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Ecologie et cause animale: Villani à la recherche du second souffle politique

Cédric Villani le 18 février 2020, à Paris
Cédric Villani le 18 février 2020, à Paris JOEL SAGET AFP/Archives
4 mn
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Paris (AFP)

Sa dissidence lui a valu des rancoeurs, puis une cuisante défaite aux municipales à Paris. Mais le mathématicien Cédric Villani promet de poursuivre son engagement politique "pour des années" encore et se positionne sur l'écologie et la cause animale, avec une proposition de loi à l'Assemblée jeudi.

Un second souffle pour l'ancien LREM ? "Je suis suffisamment jeune en politique pour considérer que je n'en suis qu'au démarrage", répond-il dans un café du 14e arrondissement. Le député de l'Essonne, 47 ans, n'a obtenu qu'un siège au conseil d'arrondissement, sans entrer au Conseil de Paris.

"C'est une défaite électorale, mais une étape. La vie de mathématicien est aussi semée d'embûches. Chaque jour vous tentez, ça plante, puis vous finissez par trouver", relativise l'élu, arborant ses habituelles lavallière et broche en forme d'araignée.

L'ex-"marcheur" a fini sa campagne bien seul, quand certains proches le pressaient de rallier Anne Hidalgo dans l'entre-deux-tours. On lui proposait cinq places au Conseil de Paris et une dans l'exécutif parisien, confirme-t-il, mais il a décliné.

"Il n'aime pas prendre de risque", regrette un ancien soutien. "Humainement, je l'adore, mais je ne le suivrai plus dans une aventure politique. Oui, il peut être ministre ou conseiller, mais il n'arrive pas à prendre de décisions".

Le médaillé Fields 2010, l'équivalent du Prix Nobel de maths, concède un "moment de flottement et d'hésitation": "je n'étais pas préparé à cette négociation de second tour. C'était la première fois. Et je n'ai aucun doute sur le fait que j'ai pris la bonne décision, celle de l'indépendance".

Et il n'a pas remisé ses ambitions. Le 21 septembre, il a dégainé sur Twitter un texte aux allures de manifeste pour "repartir sur de bonnes bases".

Il y présente le nouveau groupe parlementaire auquel il appartient: "Ecologie, Démocratie, Solidarité", 15 députés à la sensibilité écolo, issus pour la plupart de l'aile gauche de LREM. Et son intention de marier science et écologie, avec "méthode".

- "Mordre davantage" -

"Pour la fin de l'année", Cédric Villani prépare la création d'un think tank (cercle de réflexion) avec le physicien Etienne Klein ou l'ingénieur franco-espagnol de la Silicon Valley Tomas Pueyo.

"Aucun écolo n'est allé suffisamment loin dans le rapport à la science. Il y a quelque chose à créer. Et il faut l'articuler à une culture de gouvernement", considère le député, père de trois enfants et végétarien "depuis peu".

Jeudi dans l'hémicycle, il va défendre une proposition de loi contre la souffrance animale. La majorité va voter une partie du texte, en écho aux annonces du gouvernement sur la fin progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants ou de l'élevage de visons. Mais pas l'interdiction de la "chasse à courre" ni celle, à plus long terme, de l'élevage intensif d'animaux en cage.

En commission, les débats furent parfois savoureux. Après un exposé érudit sur le bien-être animal, Cédric Villani a évoqué les lapins et poules de son enfance en Corrèze. Ou une promenade avec un marcassin dans la Drôme.

"Ce n'est pas parce que j'ai fait des maths au collège que je suis mathématicien", a rétorqué le député paysan Jean-Baptiste Moreau (LREM).

"On a vu le meilleur et le moins bon de Villani", juge le "marcheur" Roland Lescure. "Il a une +vista+ exceptionnelle quand il donne une perspective historique, scientifique ou philosophique", mais quand "on atterrit et que les roues doivent toucher le goudron, c'est plus compliqué".

Lui revendique ses dizaines d'auditions sur le sujet, la pile de livres avalés, ses visites chez des éleveurs de "plein air" chez qui "ça marche" et c'est "rentable".

Et ses amis, nombreux, louent ses connaissances, vertigineuses, du moindre sujet auquel il touche: écologie, chansons françaises, mangas, cinéma russe ou physique des plasmas...

Certains restent "surpris" par son aventure politique: dans ce milieu, "il faut être un tueur. Il ne le sera jamais. Mais il peut peut-être mordre davantage", sourit le dessinateur de BD Edmond Baudoin.

Le maire d'Orsay David Ros (PS) complète: "Il est entré en politique comme une comète. Peut-être qu'il en ressortira un jour, je ne sais pas quand".

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