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Plan de soutien à l'économie américaine : Donald Trump gèle les négociations

Le Congrès américain à Washington.
Le Congrès américain à Washington. © Ken Cedeno, Reuters
8 mn

Le président américain a annoncé mardi qu'il gelait, jusqu'à l'élection présidentielle, les négociations avec les élus démocrates pour un plan d'aide aux ménages et aux entreprises affectés par la crise sanitaire. La Bourse a aussitôt dévissé et le démocrate Joe Biden a fustigé la décision du républicain.

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Le président Donald Trump a mis brutalement fin, mardi 6 octobre, aux négociations avec les démocrates sur de nouvelles aides aux ménages et entreprises affectés par la pandémie de Covid-19.

"J'ai demandé à mes représentants d'arrêter de négocier jusqu'à après les élections", a tweeté le président américain, accusant la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, de ne pas négocier "de bonne foi". "Dès que j'aurai gagné, nous voterons un grand plan d'aide qui sera centré sur les travailleurs américains et les petites entreprises", a-t-il ajouté, renvoyant les discussions jusqu'à après l'élection présidentielle du 3 novembre. 

Cette décision a immédiatement fait chuter Wall Street, qui a clôturé dans le rouge, alors que de nombreux économistes et experts ont déjà prévenu que l'absence d'un nouveau coup de pouce gouvernemental risquait de freiner le redressement de l'activité économique.

Difficultés financières en vue

Elle signifie que de nombreux Américains, dont ceux qui sont au chômage, des collectivités locales et des entreprises tels les hôtels, les compagnies aériennes, les bars et les restaurants, vont être confrontés à des difficultés financières dans les prochaines semaines. 

Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a accusé Donald Trump de leur avoir "tourné le dos". "Ne vous y trompez pas : si vous n'avez pas d'emploi, si votre entreprise est fermée, si l'école de votre enfant est fermée, si vous voyez des licenciements autour de vous, Donald Trump a décidé aujourd'hui que rien de tout cela, absolument rien, ne lui importait", a renchéri Joe Biden dans un communiqué.

Certains secteurs très touchés, comme le tourisme et le transport aérien, ont d'ores et déjà annoncé des licenciements massifs : 19 000 personnes pour la compagnie aérienne American Airlines, 13 000 chez United, ou encore 28 000 dans les parcs d'attraction Disney. L'organisation représentant le secteur aérien, Airlines for America, s'est dite "déçue" de l'incapacité des responsables politiques à se mettre d'accord sur un texte qui "aurait sauvé des dizaines de milliers d'emplois hautement qualifiés".

En cours de soirée, le locataire de la Maison Blanche a toutefois appelé les parlementaires à s'entendre sur des mesures plus limitées. Il a d'une part exhorté les sénateurs et représentants à la Chambre à "approuver IMMÉDIATEMENT" une aide de 25 milliards de dollars pour les compagnies aériennes, ainsi qu'un plan de 135 milliards de dollars pour les petites entreprises. Ces deux programmes "seront financés avec des fonds inutilisés" du premier grand plan d'aide, a-t-il affirmé sur Twitter. 

Donald Trump a par ailleurs assuré qu'il entérinerait de suite tout texte de loi restreint prévoyant un chèque de 1 200 dollars pour les ménages américains si les parlementaires lui en envoyaient un.

Le montant de l'enveloppe divise

L'administration Trump et les élus démocrates du Congrès avaient commencé il y a plus de deux mois à négocier de nouvelles aides pour les 12,6 millions de chômeurs américains et pour les foyers aux plus faibles revenus, ainsi que pour les entreprises terrassées par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Les mesures adoptées fin mars dans le cadre du gigantesque plan de soutien de 2 200 milliards de dollars, rallongé ensuite de 500 milliards, expirent en effet progressivement.

Après plusieurs semaines au point mort, les discussions entre Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, venaient pourtant de reprendre. Ils se sont brièvement parlés peu après l'annonce de Donald Trump, a indiqué un porte-parole de Nancy Pelosi, ajoutant que Steve Mnuchin en a profité pour confirmer la fin des négociations.

"Une fois encore, le président Trump a montré ses vraies couleurs : faire passer son intérêt avant celui du pays, avec la pleine complicité des membres républicains du Congrès", a fustigé Nancy Pelosi dans un communiqué.

Les divergences étaient trop grandes et le montant total de l'enveloppe posait notamment problème. Les démocrates réclamaient au départ 3 000 milliards de dollars, mais au fil des discussions ont accepté de l'abaisser à 2 200 milliards. L'administration Trump avait de son côté fait un geste, se disant prête à 1 600 milliards après un montant initial de seulement 1 000 milliards.

Joignant sa voix à celles d'autres économistes, le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, avait mis en garde un peu plus tôt contre les conséquences désastreuses pour l'économie d'une absence de nouvelles aides publiques. Un "soutien trop faible pourrait conduire à une reprise plus fragile, conduisant à des souffrances inutiles pour les ménages et les entreprises", a-t-il déclaré. "Avec le temps, l'insolvabilité des ménages et les faillites d'entreprises augmenteraient, nuisant à la capacité de production de l'économie et ralentissant la croissance des salaires", a-t-il averti, employant un ton inhabituellement alarmiste.

Avec AFP

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