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Présidentielle en Ouganda : l'opposant Bobi Wine inculpé et relâché

Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, lors d'une conférence de presse chez lui à Kampala, en Ouganda, le 24 juillet 2019.
Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, lors d'une conférence de presse chez lui à Kampala, en Ouganda, le 24 juillet 2019. © James Akena, Reuters
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Le principal adversaire du président Yoweri Museveni à l'élection présidentielle en Ouganda, Bobi Wine, a été inculpé vendredi d'"actes susceptibles de propager une maladie infectieuse", avant d'être relâché. Son arrestation avait provoqué des violences qui ont fait 37 morts, selon le dernier bilan.

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Un signe d'apaisement en Ouganda ? Le chanteur et candidat à la présidentielle ougandaise Bobi Wine a été inculpé, vendredi 20 novembre, d'"actes susceptibles de propager une maladie infectieuse" et infractions aux "règles sur le Covid-19", selon l'acte d'accusation. Après avoir été inculpé, l'opposant a été relâché, selon les services judiciaires, deux jours après avoir été arrêté pour avoir enfreint les règles sanitaires lors d'un rassemblement électoral.

Cette énième arrestation de ce chanteur très populaire a déclenché des violences qui ont fait 37 morts depuis mercredi, selon la police. Des détonations continuaient d'être entendues jeudi soir à Kampala, selon un correspondant de l'AFP qui a vu, dans certains quartiers de la capitale, des pillards dérober les affaires d'automobilistes avant que la police n'intervienne en ouvrant le feu. La police tire "des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes" pour disperser "des émeutiers (qui) allument des feux dans les rues, dépouillent ceux qui circulent et s'attaquent à des magasins", a expliqué dans la soirée Moses Kafeero.

Des dizaines de blessés

Des habitants de Kampala ont raconté s'être fait voler téléphones portables, argent et sacs à main, après avoir été arrêtés à des barrages par des hommes masqués réclamant de l'argent, prétendument pour payer les frais d'avocats de Bobi Wine.

La campagne électorale bat son plein avant un scrutin présidentiel où le député d'opposition et star de la chanson de 38 ans sera le principal adversaire de Yoweri Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986. La Croix-Rouge avait indiqué tard mercredi avoir traité des dizaines de blessés, dont 11 par balles après plusieurs heures d'affrontements à Kampala entre policiers et jeunes manifestants fous de colère après avoir appris l'arrestation de leur champion.

Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, a été mercredi arrêté à Jinja où il faisait campagne, pour avoir, selon la police, violé les mesures de lutte contre le Covid-19 lors de ses rassemblements. Les heurts ont également touché cette ville ainsi que d'autres centres urbains du pays.

>> À lire aussi : Bobi Wine, le candidat de la jeunesse ougandaise

Jeudi, 33 personnes ont été déférés et inculpées pour "incitation à la violence contre la police" et placées en détention provisoire, à l'exception de deux mineurs, libérés sous caution, selon les services judiciaires. Deux candidats, Henry Tumukunde et Gregory Mugisha Muntu ont suspendu leur campagne électorale pour protester contre ce qu'ils ont qualifié de violence policière contre l'opposition.

Yoweri Museveni n'a pas commenté les manifestations, mais a posté jeudi matin le programme de sa journée de campagne électorale dans la région de Karamoja. Le quotidien gouvernemental New Vision a publié sur Twitter une vidéo montrant de très nombreux partisans du chef de l'État se rassemblant pour l'accueillir, sans respect des consignes sanitaires.

Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a rappelé jeudi "la nécessité de fournir aux gens un espace d'expression, que ce soit par des manifestations ou un processus démocratique". Il a appelé "les institutions étatiques, particulièrement les forces de sécurité à agir dans le respect des droits humains" et toutes les parties "à faire en sorte que les élections soient pacifiques".

Le régime du président Museveni a montré ces derniers mois de nombreux signes de nervosité à l'encontre de Bobi Wine, arrêté ou assigné à résidence à de nombreuses reprises depuis 2018.

 Avec AFP 

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