Covid-19: des couvre-feux marqueraient l'"échec" de l'exécutif, jugent EELV et le PCF

Paris (AFP) –

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Mettre en place des couvre-feux dans les grandes métropoles les plus touchées par le regain d'épidémie de Covid-19 entérinerait l'"échec" de l'exécutif à l'endiguer, ont estimé mercredi les patrons d'EELV Julien Bayou et du PCF Fabien Roussel.

Emmanuel Macron pourrait annoncer mercredi à 19H55, dans un entretien sur TF1 et France 2, des couvre-feux qui devraient surtout toucher les grandes villes où l'épidémie s'emballe.

"Le couvre-feu, ça signe finalement un échec", a estimé M. Bayou sur Public Sénat, en rappelant que la mission d'évaluation mandatée par Emmanuel Macron a pointé des "défauts manifestes d'anticipation, de préparation et de gestion" de la crise sanitaire.

Il s'est aussi interrogé sur les moyens de le "faire respecter" dans des villes de banlieue où les effectifs de policiers sont insuffisants.

"C'est pour ça que je demande de la cohérence, et qu'on commence par désengorger les transports en commun", qui ressemblent "parfois à des bétaillères à virus, des clusters roulants", a poursuivi le secrétaire national d'EELV, en réclamant "des navettes rapides directes aux heures de pointe", à l"image des "coronapistes" créées pour les vélos au moment du confinement.

Il a aussi réclamé plus de "lisibilité", "pour que les mesures soient acceptées".

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a également plaidé, sur BFMTV et RMC, pour plus de "cohérence" et de "transparence".

Pour lui aussi, "si ce soir il devait être annoncé un couvre-feu, ce serait un constat d'échec", alors que dans le même temps "nos hôpitaux sont toujours en manque de lits et de moyens humains" et que les Français continuent de "s'entasser dans les métros, les RER, les TER" pour aller travailler.

Ils sont selon lui "prêts à accepter encore beaucoup de choses" pour lutter contre le virus, mais "pourquoi n'a-t-on pas mis en place beaucoup plus le télétravail depuis la rentrée" notamment, ce qui aurait permis d'éviter "aujourd'hui des mesures coercitives".

Pour le député Ecologie, Démocratie et Solidarité Aurélien Taché, qui a souhaité sur Sud Radio que les entreprises soient contraintes d'appliquer le télétravail, il serait "très compliqué" de "faire respecter" des couvre-feux.

A droite, le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a estimé que dans un contexte de crise sanitaire, toute décision du gouvernement doit être "soutenue", mais les "décisions brutales qui risquent de devoir être prises sont la conséquence du manque de stratégie de ce gouvernement", a-t-il accusé.

Si le couvre-feu pourrait éventuellement permettre d'"éviter la propagation (du virus) dans certaines villes très denses", il faudrait en tout état de cause "être extrêmement rigoureux et surtout être juste", a-t-il précisé.