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Reporters

Le Burkina Faso face au péril jihadiste

Distribution d’aide alimentaire à Pissila, dans la région du Centre-Nord, au Burkina Faso.
Distribution d’aide alimentaire à Pissila, dans la région du Centre-Nord, au Burkina Faso. © Kalidou Sy / France 24

En Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso fait figure de maillon faible dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Dans le nord du pays, en proie à des attaques incessantes, des provinces entières sont menacées. Et une crise humanitaire sans précédent est en cours, alors que le Covid-19 commence seulement à se propager. Nos reporters Jonathan Walsh et Kalidou Sy se sont rendus sur place.

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Rien ne semble arrêter l’expansion galopante des groupes jihadistes dans le nord du Burkina Faso. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) essuient régulièrement de lourdes pertes face aux attaques de l’organisation État islamique et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), qui a prêté allégeance à Al-Qaïda. Avec l'armée burkinabè, les soldats français de la force Barkhane ont récemment mené plusieurs opérations importantes dans cette zone, frontalière du Mali et du Niger. Sans pour autant remporter de victoire décisive.

Prise entre deux feux, la population fuit en masse et le flot des déplacés grossit de manière exponentielle. Ils sont près de 850 000 aujourd’hui, d’après l’ONU, soit dix fois plus qu’il y a un an à peine. Nous avons pu nous rendre dans la ville de Dori, au nord-est, près de la frontière avec le Niger. Sur place, nous avons recueilli les témoignages des déplacés qui arrivent quotidiennement, et qui ont souvent perdu des proches dans les violences. Ils sont hébergés par la population locale, qui affiche fièrement son hospitalité inconditionnelle. Une attitude qui a valeur de symbole, alors que des violences intercommunautaires provoquent régulièrement des bains de sang.

Premiers cas de coronavirus

Dans la région du Sahel, les écoles sont également prises pour cibles par les jihadistes. En particulier les établissements francophones, accusés de propager la culture occidentale. De nombreux enseignants ont été assassinés, comme nous l’explique le directeur d’une école de Dori, qui accueille des centaines d’enfants déplacés. Il organise régulièrement des exercices de mise en sécurité pour inculquer les bons réflexes aux élèves en cas d’attaque.

Les écoles sont régulièrement prises pour cible par les jihadistes.
Les écoles sont régulièrement prises pour cible par les jihadistes. © Kalidou Sy / France 24

Un responsable local de l’Unicef nous explique que toutes les écoles de la ville sont saturées en raison de l’afflux permanent de déplacés (60 % d’entre eux ont moins de 18 ans). L’agence onusienne finance et coordonne une part importante de l’accueil d’urgence.

A 160 kilomètres plus au sud, nous avons aussi visité un camp de déplacés à Pissila, où des milliers de personnes sont prises en charge. Cette localité est située dans la région du Centre-Nord, celle qui accueille le plus grand nombre de déplacés au Burkina Faso. Les premiers cas de coronavirus ont été signalés dans cette partie du pays. Et même si leur nombre est pour l’instant limité, la propagation est en marche. Avec le risque de voir le Covid-19 se répandre au sein d’une population déjà très fragilisée.

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