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En Éthiopie, Abiy Ahmed ordonne l'offensive finale contre les autorités du Tigré

Des miliciens de la région d'Amhara, à Mai Kadra en Éthiopie, le 21 novembre 2020.
Des miliciens de la région d'Amhara, à Mai Kadra en Éthiopie, le 21 novembre 2020. © Eduardo Soteras, AFP
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Vidéo par : Eliott SAMUEL
8 mn

L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré, a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed. De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes.

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné à l'armée, jeudi 26 novembre, de lancer l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré à Mekele, capitale de cette région du Nord de l'Éthiopie.

L'armée a reçu l'ordre de "mener la (...) dernière phase" de l'opération lancée le 4 novembre contre les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), a indiqué Abiy Ahmed sur son compte Facebook.

"La période de 72 heures accordée à la clique criminelle du TPLF pour se rendre pacifiquement est désormais terminée et notre campagne de rétablissement de l'ordre est entrée dans sa phase finale", a-t-il par ailleurs écrit sur Twitter, promettant que "tout serait mis en œuvre pour que la ville de Mekele (...) ne subisse pas de graves dégâts" et "pour protéger les civils".

Un million de déplacés

L'ONU a fait part, jeudi, de son inquiétude quant aux pénuries "très critiques" dans la région du Tigré, où la population de 6 millions d’habitants reste isolée et sa capitale, menacée d’attaques par les forces éthiopiennes cherchant à arrêter les dirigeants régionaux.

Alors que le carburant et les liquidités s'épuisent, plus d'un million de personnes sont désormais déplacées et la nourriture pour près de 100 000 réfugiés d'Érythrée aura disparu dans une semaine, selon un rapport publié dans la nuit. Par ailleurs, plus de 600 000 personnes dépendant des rations alimentaires mensuelles ne les ont pas reçues ce mois-ci.

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"Interférences dans les affaires internes"

À l'orée de la quatrième semaine d'offensive militaire contre le TPLF, Abiy Ahmed fait face à des pressions croissantes de l'ONU et de plusieurs pays, inquiets des conséquences sur les civils d'un assaut sur Mekele et de possibles "crimes de guerre", ainsi que des risques que le conflit dégénère en affrontements communautaires dans un pays mosaïque de près de 80 peuples.

Mercredi, le Premier ministre éthiopien a fermement demandé à la communauté internationale de se garder de toute "interférence dans les affaires internes" de son pays. Le gouvernement fédéral avait également poliment décliné, lundi, l'offre de médiation de l'Union africaine (UA), dont le siège est à Addis Abeba. Il avait simplement indiqué qu'il recevrait "par respect" les anciens présidents mozambicain Joaquim Chissano, libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et sud-africain Kgalema Motlanthe, arrivés mercredi dans la capitale éthiopienne.

Jeudi, Human Rights Watch (HRW) a rappelé que "les lois de la guerre limitaient les attaques aux 'objectifs militaires'" et "imposaient aux parties l'obligation de différencier civils et combattants".

Le gouvernement fédéral a affirmé jeudi avoir commencé "la distribution de nourriture, médicaments, eau potable et denrées non alimentaires" aux civils déplacés "dans les zones du Tigré sous (son) contrôle" et promis "l'ouverture d'une voie d'accès humanitaire". Il se dit "déterminé à travailler avec les agences de l'ONU et autres organisations humanitaires" qui ont réclamé récemment de pouvoir accéder à la région.

Liaisons téléphoniques coupées

Reuters n'a pas été en mesure de joindre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) pour obtenir de commentaires de leur part. Il est pour l'heure impossible de vérifier les affirmations des deux camps, les liaisons téléphoniques et internet avec le Tigré étant coupées et l'accès à la région strictement contrôlé.

Le 4 novembre, le Premier ministre éthiopien a lancé une offensive pour reprendre le contrôle du Tigré, dont il accuse les forces d'avoir attaqué une base gouvernementale. Il a sommé, dimanche, les forces du TPLF, qui gouverne cette région du nord du pays, de déposer les armes avant mercredi soir, faute de quoi l'armée donnerait l'assaut à Mekele, son chef-lieu. Addis-Abeba a fait savoir lundi que la ville, qui compte 500 000 habitants, était totalement encerclée.

Avec AFP et Reuters

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