Euroligue: début de saison cauchemar, l'Asvel en état d'alerte

Lyon (AFP) –

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Multiples cas de Covid-19, résultats décevants, recettes financières en berne: l'Asvel-Lyon-Villeurbanne, qui a dû renoncer mardi à affronter le club grec du Panathinaïkos pour la 3e journée d'Euroligue, est confrontée à un début de saison très compliqué.

L'équipe rhodanienne, qui compte huit cas positifs au coronavirus dans l'effectif, a été dans l'incapacité de présenter le minimum requis de joueurs pour le match prévu à l'Astroballe.

L'Euroligue doit statuer sur le résultat de cette rencontre, que l'Asvel devrait perdre par forfait sur le score de 20-0 comme le stipule le règlement sanitaire de l'instance.

Et la tenue du match jeudi contre l'Etoile rouge de Belgrade est aussi très incertaine, voire improbable.

"De nouveaux tests seront réalisés dans les plus brefs délais afin de déterminer si, oui ou non, l'Asvel sera en mesure de jouer", indique un communiqué du club, engagé pour la deuxième année d'affilée dans la compétition phare des clubs européens avec l'objectif d'y décrocher une licence permanente.

- Huit joueurs positifs -

Samedi, l'Asvel qui avait déjà dû se passer, durant quatre rencontres, de Guerschon Yabusele, touché par la Covid-19, avait annoncé que deux joueurs (Kevarrius Hayes et Matthew Strazel), ainsi que l'entraîneur-chef TJ Parker, étaient testés positifs.

Le cas de l'Américain Norris Cole s'est ajouté dimanche. Inscrit sur la feuille de match à Cholet (victoire 82-73), il a disputé les quarante premières secondes de la partie, provoquant l'ire du maire de la ville, Gilles Bourdouleix, qui veut porter plainte contre l'Asvel et la Ligue pour mise en danger de la vie d'autrui.

Les résultats étaient arrivés pendant l'échauffement et comme le joueur était inscrit dans le cinq de départ, l'entraîneur-assistant Frédéric Fauthoux a assuré qu'il n'avait pas d'autre choix que de l'aligner, au risque d'écorner l'image du club.

D'autant que l'Asvel a encore enregistré quatre nouveaux cas mardi matin, deux joueurs et deux membres du staff, après les tests PCR passés lundi. Puis deux autres joueurs ont déclaré des "symptômes fiévreux" mardi après-midi, provoquant l'annulation du match contre le Pana.

- Des résultats sportifs décevants -

Mais le Covid-19 n'est pas l'unique souci des dirigeants qui déplorent des résultats décevants.

Outre l'Euroligue où l'Asvel est classée 16e sur 18 après deux défaites d'entrée contre Valence (65-63) et Milan (87-73), l'équipe est également à la peine en championnat (8e) avec deux victoires (Châlons-Reims, Cholet) pour deux défaites (Dijon, Bourg).

Le recrutement cinq étoiles des Rhodaniens leur conférait pourtant le statut de grand favori pour gagner le titre national.

"En termes de qualité et de noms sur le papier, c'est très fort. On ne peut pas se cacher", avait estimé le capitaine Charles Kahudi avant de débuter la saison.

Les finances sont un autre motif d'inquiétude en raison de la jauge abaissée à 1.000 spectateurs par match, imposée dans la Métropole de Lyon sur arrêté préfectoral pour cause de coronavirus.

Le club a annoncé un budget prévisionnel de 11,5 millions d'euros en tablant sur une assistance de 3.600 personnes à l'Astroballe, sa salle qui pouvait en accueillir 5.600 selon le protocole en vigueur en début de saison, abandonné depuis le durcissement des mesures sanitaires ces dernières semaines.

En conséquence, la campagne d'abonnements a été suspendue.

"La billetterie représente 20% de notre budget. Nous perdrons un million d'euros si cette jauge est maintenue jusqu'aux play-offs et 1,5 million si elle les concerne. Cette jauge casse tout notre modèle", s'était plaint en septembre le président délégué, Gaëtan Müller, auprès du quotidien Le Progrès.

Un véritable cauchemar que vit aussi l'Asvel féminin, également touché par le Covid-19 et qui n'a toujours pas pu débuter sa saison.