Donald Trump quitte l'hôpital mais n'est "peut-être pas encore complètement tiré d'affaire"

Donald Trump retire son masque et pose pour les photographes après son retour à la Maison Blanche, lundi 5 octobre 2020.
Donald Trump retire son masque et pose pour les photographes après son retour à la Maison Blanche, lundi 5 octobre 2020. © Win McNamee, AFP

Donald Trump, atteint du Covid-19, a quitté l'hôpital en fin d'après-midi lundi et a rejoint la Maison Blanche où il a enlevé son masque devant les caméras. Le président américain a promis sur Twitter de retourner "bientôt" faire campagne sur le terrain mais, d'après le médecin de la Maison Blanche, il n'est "peut-être pas encore complètement tiré d'affaire".

Publicité

Le président Donald Trump est sorti de l'hôpital militaire de Walter Reed, lundi 5 octobre, en fin de journée. Il a rejoint son hélicoptère, direction la Maison Blanche, sans dire un mot aux journalistes, le pouce levé face aux caméras. Il avait été hospitalisé vendredi dernier, moins de 24 heures après avoir été testé positif au Covid-19.

Une fois arrivé sur les marches de la Maison Blanche, il a retiré son masque, levé les deux pouces en l'air et fait un salut militaire. Les commentateurs à Washington ont aussitôt noté qu'il était potentiellement encore contagieux.

03:42

Signe de l'importance que Donald Trump a voulu donner à ce moment, son compte Twitter a publié deux vidéos, dont l'une, quasi-hollywoodienne, montre son arrivée à la Maison Blanche sur fond de musique pompeuse. "Ne le laissez pas vous dominer. N'en ayez pas peur, vous allez le battre, nous avons les meilleurs équipements médicaux", a déclaré le président américain à propos du Covid-19, alors que son pays, le plus endeuillé au monde, déplore plus de 210 000 morts dues à cette maladie. "Sortez, soyez prudents", a même exhorté celui qui est accusé d'avoir minimisé la pandémie et dont la gestion est critiquée de toutes parts.

"Nous allons reprendre le travail", "en tant que leader, j'ai dû le faire, je savais qu'il y avait un danger, mais je devais le faire. J'étais en première ligne", a-t-il dit dans la seconde vidéo. "Et maintenant je vais mieux, je suis peut-être même immunisé, je ne sais pas", a-t-il ajouté.

01:12

Peu avant de quitter l'hôpital, Donald Trump avait aussi promis de retourner "bientôt" sur le terrain pour faire campagne, et a déploré les "sondages bidons" émanant des "fake news".

À 29 jours de l'élection présidentielle, le président des États-Unis, qui brigue un second mandat, est impatient de donner l'image d'un candidat mobilisé. Hospitalisé pendant seulement trois jours, il en a profité pour tenter d'apparaître comme revigoré par cette épreuve, et pour défendre une fois de plus sa gestion de la pandémie, critiquée de toute part.

Le médecin de la Maison Blanche a toutefois tempéré cette annonce. "Même s'il n'est peut-être pas encore complètement tiré d'affaire, l'équipe et moi-même sommes d'accord sur le fait que tous nos examens et surtout son état de santé clinique permettent un retour en toute sécurité chez lui", a déclaré le docteur Sean Conley. "Il bénéficiera de soins médicaux de classe mondiale 24 heures sur 24", a-t-il ajouté, en précisant que certains traitements administrés à Donald Trump relevaient de l'expérimentation. 

Donald Trump restera encore pour un temps confiné à la présidence, équipée pour qu'il continue à être soigné. Il va donc encore être privé de déplacements dans les États clés pour la présidentielle, alors qu'il accuse toujours un retard dans les sondages face à son rival démocrate Joe Biden. 

Or, la Maison Blanche ressemble de plus en plus à un foyer virulent du coronavirus. Après le président, sa femme Melania, sa proche conseillère Hope Hicks et plusieurs autres membres de son équipe, c'est Kayleigh McEnany, la porte-parole de Donald Trump, qui a annoncé lundi avoir été testée positive au Covid-19. À plusieurs occasions ces derniers jours, elle s'est adressée, sans porter de masque, aux journalistes.

Cette annonce, après trois jours de communication cacophonique sur l'état de santé du président de la première puissance mondiale, renforce encore un peu plus l'image d'un exécutif n'ayant pas pris la pleine mesure de l'épidémie.

01:20

Un état plus grave que ce qui avait été annoncé

Le médecin présidentiel a fini par admettre dimanche que l'état initial de son patient avait été plus grave que ce qui avait été officiellement déclaré dans un premier temps, renforçant l'impression d'un vrai manque de transparence, voire d'une réelle inquiétude au plus fort de la maladie.

Faisant volte-face par rapport à son point presse de samedi, le docteur Sean Conley a confirmé que Donald Trump avait bien eu besoin d'une mise sous oxygène vendredi, pendant environ une heure, à la Maison Blanche, un épisode jugé suffisamment inquiétant pour décider de l'hospitaliser le soir même.

Le médecin a aussi annoncé un autre épisode de baisse de la saturation en oxygène survenu samedi matin. Et samedi également, les médecins lui ont administré un troisième traitement, la dexaméthasone, un corticoïde efficace contre les formes graves du Covid-19, en plus de l'antiviral remdesivir et du cocktail expérimental de la société Regeneron, qu'il a reçus dès vendredi. Le Dr Conley a reconnu qu'il n'avait pas révélé cet incident la veille pour projeter une image "optimiste".

La famille et l'entourage de Donald Trump tentent en effet de dépeindre un président "combattant" prêt à vaincre la maladie et remonter sur le ring. Dès dimanche, avec sa brève sortie pour saluer depuis sa voiture ses partisans devant l'hôpital, l'ex-magnat de l'immobilier avait manifesté son impatience de reprendre sa campagne.

Car en face, Joe Biden, 77 ans, qui a maintenu voire accru son avance dans les intentions de vote après le débat confus de la semaine dernière face à Donald Trump, continue lui sa campagne à son rythme. Il s'est rendu lundi en Floride, l'un des États clés que le président sortant doit à tout prix remporter à nouveau, comme en 2016, pour conserver un espoir de victoire au niveau national.

Joe Biden a opposé le très lourd bilan de la pandémie aux États-Unis aux propos rassurants de Donald Trump. "J'ai vu un tweet qu'il a fait, ils me l'ont montré, il a dit 'Ne laissez pas le Covid contrôler vos vies.' Allez dire cela aux 205 000 familles qui ont perdu quelqu'un", a déclaré l'ancien vice-président américain, visiblement en colère. "Maintenant qu'il a le temps de tweeter des messages de campagne, je vais lui demander ceci : écoutez les scientifiques, soutenez le port du masque", avait-il dit auparavant.

Avec AFP et Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine