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Avoir ses règles à Madagascar : un tabou qui freine l'émancipation des femmes

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Reporters © FRANCE 24

Pour les femmes de Madagascar, la période des règles est maudite. Avoir accès à des toilettes, de l’eau claire ou encore des protections hygiéniques jetables est un luxe dont elles sont pour la très grande majorité privées. Nos reporters ont enquêté sur l’île, où entre la pénurie d’infrastructures de base, le manque d’accès aux biens de première nécessité mais aussi les croyances, tabous et humiliations, l’hygiène menstruelle est un combat pour des millions de femmes. Avec de graves conséquences sur leur émancipation, leur éducation et leur santé.

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Au cours de ce reportage, nous avons parcouru l’île de Madagascar, à la rencontre de femmes vulnérables qui n’ont ni eau, ni protections hygiéniques dignes de ce nom. Pour elles, la période des règles représente un immense frein à leur émancipation. Chaque mois, pendant cette période, elles travaillent moins que d'habitude et doivent se soucier de trouver comment se laver plusieurs fois par jour, tout en étant ralenties par la douleur.

Sur l’île, le chômage est massif et les femmes sont souvent dépendantes de leur mari financièrement, ce qui complique un peu plus leur situation. Nous avons rencontré des jeunes filles obligées d'emprunter de l'argent pour pouvoir s’acheter une simple serviette hygiénique... D’autres se cotisent pour que les plus vulnérables puissent s’acheter des protections.

Manque d'information

La quasi-totalité des femmes que nous avons rencontrées utilisent du tissu en guise de serviette hygiénique - une sorte de carré acheté en friperie, souvent très usé. L'exposer au soleil pour le sécher est honteux en milieu rural… Les femmes préfèrent le cacher et n'abordent pas le sujet, même entre elles.

Amarante Norolalao Ranerason, militante pour les droits des femmes, nous explique qu’outre le manque d’accès aux infrastructures de base et aux biens de première nécessité, c'est le manque d'information autour des règles qui pénalise le plus les femmes. En témoigne l'histoire de cette jeune fille giflée par son père au moment de ses premières règles, car il croyait qu'elle avait eu un rapport sexuel et que c'était la raison pour laquelle elle saignait...

Cette militante explique que pour les femmes de Madagascar, avoir ses règles est, cycle après cycle, une période génératrice d’anxiété, d'exclusion sociale, nourrie de tabous et d’idées fausses. Une double peine pour les femmes de l'île.

>> A voir aussi, notre émission ActuElles : "Menstruations, la fin progressive d’un tabou"

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