Covid-19 : Donald Trump va "beaucoup mieux", mais n'est "pas encore tiré d'affaire"

Des supporteurs de Donald Trump devant l'hôpital dans lequel le président américain est soigné, le 3 octobre 2020 à Bethesda (Maryland).
Des supporteurs de Donald Trump devant l'hôpital dans lequel le président américain est soigné, le 3 octobre 2020 à Bethesda (Maryland). AFP - Alex Edelman

Positif au coronavirus et hospitalisé, le président américain a affirmé, samedi soir, qu'il allait "beaucoup mieux" et serait "bientôt de retour" dans la campagne électorale. Si celui-ci a admis que les prochains jours représentaient "le vrai test", son médecin précise que Donald Trump n'est "pas encore tiré d'affaire".

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Donald Trump, positif au Covid-19 et hospitalisé, a dit, samedi 3 octobre dans la soirée, qu'il allait "beaucoup mieux" et serait "bientôt de retour" dans la campagne électorale.

"Je suis venu ici, je n'allais pas très bien", a déclaré le président américain, assis à une table, en veste mais sans cravate, dans une vidéo de quatre minutes diffusée sur Twitter. "Je me sens beaucoup mieux maintenant, nous travaillons dur pour que je me remette tout à fait. Je pense que je serai bientôt de retour et j'ai hâte de finir la campagne comme je l'ai commencée".

"Pas encore tiré d'affaire", selon son médecin

"Je commence à aller bien", a-t-il affirmé, tout en précisant : "On ne sait pas pour la période des tout prochains jours, je suppose que c'est ça le vrai test, donc nous verrons ce qui se passera au cours des prochains jours".

Une prudence endossée par son médecin, qui a ensuite déclaré que Donald Trump n'était "pas encore tiré d'affaire" mais que l'équipe médicale était "prudemment optimiste". "L'état du président Trump continue à bien évoluer, il a fait des progrès substantiels depuis le diagnostic", a ajouté le docteur Sean Conley, dans un bulletin diffusé samedi soir.

Plus tôt dans la journée, le même médecin avait pour la première fois répondu, brièvement et de façon parcellaire, aux journalistes depuis l'hôpital militaire Walter Reed à Bethesda, en banlieue de Washington.

"Ce matin, le président va très bien", avait-il dit. Le président américain, âgé de 74 ans, a souffert de fièvre, de toux, de congestion légère et de fatigue, selon lui, mais les symptômes "se réduisent et s'améliorent". Il n'avait plus eu de fièvre depuis 24 heures, et son taux de saturation en oxygène était à 96 %, ce qui est normal.

Multiples confusions

Donald Trump est traité par le médicament antiviral remdesivir et a reçu aussi une injection du traitement expérimental de la société Regeneron, des anticorps de synthèse. Mais des déclarations ambiguës ou contradictoires ont créé un sentiment de cacophonie à l'intérieur de l'exécutif dans cette période incertaine.

Peu après la conférence de presse médicale, une source ayant connaissance de l'état de santé du locataire de la Maison Blanche a donné, sous condition d'anonymat, une description sensiblement plus alarmiste à des journalistes. "Les signes vitaux du président ces dernières 24 heures ont été très inquiétants, et les 48 prochaines heures seront critiques en termes de soins. Nous n'avons toujours pas emprunté une voie claire vers le rétablissement". Le New York Times a ensuite affirmé que cette source était le chef de cabinet présidentiel, Mark Meadows.

Donald Trump a-t-il reçu une supplémentation en oxygène ? Le docteur Conley s'est borné à répondre que cela n'avait pas été le cas samedi, ni jeudi, ni depuis son hospitalisation, restant évasif quand les journalistes lui ont demandé s'il en avait reçu à aucun moment. Des médias, dont la chaîne ABC, ont ensuite confirmé que le président avait bien eu besoin d'oxygénation, vendredi, à la Maison Blanche avant d'être hospitalisé.

Samedi soir, le chef de cabinet du président Donald Trump a déclaré à la chaîne Fox News que ses médecins avaient été "très préoccupés" par son état de santé, notamment une chute du niveau d'oxygène, mais que son état s'était ensuite beaucoup amélioré.

Selon Mark Meadows, il n'y a jamais eu de risque que Donald Trump, hospitalisé après avoir été testé positif au coronavirus, doive céder le pouvoir. Des propos qui interviennent à la suite d'une série d'informations contradictoires sur la santé du président qui ont créé un climat d'incertitude sur la situation du président américain.

Quant à la date du premier test positif du président, le médecin a semé le trouble en évoquant "72 heures" depuis le diagnostic, une durée incohérente avec les déclarations précédentes, car elle aurait fait remonter le test à mercredi, au lieu de jeudi comme indiqué auparavant. Cela a forcé la Maison Blanche à vite corriger le médecin en disant qu'il parlait du troisième jour, puis à publier une nouvelle lettre clarifiant que le "premier" diagnostic datait bien de jeudi soir. Mais une question importante reste sans réponse : quand et comment le dirigeant a-t-il été contaminé ?

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Cluster à la Maison blanche ?

"Ils se sont trop appuyés sur les tests", déplore le président de la Fédération des scientifiques américains, Ali Nouri. "En ne rendant pas obligatoires les masques et la distanciation physique, ils ont créé un faux climat de confiance à la Maison Blanche", poursuit le scientifique. "J'espère que cela provoquera une prise de conscience chez le président".

Aujourd'hui, la campagne électorale se trouve bouleversée. Les déplacements de Donald Trump ont été annulés, son directeur de campagne a lui aussi été contaminé, et l'incertitude plane sur les prochains débats télévisés, notamment celui censé opposer les colistiers de deux candidats : le vice-président Mike Pence et la sénatrice démocrate Kamala Harris, colistière de Joe Biden, mercredi.

L'équipe de Donald Trump a annoncé, samedi, que la campagne continuerait pourtant "à pleine vitesse", avec des déplacements de Mike Pence et des fils Trump après le débat des numéros deux. De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, va écourter son voyage en Asie la semaine prochaine, en annulant ses étapes en Mongolie et en Corée du Sud, qui étaient prévues mercredi et jeudi.

La Maison Blanche est liée à de multiples contaminations. La liste des proches de Donald Trump infectés s'allonge. Son épouse Melania, sa conseillère Hope Hicks, son directeur de campagne Bill Stepien, trois sénateurs républicains, l'ancienne conseillère Kellyanne Conway, l'actuel conseiller Chris Christie... Sans compter trois journalistes accrédités.

Au vu des doutes autour de la contamination de Donald Trump, on ne sait pas s'il était contagieux lors du débat contre Joe Biden, mardi soir dernier à Cleveland. Les deux hommes ont passé 90 minutes sur la même scène. De son côté, Joe Biden, 77 ans, était négatif vendredi. Il se refera tester dimanche.

Avec AFP   

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