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Haut-Karabakh : l'Otan appelle la Turquie à "user de son influence" pour calmer les tensions

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, et le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse à Ankara, le 5 octobre 2020.
Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, et le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse à Ankara, le 5 octobre 2020. © Adem Altan, AFP
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Lundi, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a exhorté la Turquie, principale alliée de l'Azerbaïdjan, à "user de son influence pour calmer les tensions" au Haut-Karabakh, où des combats font rage entre l'armée de Bakou et les séparatistes arméniens.

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Lors d'une conférence de presse organisée lundi 5 octobre à Ankara, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a appelé la Turquie, principale alliée de l'Azerbaïdjan, à intervenir pour calmer les tensions au Haut-Karabakh, une région séparatiste que Bakou cherche à reconquérir avec le soutien de Recep Tayyip Erdogan.

"Je m'attends à ce que la Turquie use de son influence pour calmer les tensions", a déclaré Jens Stoltenberg lors de cette rencontre avec le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu. "Toutes les parties doivent immédiatement cesser les combats et avancer vers une solution pacifique", a-t-il ajouté.

Mevlüt Çavusoglu, dont le pays prône la fin de "l'occupation" du Haut-Karabakh par les séparatistes appuyés par l'Arménie, a pour sa part estimé que l'Otan devrait elle aussi "appeler l'Arménie à se retirer" de l'enclave et au respect de "l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan". Il a aussi accusé l'Arménie de "commettre des crimes de guerre" en attaquant des zones peuplées de civils.

Accusations mutuelles

Au neuvième jour du conflit dans le Haut-Karabakh, l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont mutuellement accusés lundi d'avoir attaqué des zones civiles.

Les autorités séparatistes ont affirmé que les forces de Bakou avaient tiré des roquettes à Stepanakert et Chouchi. "La riposte de l'armée de défense ne sera pas longue à venir", a dit Vahram Pogossian, porte-parole des autorités séparatistes.

L'Azerbaïdjan a déclaré de son côté que l'Arménie avait lancé des missiles en direction de plusieurs villes situées à l'extérieur du Haut-Karabakh, visant des zones densément peuplées et des infrastructures civiles. Le ministère de la Défense précise que ses radars ont déterminé que les missiles avaient été tirés non pas du Haut-Karabakh, mais du territoire arménien. "Dire que l'Arménie a ouvert le feu sur des bastions azéris relève de la pure désinformation", a démenti Artsrun Hovhannissian, du ministère arménien de la Défense.

Le dernier bilan des affrontements fourni par les autorités du Haut-Karabakh fait état de 21 morts supplémentaires dans les rangs des troupes séparatistes, ce qui fait un total de 223 tués dans leurs rangs depuis le début du conflit. Dix-neuf civils ont également perdu la vie. Le procureur d'Azerbaïdjan a de son côté annoncé la mort de 25 civils depuis le début des affrontements. Aucun bilan n'a été donné concernant les forces azerbaïdjanaises.

Le groupe de Minsk appelle au calme

Les ministres des Affaires étrangères français, russe et américain, qui coprésident le groupe de Minsk chargé de promouvoir un règlement négocié du conflit, ont condamné lundi "l’escalade de violence inédite et dangereuse survenue dans et en dehors de la zone de conflit du Haut-Karabakh".

"Les ministres soulignent sans aucune réserve que les attaques récentes qui auraient visé des installations civiles, tant le long de la ligne de contact que sur les territoires azerbaïdjanais et arménien hors de la zone de conflit du Haut-Karabakh, et que le caractère disproportionné de telles attaques constituent une menace inacceptable pour la stabilité de la région", ajoutent-ils, réclamant à nouveau un cessez-le-feu immédiat.

Les tensions entre la Turquie et la Grèce à l'ordre du jour

Lors de leur entretien, Jens Stoltenberg et Mevlüt Çavusoglu ont également évoqué les tensions autour de l'exploration d'hydrocarbures en Méditerranée orientale entre la Turquie d'un côté, la Grèce et Chypre de l'autre. Après des démonstrations de force et des déclarations martiales en août, Ankara et Athènes s'étaient mis d'accord en septembre pour reprendre des "pourparlers exploratoires".

Signe d'une volonté d'apaisement, un accord a été trouvé, jeudi, à l'Otan, entre la Grèce et la Turquie sur un mécanisme pour éviter les conflits. "Nous ne voulons pas d'incidents entre alliés (au sein de l'Otan)", a affirmé Mevlüt Çavusoglu en commentant cet accord.

"J'ai bon espoir que les disputes (entre la Turquie et la Grèce) peuvent désormais être réglées à travers les négociations, dans l'esprit de solidarité entre membres de l'Alliance", a dit pour sa part Jens Stoltenberg, qui doit être reçu dans la soirée par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Dans ce qui semble être un nouveau geste d'apaisement d'Ankara, le navire turc de prospection d'hydrocarbures Yavuz a quitté, lundi, la zone maritime de Chypre pour regagner la côte turque. "Le départ du navire Yavuz est un nouveau pas bienvenu dans le sens de la désescalade en Méditerranée orientale et nous espérons en voir d'autre dans cette direction", a réagi un porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano.

Les dirigeants de l'Union européenne, réunis vendredi en sommet à Bruxelles, ont adressé à la Turquie un message de fermeté assorti d'une menace de sanctions si elle ne cesse pas ses forages, considérés comme illégaux, dans les eaux territoriales de Chypre.

Avec AFP et Reuters

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