Bleus: entre Pogba et Camavinga, des étoiles plein les yeux

Saint-Denis (AFP) –

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Entre l'étoile montante Eduardo Camavinga, "petit danseur" plein de confiance, et Paul Pogba, champion du monde enfin de retour chez les Bleus, il y a dix ans d'écart mais surtout une admiration réciproque qui donne un nouveau souffle au groupe tricolore.

Si les deux milieux de terrain se sont rencontrés au Château de Clairefontaine lundi pour la première fois, leur aventure commune s'était déjà nouée en septembre. A 17 ans, "Cama" avait vécu son baptême international grâce au forfait de Pogba, 27 ans, testé positif au Covid-19.

"J'ai la chambre de Paul Pogba. Elle est grande hein!", avait souri le prodige du Stade rennais, à la question de savoir ce qui l'avait le plus impressionné dans la maison des Bleus.

Sur le terrain, il lui avait également chipé son N.6 face à la Croatie (4-2), ce qui avait achevé de lier le maître et l'élève.

"Je m'inspire de Paul Pogba, c'est un très bon joueur avec des très grosses qualités", disait-il avant sa première apparition, tout en rejetant les éventuelles "comparaisons" sur leur jeu. "Je préfère m'inspirer des personnes".

Sur ce plan-là aussi, les deux nouveaux compères n'ont pas à forcer pour se trouver des points communs.

"Il me fait un peu penser à moi, il n'est pas timide, il est confiant. C'est un très bon petit, j'aime énormément", a glissé le champion du monde de Manchester United, interrogé jeudi sur son jeune coéquipier.

- Assis à la même table -

Du haut de ses 70 sélections, Pogba admire la facilité avec laquelle Camavinga se faufile dans ses nouveaux habits d'international. L'ancien joueur de la Juventus Turin avait lui fait ses débuts sous le maillot frappé du coq en mars 2013, une semaine après avoir soufflé ses 20 bougies.

"Comme personne, il est très à l'aise, c'est un petit danseur", a constaté la "Pioche", expert ès surnom qui a déjà affublé le Rennais d'un nouveau sobriquet: "Bolo", pour son amour des pâtes bolognaises.

Au Château de Clairefontaine, où les Bleus sont répartis sur trois tables différentes au moment de manger (une précaution liée au nouveau coronavirus), Camavinga partage d'ailleurs son repas avec Pogba, en plus de Houssem Aouar et Kylian Mbappé.

A ses côtés, le Mancunien se régale autant qu'à le voir jouer. "Il est jeune, mais c'est comme Kylian, +tu m'parles pas d'âge!+ Ils ont une sérénité, une maturité que je n'avais pas à cet âge. Etre aussi à l'aise, c'est très bien, c'est un talent", dit-il.

Avant de recevoir le Portugal, dimanche (20h45) au Stade de France en Ligue des nations, les deux pépites du milieu de terrain n'ont jamais été associées par Didier Deschamps. Le sélectionneur a sorti Camavinga à l'heure de jeu mercredi contre l'Ukraine (7-1) pour faire entrer Pogba, de retour chez les Bleus après seize mois d'absence.

L'ancien Havrais a multiplié les déconvenues ces derniers mois. Opéré à une cheville, le patient anglais a rongé son frein au pic de la pandémie quand le football était à l'arrêt, avant que son comeback en sélection ne soit retardé le mois dernier à cause d'un test positif.

Entre temps, la vie des Bleus a continué sans lui et la concurrence a rempli le vide. Mais Pogba, pas au top avec Manchester United, ne semble pas troublé par la situation.

"C'est toujours bon d'avoir des joueurs de qualité tout autour, on a des objectifs et on a besoin de plus que 11 joueurs pour gagner", a-t-il relevé jeudi. "J'étais titulaire depuis des années, mais les choix du coach je les respecterai toujours", dit-il, oscillant entre le passé et le futur.

Le futur proche, c'est dimanche contre Cristiano Ronaldo et ses champions d'Europe en titre. Quatre ans après la finale de l'Euro-2016, Pogba a une revanche à prendre, avec ou sans Camavinga.