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Tunisie : manifestation violente après la mort d'un homme dans la destruction d'un commerce

Des manifestants sont descendus dans les rues de la ville de Sbeitla, en Tunisie, le 13 octobre 2020, après la mort d'un homme tué lors de la démolition, par les autorités, d'un kiosque illégal dans lequel il dormait.
Des manifestants sont descendus dans les rues de la ville de Sbeitla, en Tunisie, le 13 octobre 2020, après la mort d'un homme tué lors de la démolition, par les autorités, d'un kiosque illégal dans lequel il dormait. © Mohamed Zarrouki, AFP
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Vidéo par : Hanane SAÏDANI
5 mn

Des heurts ont éclaté, mardi, lors d'une manifestation à Sbeitla, dans le centre de la Tunisie. Des violences déclenchées après qu'un homme a été tué pendant la destruction, par les autorités, d'un kiosque à journaux dans lequel il dormait. Le chef de la police municipale a été arrêté.

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La justice tunisienne a annoncé, mercredi 14 octobre, l'arrestation du chef de la police municipale à Sbeitla à la suite des troubles dans cette ville du centre-ouest défavorisé de la Tunisie, après la mort d'un homme lors de la démolition d'un kiosque.

Au lendemain d'une journée marquée par des mouvements de colère, la situation était calme à la mi-journée à Sbeitla, où les forces de sécurité étaient déployées quasiment à tous les ronds points, selon un correspondant de l'AFP.

Mardi, vers 3 heures du matin, les autorités locales ont appliqué une décision de destruction d'un point de vente de journaux et de tabac illégal, dans un quartier de Sbeitla, dans la région marginalisée de Kasserine, ont indiqué des sources sécuritaires à l'AFP.

Abderrazek Khachnaoui, le père du propriétaire de ce petit commerce, dormait dans la construction de fortune. Il est décédé lors de l'opération, ont confirmé des sources sécuritaires et le fils de la victime, Oussama.

"Les agents de la municipalité ont procédé à la destruction sans vérifier s'il y avait quelqu'un à l'intérieur", a-t-il déploré à l'AFP.

Routes fermées et voiture incendiée

"Mon père (...) est mort sur le coup. Des agents de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène sur ma famille qui avait tenté de s'approcher" du kiosque, a ajouté Abderrazek Khachnaoui.

Ce décès a provoqué la colère de dizaines d'habitants, qui ont fermé des routes de la ville et incendié une voiture de la municipalité tôt mardi, ont indiqué des témoins à un correspondant de l'AFP.

"Est-ce que l'enquête donnera quelque chose? Il y a déjà eu beaucoup d'affaires comme celle-ci en Tunisie", a lancé un habitant, Anis Ouled Ben Jama. "Des gens meurent dans ces conditions mais après il n'y a rien. On retrouve le dossier fermé."

Les protestataires ont jeté des pierres et des objets sur les forces sécuritaires, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Hayouni.

"Par précaution", des unités militaires et sécuritaires ont été déployées pour protéger les institutions sensibles de Sbeitla, a ajouté Mohamed Zekri, porte-parole du ministère de la Défense.

Dans un communiqué, la présidence du gouvernement a apporté son soutien à la famille de la victime et annoncé l'ouverture d'une enquête.

Des représentants de l'État renvoyés 

Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, a limogé le préfet et le sous-préfet de la région, ainsi que le chef du district sécuritaire et le chef du poste de police municipale de Sbeitla, ajoute le communiqué.

Hichem Mechini a demandé au ministre de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, qui s'est rendu dans le chef-lieu de la région, Kasserine, d'"offrir un encadrement matériel et moral à la famille de la victime", selon la même source.

Sbeitla, située à 30 kilomètres de Kasserine, fait partie des villes de l'intérieur tunisien défavorisé où les mouvements de protestations sont récurrents pour réclamer travail et investissements.

Le commerce informel, comme la vente de journaux ou de pain, permet à de nombreux jeunes de gagner de quoi aider leur famille.

Alors que la situation économique était déjà difficile en Tunisie, les restrictions pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus ont un impact social dévastateur.

Le taux de chômage, qui a grimpé à 18 % et pourrait dépasser les 21 % d'ici la fin de l'année selon le gouvernement, est nettement plus élevé dans les régions intérieures.

Avec AFP

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