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Présidentielle au Burkina Faso : le gouvernement met en garde contre "toute dérive"

Un policier se tient devant des urnes dans un centre de la Céni à Ouagadougou, le 24 novembre 2020.
Un policier se tient devant des urnes dans un centre de la Céni à Ouagadougou, le 24 novembre 2020. © Issouf Sanogo, AFP
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Le gouvernement burkinabè a mis en garde, mardi, contre "toute dérive", après le double scrutin présidentiel et législatif de dimanche que l'opposition juge "émaillé de fraudes". De son côté, une mission de la Cédéao, avec des représentants de l'Union africaine et l'ONU, a rencontré des membres de l'opposition pour une "diplomatie préventive".

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Alors que l'opposition dénonce des "fraudes" lors des élections présidentielle et législatives de dimanche, le gouvernement du Burkina Faso "condamne avec fermeté toute dérive et prendra ses responsabilités pour rétablir l’ordre public", a averti, mardi 24 novembre, le ministre de la communication Remis Fulgance Dandjinou, faisant lecture d’un communiqué à la télévision nationale. 

"Le gouvernement invite l’ensemble des parties prenantes (au scrutin) à un strict respect des textes en vigueur, seul garant d’un aboutissement satisfaisant du processus qui a été défini et réalisé dans l’inclusivité et le consensus", a-t-il ajouté.

Élu en 2015, le président Roch Marc Christian Kaboré, qui brigue un second mandat, est favori face à 12 adversaires, dont Zéphirin Diabré, chef de file de l'opposition, et Eddie Komboïgo, candidat du parti de l'ex-président Blaise Compaoré, dont le régime tombé il y a six ans fait l'objet d'une nostalgie croissante

"Respect des résultats"

Lundi, alors que la commission électorale venait d’entamer la publication partielle des résultats, l'opposition burkinabè a estimé que le double scrutin était "émaillé de fraudes", menaçant de "ne pas accepter des résultats entachés d’irrégularités". L’opposition avait déjà affirmé, à la veille du scrutin, qu'une "fraude massive" était en préparation.

Parmi les griefs cités par l’opposition figurent la non-ouverture ou l’ouverture tardive de bureaux de votes, le transport non sécurisé des urnes, le manque de matériels ou de personnels ou encore la modification arbitraire de la cartographie des bureaux de vote.

Lors d’une conférence de presse mardi, les partis de la majorité présidentielle ont appelé au "respect des résultats" du scrutin, considérant que "les failles et insuffisances qui ont émaillé le déroulement du scrutin ne sauraient refléter une quelconque volonté de porter atteinte à la sincérité du scrutin". 

"Les insuffisances relevées, bien que regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative le résultat du scrutin", a affirmé le porte-parole de la majorité, Me Benewende Sankara. 

"Crise"

Une mission tripartite de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), des Nations unies et de l’Union africaine (UA), présente au Burkina pour observer le scrutin, a rencontré mardi des membres de l'opposition pour une "diplomatie préventive", selon un membre de la mission. "Il est certain qu’on tend vers une crise et les choses risquent d’aller crescendo", a indiqué une source à l'AFP.

La même mission a également rencontré les partis de la majorité présidentielle, a indiqué le président du mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir), Simon Compaoré, souhaitant que les différents acteurs "continuent à (se) parler" dans "le cadre du dialogue politique". 

Le clan présidentiel a promis, comme en 2015, une victoire au premier tour de ce scrutin considéré comme le plus ouvert de l'histoire du Burkina, pays très pauvre d'Afrique de l'Ouest qui a connu de multiples coups d'État depuis son indépendance. Une victoire dès le premier tour permettrait à Roch Marc Christian Kaboré d'éviter un second tour contre un candidat soutenu par l'ensemble de l'opposition.

Pour le moment, la Commission électorale n'a donné les résultats que d'environ 80 communes sur 366.

Avec AFP

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