou 10 minutes plus tard, boum, une explosion. Heureusement, il n'y avait personne à la maison", raconte à l'AFP Nelson Adamian, 65 ans, dans une ville dont les habitants s'affairaient, samedi, à nettoyer les débris. Des tirs ont de nouveau été entendus dans la matinée, selon un correspondant de l'AFP.

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"C'est notre dernière bataille, que nous allons assurément gagner"

"L'ennemi a déployé des troupes renforcées. Nos soldats font preuve d'une résistance héroïque", a déclaré sur Facebook le porte-parole de l'armée arménienne Artsroun Hovhannisian, assurant que "des combats féroces persistent".

Même tonalité inquiète chez le "président" du Haut-Karabakh, Arayik Haroutiounian, qui a déclaré aux journalistes que "la nation et la mère patrie sont en danger" et annoncé son intention d'aller sur le front. "Le temps est venu pour toute la nation de devenir une armée puissante. C'est notre dernière bataille, que nous allons assurément gagner", a-t-il ajouté.

Dans le camp adverse, l'armée azerbaïdjanaise a de nouveau revendiqué, dans un communiqué, la prise de positions séparatistes et avoir "nettoyé le territoire des troupes ennemies".

Depuis le début des hostilités dimanche, seuls des bilans partiels sont communiqués, faisant état au total de 191 morts : 158 soldats du Haut-Karabakh, 14 civils arméniens, et 19 civils azerbaïdjanais, Bakou ne communiquant pas ses pertes.

Chaque camp revendique en revanche des succès démentis par l'autre et fait état de centaines de soldats ennemis tués chaque jour. Les Arméniens assurent ainsi que plus de 3 000 soldats azerbaïdjanais ont péri depuis dimanche, date de reprise des hostilités. De son côté, Bakou dit avoir tué 2 300 militaires arméniens.

Inquiétude des puissances étrangères

Les deux camps ont largement ignoré les multiples appels de la communauté internationale à faire taire les armes. Vendredi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait notamment réclamé la "fin immédiate des hostilités".

Pour la première fois, le président russe, Vladimir Poutine, a exprimé sa "profonde préoccupation" quant à la présence supposée de combattants pro-Turcs envoyés du Moyen-Orient par Ankara, soutien indéfectible de Bakou.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, dont le pays est voisin des deux belligérants, s'est lui aussi dit "préoccupé" lors d'un entretien avec son homologue Sergueï Lavrov, selon un communiqué de Moscou. 

Le président français, Emmanuel Macron, avait affirmé précédemment que 300 combattants "jihadistes" ont quitté la Syrie pour rejoindre l'Azerbaïdjan en passant par la Turquie, une "ligne rouge" selon lui. La Russie avait fait état d'informations similaires, sans accuser directement Ankara avec qui elle a une relation compliquée mais pragmatique.

Malgré les dénégations de Bakou, Ankara restant muet sur la question, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a dénombré la mort sur le front au Haut-Karabakh d'au moins 28 combattants pro-Ankara depuis le début des hostilités.

Avec AFP

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