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"Un homme à la mer!": Cammas et ses acolytes se préparent au pire avant le Trophée Jules Verne

Le skipper français Charles Caudrelier (à droite) et les membres de l'équipage du Gitana team du multicoque "Maxi Edmond de Rothschild" participent à un entraînement de survie avant de tenter de battre le record du trophée Jules Verne, en multicoque autour du monde en équipage, à Lorient, le 9 octobre 2020.
Le skipper français Charles Caudrelier (à droite) et les membres de l'équipage du Gitana team du multicoque "Maxi Edmond de Rothschild" participent à un entraînement de survie avant de tenter de battre le record du trophée Jules Verne, en multicoque autour du monde en équipage, à Lorient, le 9 octobre 2020. Fred TANNEAU AFP
5 mn
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Lorient (AFP)

Sans respirer et surtout sans paniquer, Franck Cammas, Charles Caudrelier et leurs équipiers tentent de s'extraire d'une cabine retournée et immergée au fond de l'eau. Ceci est un exercice: les marins participent à un stage de survie avant le tour du monde en mode record, le Trophée Jules Verne.

Détendus mais pas trop, les hommes du Maxi Edmond de Rothschild, un trimaran géant dernière génération capable de "voler" grâce à ses foils, enfilent leurs combinaisons jaunes et se placent au bord d'un bassin circulaire géant, où le pire les attend.

"Surtout, ne vous débattez pas. Posez les mains sur la tête et ce sera le signe pour qu'on intervienne", lance aux sept marins l'instructeur Jean-Claude Guenneguez, du Centre d'Etude et de pratique de la Survie (CEPS).

Cammas, Caudrelier, Yann Riou, Erwan Israël, Morgan Lagravière, David Boileau et Yann Eliès doivent traverser sous l'eau un trampoline - filet situé entre les flotteurs et la coque centrale. Un exercice qui se fait en apnée, soit durant un peu moins de 10 secondes sans respirer.

"On se projette tout de suite en cas de retournement sous le filet du bateau et on se dit que... Bah on n'a pas beaucoup de temps pour trouver la sortie", souligne Eliès. "Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas chavirer, c'est l'idéal!".

- "Complètement déstabilisant" -

Ils chahutent, l'eau est à 25 degrés dans ce hangar situé près de la Base des sous-marins à Lorient, bien loin des eaux froides et des éléments violents qu'ils affronteront lors de leur quête du Trophée Jules-Verne.

Puis vient le moment de monter dans une cabine qui va descendre au fond de l'eau avant un retournement à 180 degrés dont il va falloir s'extraire. Ils auront même les pieds attachés et un masque pour leur bander les yeux.

"On fait moins les malins", glisse Lagravière à ses compères dans le silence ambiant.

"Tu sais que c'est complètement déstabilisant", relève Caudrelier.

"Effectivement... D'avoir la tête à l'envers, avec les mouvements d'air.. Ça permet de prendre un peu la mesure du problème dans le noir si on a besoin de se déplacer dans le bateau sous l'eau", explique le skipper, qui a déjà trois tours du monde à son actif.

Pour le vainqueur de la dernière édition de la Volvo Ocean Race (course autour du monde en équipage avec escale), ce genre de stage auquel il n'avait encore jamais pris part, permet d'avoir de bons réflexes en situation de crise pour ne pas prendre "des décisions stupides".

- "Stress ultime" -

Outre les cas d'hommes entravés, tête à l'envers, les navigateurs ont appris à gérer un incendie à bord durant les trois jours de ce stage mais surtout celui d'un équipier tombé à l'eau.

"Ce qui nous fait le plus peur, c'est l'homme à la mer, c'est la difficulté et le stress ultime, il faut le retrouver et réussir à le remonter à bord et ce n'est pas simple", dit Caudrelier.

Pour Cammas, qui rappelle que l'avantage avec les multicoques c'est qu'ils ne coulent pas, l'un des plus gros dangers est l'homme à la mer.

"On voit qu'avec nos bateaux qui vont très très vite, à partir du moment où on tombe dans l'eau, la chance de survie et la chance de récupération de l'homme à la mer est tout de suite assez réduite. Donc du coup, les risques on les visualise mieux après un stage comme ça", commente Cammas, fort de ses deux tours du monde et trois chavirages.

"Le vrai risque c'est toujours le chavirage sur nos bateaux, contrairement aux monocoques... Et le chavirage évidemment ça implique toutes ces choses-là, c'est-à-dire qu'on est dans un mode de survie où il va falloir gérer le temps, gérer un secours qui peut arriver en 3 heures comme arriver une semaine après", indique Cammas, qui a détenu le Trophée Jules Verne en 2010 avec un tour du monde record en 48 jours.

Maintenant parés à tout, les skippers seront en stand-by dès le 1er novembre pour aller chercher les 40 jours de Francis Joyon et ses 5 hommes (Idec Sport) établis en 2017.

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