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Guinée : Emmanuel Macron juge la situation "grave" après la réélection d'Alpha Condé

Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017, lors d'une conférence de presse à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017, lors d'une conférence de presse à Ouagadougou, au Burkina Faso. © AFP / Ludovic Marin
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Dans un entretien publié vendredi par l'hebdomadaire Jeune Afrique, le président Emmanuel Macron reproche à son homologue guinéen, Alpha Condé, d'avoir fait réformer la Constitution dans le seul but de se maintenir au pouvoir. Il passe également en revue d'autres dossiers africains, notamment celui de la récente présidentielle en Côte d'Ivoire.

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Trois ans après avoir dessiné à Ouagadougou sa politique africaine, le président français Emmanuel Macron a accordé un long entretien à Jeune Afrique, dans lequel il dresse le bilan de son action et réagit notamment aux récentes réélections de deux présidents africains, le Guinéen Alpha Condé et l'Ivoirien Alassane Ouattara.

"Je pense que la situation est grave en Guinée pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour son avancée", déclare le chef de l'État, en regrettant qu'Alpha Condé ait "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir". Âgé de 82 ans, il a été réélu au premier tour le 18 octobre avec 59,50 % des suffrages, mais l'opposition a dénoncé des irrégularités de toutes sortes après une campagne troublée.

"Le président Condé a une carrière d'opposant qui aurait justifié qu'il organise de lui-même une bonne alternance. Et d'évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C'est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations", assène Emmanuel Macron.

Et le président d'ajouter : "J'ai eu plusieurs fois des discussions avec le président Alpha Condé – des discussions très franches, y compris le 15 août 2019, quand il était en France."

Le devoir d'Alassane Ouattara

Interrogé sur cette présidentielle et celle de Côte d'Ivoire, également controversée, Emmanuel Macron souligne que "la France n'a pas à donner de leçons". "Notre rôle, c'est d'en appeler à l'intérêt et à la force qu'a le modèle démocratique dans un continent de plus en plus jeune", explique-t-il.

Le président français déclare "penser vraiment" qu'Alassane Ouattara, 78 ans, "s'est présenté par devoir" à la présidentielle du 31 octobre alors qu'il ne le "voulait pas". Pour rappel, la crise électorale a fait 85 morts en trois mois.

"Il appartiendra au président Ouattara de définir les termes d'une vie politique pacifiée. Il devra sans doute faire des gestes d'ouverture dans la composition du prochain gouvernement, ainsi qu'à l'égard des jeunes générations des partis politiques", estime Emmanuel Macron. "Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 35 ans, il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans", selon lui.

Le chef de l'État estime par ailleurs que l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui a appelé à "œuvrer" au départ d'Alassane Ouattara, "n'a pas à créer le désordre". "Je crois qu'il n'est plus en France pour en parler. Nous ne souhaitons pas qu'il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français", ajoute-t-il.

Pendant l'entrevue qui a duré plus d'une heure, le président aborde la lutte anti-terroriste dans le Sahel, la première année au pouvoir de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, qu'il juge "courageux" au vu du projet de transformation lancé en Algérie, le conflit au Sahara occidental, ses relations avec le président du Rwanda, Paul Kagame, qu'il salue pour avoir "beaucoup pacifié le discours politique rwandais à l'égard de la France ces dernières années", ou la question de la colonisation en Afrique.

Avec AFP et Reuters

 

 

   

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