Inondations dans les Alpes-Maritimes : Macron promet "plusieurs centaines de millions d'euros"

Le président français Emmanuel Macron rencontre des secouristes à Tende, dans la vallée de la Roya, le 7 octobre 2020.
Le président français Emmanuel Macron rencontre des secouristes à Tende, dans la vallée de la Roya, le 7 octobre 2020. AFP - CHRISTOPHE SIMON

Emmanuel Macron a promis, mercredi soir, "plusieurs centaines de millions d'euros" pour venir en aide aux habitants des Alpes-Maritimes, sinistrés par les crues exceptionnelles du 2 octobre.

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Cinq jours après les intempéries exceptionnelles, qui ont dévasté l'arrière-pays niçois, le président Emmanuel Macron a assuré, mercredi 7 octobre, que l'État investirait "plusieurs centaines de millions d'euros" pour venir en aide aux sinistrés des Alpes-Maritimes.

"Ce sera massif", a affirmé le chef de l'État lors d'un entretien avec TF1 et France 2, à l'issue d'une visite dans plusieurs des communes sinistrées. "Nous mettrons à coup sûr plusieurs centaines de millions d’euros", a-t-il précisé, ajoutant qu'une "conférence des financeurs" serait également organisée "pour que la solidarité nationale et locale se mobilisent".

Le bilan humain s'établit à cinq morts, sept "disparus" et treize "probables disparus". Deux autres personnes sont mortes en Italie, dans le Val d'Aoste et le Piémont, lors de cet épisode pluvieux du 2 octobre.

La reconstruction des routes arrachées, des maisons éventrées et des réseaux d'adduction d'eau ou d'électricité endommagés est en cours, mais "ça n'est pas demain que l'on retrouvera le visage d'avant", a prévenu le président de la République.

"Dans quatre à cinq semaines, le train pourra refonctionner. Les choses en terme d’accès sont déjà plus faciles. Ce qui va prendre du temps c’est de reconstruire les routes, les ponts, les habitations. On en a pour plusieurs mois tous ensemble", a-t-il reconnu.

Emmanuel Macron a par ailleurs averti que certaines maisons dans les zones à risque devront être évacuées. "Ces maisons qui aujourd'hui ont disparu dans certaines vallées ne pourront pas être reconstruites à l'identique", a-t-il dit. De plus, "on doit aller voir certains habitants et leur dire : la maison que vous occupez, il va falloir l'évacuer".

Visite dans les villages dévastés

Le chef d'État avait passé la journée dans les zones sinistrées. Il est d'abord arrivé en hélicoptère dans le village de Tende, encore partiellement privé d'électricité et inaccessible par la route. Quelque 200 personnes l'attendaient. Emmanuel Macron a immédiatement fait le point avec les membres de la sécurité civile et les gendarmes présents dans ce village de la vallée de la Roya, une des plus meurtries par les intempéries. 

La voix nouée, le maire de Tende Jean-Pierre Vassallo a raconté au président le désastre vécu par les 2 000 habitants lors des pluies torrentielles. "Le vendredi soir, c'était le cauchemar, raconte-t-il. Les maisons tombaient les unes après les autres. On a évacué l'Ehpad. Avec le personnel soignant, les pompiers, on a fait un véritable miracle."

"Maintenant, je suis impressionné. Quand la machine France se met en route c'est impressionnant", a-t-il ajouté, évoquant la mobilisation des secours et la solidarité des habitants de cette zone de montagne.

À Breil-sur-Roya, Emmanuel Macron s'est rendu à la gare, transformée en plateforme logistique, où affluent les nombreux dons, en provenance de collectivités, de grandes surfaces, d'associations et de particuliers.

Les victuailles et biens de premières nécessités, en vrac sur le ballast, attendaient leur chargement pour gagner Tende et ses hameaux, La Brigue, Saorge et Fontan, isolés par la route démolie par les crues.

"Si les paroles sont mises en actes, ce sont de bonnes annonces"

Le coût de la reconstruction est estimé à un milliard d'euros, a indiqué le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier, en se basant sur des chiffres du préfet. Et il faudra des mois d'efforts pour reconstruire. "C'est un truc de fou !", s'est exclamé auprès de l'AFP le président LR du département des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginesy, en évoquant les dégâts causés à la route traversant la vallée de la Roya, aujourd'hui devenue une série de pointillés à flanc de montagne.

Du côté du département des Alpes-Maritimes, on estime que 1 500 acteurs économiques vont être mis en difficulté, dans des vallées vivant essentiellement du tourisme. Les attentes sont fortes sur le terrain, face à un gouvernement, qui devait déclarer l'état de catastrophe naturelle pour les territoires concernés.

"La Nation sera présente dans la durée", avait promis dès mercredi matin dans un message sur Facebook Emmanuel Macron.

"Si les paroles sont mises en actes, ce sont de bonnes annonces. Pour moi, l'essentiel, c'est le train, et que la vallée ne soit plus oubliée", a répondu à l'AFP dans la soirée la maire de Saorge, Brigitte Besc.

Avec AFP

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