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Covid-19 : les nouvelles restrictions à Paris, "impactantes" mais "adaptées à la situation"

Antoine Flahaut, épidémiologiste.
Antoine Flahaut, épidémiologiste. © France 24
11 mn

Fermeture des bars et des salles de sport, instauration d'une "jauge" de densité... Le préfet de police de Paris a annoncé, lundi, une série de nouvelles restrictions pour faire face à la progression de l'épidémie de Covid-19 à Paris et dans la petite couronne. L'épidémiologiste Antoine Flahaut apporte des éclairages sur ces nouvelles mesures gouvernementales.

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Comme pressenti depuis vendredi, les pouvoirs publics ont renforcé, lundi 5 octobre, les mesures de restrictions en région parisienne afin d'enrayer la progression de l'épidémie de Covid-19 à Paris et dans la petite couronne. Bars et salles de sport fermés, nouveau protocole sanitaire renforcé pour les restaurants ou encore l'instauration d'une "jauge" de densité pour éviter les concentrations de populations sont autant de nouvelles mesures qui entrent en vigueur dès mardi.

Ces restrictions "sont fortes, très impactantes sur le plan social et économique", explique à France 24 Antoine Flahaut, épidémiologiste. Avant de poursuivre : "Tous les pays qui s'en sont le mieux sortis sur les plans sanitaire et économique sont ceux qui ont réussi à mettre (en place) ces mesures impopulaires précocement et suffisamment durablement pour qu'on voit un infléchissement de la courbe - qui est absolument capital."

L'épidémiologiste précise, par ailleurs, que les nouvelles restrictions "sont des mesures moins fortes qu'un confinement très strict comme la France l'a connu" en mars-avril dernier.

"S'adapter à la situation épidémiologique"

Paris et sa petite couronne sont depuis lundi en "zone d'alerte maximale", comme le sont déjà la Guadeloupe et la métropole d'Aix-Marseille. Les bars et restaurants ont dû tirer le rideau provisoirement... alors qu'il n'est question que de fermeture des bars à Paris.

"Ces mesures peuvent parfois paraître contradictoires, en réalité elles sont totalement guidées par des indicateurs épidémiologiques" pour chaque territoire, explique Antoine Flahaut, qui prend l'exemple de l'Australie où des restrictions "ont permis d'éviter que l'épidémie se répande trop sur l'ensemble du (pays)."

L'épidémiologiste rappelle que "la gestion nationale uniforme" de la crise sanitaire au printemps dernier "a été faite un peu dans l'urgence (et) n'a pas eu beaucoup plus de valeur ajoutée que des mesures" territoriales. Selon Antoine Flahaut, ces dernières "sont plus ciblées, plus ciselées, plus chirurgicales et visent à s'adapter à la situation épidémiologique".

"Ne pas se permettre d'avoir des hôpitaux surchargés"

L'annonce de ces nouvelles mesures, lundi, intervient après la dégradation de plusieurs indicateurs sanitaires en Ile-de-France, dont le taux d'incidence pour 100 000 habitants. Mais le nombre quotidien de personnes contaminées par le coronavirus reste, cependant, bien plus fort que le nombre de personnes qui développent une forme mortelle du Covid-19. "C'est une situation un peu paradoxale qu'on voit dans toute l'Europe où le nombre de décès a été contenu jusqu'à la fin septembre", précise Antoine Flahaut.

L'épidémiologiste prévient que la donne sanitaire est en train de changer : "On est maintenant dans une situation qu'on connaît mieux avec le Covid-19, où la morbidité s'accompagne d'une mortalité élevée et de lits de réanimation qui commencent à être occupés dans une proportion importante."

La saturation des capacités hospitalières, "c'est cela qu'il faut à tout prix éviter", affirme le spécialiste. "On ne pourrait pas se permettre d'avoir des hôpitaux surchargés qui ne soigneraient plus les patients. Les mesures de restrictions actuelles visent à contrôler cet effet."

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