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USA 2020

Donald Trump de retour auprès de ses partisans en Floride : "Le coronavirus ne peut pas l'arrêter"

Donald Trump sur scène lors d'un meeting à Sanford, en Floride, le 13 octobre 2020.
Donald Trump sur scène lors d'un meeting à Sanford, en Floride, le 13 octobre 2020. © Jonathan Ernst, Reuters
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Le président américain, qui se dit guéri du Covid-19, a retrouvé ses habitudes de campagne en donnant un meeting lundi soir en Floride. Dans cet État-clé, ses partisans se soucient davantage de l'ouverture de l'économie que des risques sanitaires liés au virus. Reportage.

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Une heure de meeting, une foule en délire et un candidat en "grande forme" : Donald Trump a fait son grand retour sur le terrain, lundi 12 octobre. Le président républicain a choisi la Floride, un État-clé où les sondages sont serrés, pour revenir courtiser son électorat, dix jours après avoir été testé positif au Covid-19. Selon son médecin, qui lui a fait passer plusieurs "tests rapides", il est désormais négatif et n'est plus contagieux.

"Ils disent que je suis immunisé", s'est vanté Donald Trump sur scène à Sanford, près d'Orlando. "Je me sens si fort. Je pourrais entrer dans la foule, embrasser tout le monde dans le public, les hommes et les belles femmes, avec des bisous bien baveux", a-t-il plaisanté. À l'inverse, il s'est moqué de la forme physique et mentale de Joe Biden, rappelant la gaffe du démocrate, qui s'est dit lundi candidat "au Sénat". "Quand vous êtes président, vous ne pouvez pas vous enfermer dans la cave. C'est risqué mais il faut sortir", a ajouté Donald Trump, en référence aux quelques mois de campagne à distance de son rival.

Après un show fidèle à ses habitudes, les partisans du milliardaire sont conquis. "Il a l'air en forme. Sa voix était super. Il a beaucoup d'énergie : c'est le président le plus énergique qu'on ait jamais eu et il n'ira nulle part. Le coronavirus ne peut pas arrêter Donald Trump. Les démocrates non plus", avance Mike, un entrepreneur basé à Orlando.

Le masque, un "hoax"

Steve, un ex-employé des services postaux qui vient de prendre sa retraite, dit n'être "pas inquiet du tout" à propos de la pandémie. "Je ne porte pas de masque, je ne crois pas que ça soit efficace, c'est un hoax [une blague, NDLR], à mon avis. On ne porte pas de masque pour échapper à la grippe. Or ce virus est moins mortel que la grippe [c'est faux, NDLR]. Les gens meurent davantage en écrivant des textos lorsqu'ils conduisent." Pour ce supporter de la première heure, Donald Trump n'a rien à se reprocher par rapport à la crise sanitaire : "Le Covid-19 vient de la Chine, je pense qu'il a été introduit ici volontairement. Et je ne serais pas étonné que les démocrates aient quelque chose à voir avec ça", lance-t-il.

Patrick, un assureur de 27 ans, porte un t-shirt au logo moqueur : "Je préfèrerais avoir le Covid-19 que le Biden-2020", peut-on lire. "Joe Biden, c'est pour quatre ans. Tandis que le virus, je peux l'attraper et continuer à vivre ensuite. Ça n'est pas une menace aussi grande que ce que certains veulent nous faire croire. Je suis jeune, je suis en bonne santé. Si je l'attrape, je peux m'en débarrasser et ensuite revenir à ma vie. Si Biden est élu, nous allons être enfermés pour trois mois supplémentaires et forcés à suivre toutes ces ridicules règles qui nous éloignent les uns des autres. Nous devons être unis, pas séparés de deux mètres de distance avec un masque."

Ce fameux masque, que très peu de partisans portaient lundi soir, revient décidément souvent sur le tapis. "La presse ici porte le masque et ça n'est pas un problème", a lancé l'élu républicain Matt Gaetz avant que Donald Trump ne monte sur scène. "Mais faites-nous plaisir, a-t-il continué en regardant la tribune des journalistes, enlevez-les quand on aura gagné pour qu'on puisse voir vos têtes !"

"Pas sa faute"

"Le remède ne peut pas être pire que la maladie", a quant à lui répété Donald Trump. Le président américain a plaidé des mois durant pour une réouverture de l'économie, malgré les risques sanitaires. Jill, une femme de ménage de 41 ans, explique que la réduction de l'activité a affecté ses finances. "J'avais des clients qui me suppliaient de revenir avant même que l'économie de Floride soit rouverte", se souvient-elle. Selon elle, le président "a fait un bon travail, il a stoppé les liaisons aériennes avec la Chine très rapidement. Cette pandémie, ça n'est pas sa faute, personne n'a jamais eu à gérer un tel problème auparavant. Tout ce qu'il fait, c'est pour nous."

Selon le site RealClearPolitics, Donald Trump est distancé de plus de dix points dans les sondages nationaux par Joe Biden. En Floride, le démocrate a une moyenne de 3,7 points d'avance. Dans cet État qu'il a remporté en 2016, le républicain est délaissé par une partie des retraités qui condamnent sa gestion de la pandémie. Suzanne, une habitante de Winter Park, balaie ces chiffres d'un revers de la main. "Les sondages avaient tort lors de la précédente présidentielle. Je ne les crois pas. Je pense que Donald Trump va s'en sortir."  Et s'il perdait quand même ? "Alors notre pays sera dans un triste état", prédit cette Floridienne de 69 ans au masque "Make America Great Again". Elle assure qu'elle acceptera la défaite seulement "si elle est légitime".

Mike, l'entrepreneur d'Orlando, juge de son côté que "la seule manière pour que Donald Trump perde, c'est si les démocrates, ces rats, bourrent les urnes avec leurs bulletins par correspondance". Une méthode de vote vertement critiquée par le président depuis plusieurs semaines. "Mais Trump ne perdra pas", assure Mike, avant d'entonner fièrement, au milieu de la foule compacte cherchant sa route à l'issue du meeting, le chant de ralliement des pro-Trump : "USA ! USA ! USA !"

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