Une substance du type Novichok à nouveau identifée dans l'organisme d'Alexeï Navalny

L'opposant russe Alexeï Navalny lors d'une interview accordée à un célèbre youtubeur et diffusée mardi 6 octobre.
L'opposant russe Alexeï Navalny lors d'une interview accordée à un célèbre youtubeur et diffusée mardi 6 octobre. © Youtube / Reuters
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L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé mardi qu'une substance neurotoxique du type Novichok avait été trouvée dans l'organisme de l'opposant russe Alexeï Navalny, pris en charge à Berlin dans un état grave à la suite d'un empoisonnement présumé.

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C'est une nouvelle confirmation de l'empoisonnement d'Alexeï Navalny le 20 août dernier. L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé mardi 6 octobre qu'une substance du type Novichok avait été trouvée dans l'organisme de l'opposant russe.

L'OIAC, basée à La Haye, a déclaré que les échantillons de sang et d'urine d'Alexeï Navalny contenaient un "inhibiteur de la cholinestérase", similaire à deux substances chimiques de type Novichok, interdites par l'organisation en 2019.

Ces résultats viennent corroborer ceux obtenus par deux laboratoires français et suédois qui avaient analysé des "échantillons prélevés" sur l’opposant russe, hospitalisé à Berlin. Un laboratoire militaire allemand avait déjà conclu le 3 septembre dernier à l’empoisonnement d'Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, par ce puissant agent neurotoxique, ce que Moscou conteste.

L'Allemagne avait officiellement demandé "l'assistance technique" de l'OIAC, ce que les États parties sont en droit de faire lorsqu'ils pensent qu'il y a eu un incident impliquant des armes chimiques.

Le directeur de l'OIAC, Fernando Arias,  a déclaré qu'il était "important maintenant" pour les États membres de l'OIAC "de défendre la norme à laquelle ils ont décidé d'adhérer il y a plus de 25 ans", lorsqu'ils ont signé la Convention des Nations unies sur les armes chimiques.

Le Novichok, un agent neurotoxique surpuissant

Le Novichok, dont le nom signifie "petit nouveau", fut mis au point par des chercheurs de l’Union soviétique (URSS) en pleine guerre froide dans les années 1970 et 1980.

Bien connu des services de renseignements, ce poison inhibe la cholinestérase, une enzyme qui permet au système nerveux de communiquer avec les muscles. Ce défaut de transmission empêche alors la victime de respirer.

Le Novichok a récemment été utilisé en 2018 pour empoisonner l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre. Le Kremlin avait nié toute responsabilité et l'affaire avait provoqué une crise diplomatique entre Londres et Moscou.

Dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel et publiée jeudi 1er octobre, la première depuis sa sortie de l’hôpital berlinois où il a passé deux semaines dans le coma, Alexeï Navalny a accusé le Président russe d'avoir voulu l'assassiner. "J'affirme que Poutine est derrière cet acte. Je ne vois pas d'autres explications" a déclaré l'opposant qui a réaffirmé par ailleurs son intention de revenir en Russie.

Avec AFP

 

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