Centrafrique : la candidature de François Bozizé à la présidentielle invalidée

L'ancien président François Bozizé, à Bangui, en République centrafricaine, le 27 janvier 2020.
L'ancien président François Bozizé, à Bangui, en République centrafricaine, le 27 janvier 2020. © Florent Vergnes, AFP
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La Cour constitutionnelle de Centrafrique a invalidé jeudi la candidature de l'ex-président François Bozizé à l'élection présidentielle du 27 décembre. Cette décision a été prise en raison des accusations d'assassinats, enlèvements et tortures et les sanctions de l'ONU qui visent cet ancien chef d'État âgé de 74 ans. 

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La candidature à l'élection présidentielle en Centrafrique de l'ancien chef de l'État François Bozizé a été invalidée, jeudi 3 décembre, par la Cour constitutionnelle au motif qu'il faisait l'objet de poursuites notamment pour "assassinats", "tortures" et de sanctions de l'ONU. 

Le premier tour des élections présidentielle et législatives est prévu pour le 27 décembre et le président sortant, Faustin Archange Touadéra, qui brigue un second mandat, fait désormais figure d'archi-favori dans ce pays ravagé par sept années d'une sanglante guerre civile qui perdure.

Âgé de 74 ans, François Bozizé était le seul qui pouvait inquiéter sérieusement l'actuel président, selon les observateurs.

"Considérant que le candidat fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé contre lui le 31 mars 2014" devant la justice de son pays, notamment "pour assassinats, arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures", la Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de François Bozizé.

Des "sanctions" à l'encontre de François Bozizé

"Selon les termes" d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, "le candidat fait l'objet de sanctions, renouvelées le 28 juillet 2020" et "il déroge au critère de bonne moralité inscrit dans le Code électoral", poursuit la juridiction suprême dans sa décision.

En 2014, l'ONU a placé François Bozizé sous sanctions, faisant geler ses avoirs à l'étranger et l'interdisant de voyager, au motif qu'il avait "soutenu" depuis son exil des milices coupables, selon l'organisation, de "crimes de guerre et crimes contre l'Humanité". 

>> À voir aussi : Présidentielle en Centrafrique : à l'approche du scrutin, le vote des réfugiés pourrait exacerbé les tensions

La Cour a également invalidé trois autres candidats. Avec Faustin Archange Touadéra, il reste donc 18 candidats en lice pour un scrutin qui s'annonce sous haute tension.

Un putschiste récidiviste 

Nombre de Centrafricains mais aussi d'humanitaires et de diplomates redoutent que François Bozizé, déjà auteur de plusieurs tentatives de putsch depuis près de 40 ans, ne tente de reprendre le pouvoir par la force. 

Ancien général et ex-chef d'état-major porté au pouvoir par un coup d'État en 2003, François Bozizé a été renversé en mars 2013 par les rebelles de la Séléka, formée principalement de groupes musulmans du nord du pays.

François Bozizé est rentré à la fin de l'année dernière en République centrafricaine et s'était porté candidat en juillet, expliquant que son expérience était indispensable pour rétablir la paix dans le pays dont de vastes portions restent sous le contrôle de groupes armés.

Un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui par la justice centrafricaine, mais il n'a pas été inquiété depuis son retour d'exil.

Avec AFP et Reuters 

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