Haut-Karabakh : 173 élus exhortent la France, "pays ami de l'Arménie", à sortir de sa neutralité

Le président français, Emmanuel Macron, lors du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, à Paris, le 29 janvier 2020.
Le président français, Emmanuel Macron, lors du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, à Paris, le 29 janvier 2020. © Christophe Petit-Tesson, AFP

Dans une tribune publiée dans le JDD, 173 maires, députés et sénateurs français appellent la France à sortir de sa position de neutralité face à "l'agression azerbaïdjanaise contre les Arméniens" au Haut-Karabakh, région séparatiste soutenue par l'Arménie et que l'Azerbaïdjan tente de reconquérir.

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Cette attaque représente, selon eux, "une agression insupportable contre un pays ami de la France". Dans une tribune publiée dimanche 4 octobre, dans le Journal du dimanche, quelque 173 maires, députés et sénateurs français, dont Anne Hidalgo et Laurent Wauquiez, exhortent Paris à sortir de sa position de neutralité face à "l'agression azerbaïdjanaise contre les Arméniens" dans le Haut-Karabakh, région séparatiste que l'Azerbaïdjan cherche à reconquérir.

La tribune a été publiée en collaboration avec le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France. Les élus signataires estiment que la diplomatie française, qui "ne ménage pas ses efforts", "devrait à la lumière des événements récents de l'année 2020 reconsidérer profondément sa stratégie".

Une tribune signée par des élus de tous bords politiques

"Le 12 juillet dernier et sur plusieurs jours, l'armée azerbaïdjanaise a déjà attaqué non pas le Haut-Karabakh, mais l'Arménie dont les frontières sont pourtant unanimement reconnues par la communauté internationale", écrivent les signataires. "Cette attaque représentait une agression insupportable contre un pays ami de la France, auprès duquel nous avons une responsabilité historique et universelle au regard du génocide dont son peuple a été victime en 1915."

Cette responsabilité doit, disent-ils, "nous conduire à dépasser cette position de neutralité absolument intenable lorsque depuis quelques heures, les populations civiles sont attaquées : des femmes et enfants ont été tués, et la ville de Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, éloignée de plusieurs kilomètres de la ligne de front, a été la cible de bombardements. La neutralité ne saurait être un blanc-seing aux offensives qui n'ont pour seul objectif, la disparition des populations arméniennes de ce territoire."

Outre Anne Hidalgo, maire PS de Paris, et Laurent Wauquiez, président LR de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la tribune a été signée par des élus de tous bords politiques, notamment les maires de Marseille, Michèle Rubirola, et de Nice, Christian Estrosi, ou encore l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Le rôle de la Turquie, dénoncé

Les signataires dénoncent également le rôle de la Turquie qui "alimente violemment le conflit par des déclarations belliqueuses de soutien aux Azerbaïdjanais" et à travers "l'envoi de miliciens - pour ne pas dire de jihadistes - à la solde de la Turquie, acheminés en Azerbaïdjan depuis la Syrie où ils étaient venus semer la mort en particulier contre les populations kurdes".

"Pour l'ensemble de ces raisons, nous considérons que la diplomatie française doit réexaminer sa stratégie dans le conflit du Haut-Karabakh", poursuivent les signataires. "Dénoncer avec force l'agression azerbaïdjanaise et exiger l'arrêt immédiat des violences de la part de l'Azerbaïdjan sous peine d'un soutien massif aux autorités du Haut-Karabakh qui passera par la reconnaissance de leur légitimité pleine et entière."

Avec AFP

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