Accéder au contenu principal

Somalie : Donald Trump ordonne le retrait de la "majorité" des troupes américaines

Le président américain Donald Trump a ordonné le retrait de la "majorité" des troupes américaines de Somalie, a annoncé le Pentagone, le 4 décembre 2020.
Le président américain Donald Trump a ordonné le retrait de la "majorité" des troupes américaines de Somalie, a annoncé le Pentagone, le 4 décembre 2020. © Senior Airman Kristin Savage, AP
6 mn

L'essentiel du contingent américain en Somalie, qui compte environ 700 hommes, va se retirer, a fait savoir vendredi le Pentagone. Une décision permettant au président sortant de tenir sa promesse de "mettre un terme aux guerres sans fin" avant son départ du pouvoir.

Publicité

Après l'Irak et l'Afghanistan, Donald Trump a "ordonné" le retrait de la "majorité" des troupes américaines de Somalie "d'ici début 2021", soit juste avant son propre départ du pouvoir, afin de tenir sa promesse de "mettre un terme aux guerres sans fin", a annoncé le Pentagone, vendredi 4 décembre, dans un commuiqué.

"Une partie des forces pourront être redéployées en dehors de l'Afrique de l'Est. Toutefois, le reste des forces seront repositionnées de Somalie vers les pays voisins afin de permettre des opérations transfrontalières par les États-Unis et les forces partenaires, pour maintenir la pression sur les organisations extrémistes violentes", a-t-il ajouté.

Quelque 700 soldats des forces spéciales américaines forment et conseillent l'armée somalienne dans ce pays pauvre de la Corne de l'Afrique ravagé par les conflits face aux terroristes Shebab, affiliés à Al-Qaïda.

"Les États-Unis ne se retirent pas ni se désengagent d'Afrique", a assuré le Pentagone. "Nous continuerons d'affaiblir les organisations extrémistes violentes susceptibles de menacer notre territoire", a-t-il ajouté, promettant de "conserver la capacité de mener des opérations contreterroristes ciblées en Somalie".

Washington s'engage aussi à poursuivre ses activités de renseignement sur place.

Joe Biden également favorable à la fin des "guerres éternelles"

Avec cette annonce, Donald Trump continue ainsi d'afficher un certain désengagement de l'US Army de ses principaux théâtres d'opérations extérieures, fidèle à son engagement de "mettre un terme aux guerres sans fin" de l'Amérique, à l'unisson avec une bonne partie de l'opinion.

Depuis la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle de novembre, le milliardaire républicain tente d'accélérer le retrait de plusieurs pays, notamment d'Afghanistan et d'Irak, avant la passation du pouvoir du 20 janvier.

Il n'entend laisser à son successeur que 2 500 soldats dans chacun de ces deux pays. Le futur président a lui aussi fait savoir qu'il était favorable à la fin des "guerres éternelles", et pourrait donc confirmer ces retraits pour ne maintenir sur place que de petites unités de forces spéciales chargées d'opérations contreterroristes.

"Une bonne décision"

En Somalie, le redéploiement annoncé "est une bonne décision", qui "semble permettre de passer d'un vaste effort visant à combattre au nom du gouvernement somalien contre les Shebab à une mission plus ciblée de contreterrorisme", a estimé le cercle de réflexion proche de la gauche, Defense Priorities.

Les interventions militaires américaines en Somalie depuis plusieurs années "montrent que rester jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun terroriste potentiel sur le terrain signifierait ne jamais partir", a-t-elle ajouté.

Les Shebab restent une menace importante, comme l'a encore affirmé l'inspecteur général du Pentagone dans un très récent rapport. Le groupe "continue à s'adapter, à résister, et reste capable d'attaquer les intérêts occidentaux et leurs partenaires en Somalie et en Afrique de l'Est", a-t-il noté.

Le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, avait lui-même reconnu, mercredi, que les Shebab demeuraient "une menace" devant être "surveillée". 

Il avait expliqué que les États-Unis recherchaient le meilleur équilibre pour minimiser les risques en termes humains et financiers, tout en menant des "opérations contreterroristes" efficaces. "Mais aucune de ces opérations est sans risque", avait-il prévenu, rappelant le décès, en novembre, d'un agent de la CIA en Somalie.

Fin novembre, juste après ce décès, le ministre américain de la Défense par intérim, Chris Miller, s'était rendu dans ce pays pour passer la fête de Thanksgiving avec ses troupes, alors que la décision d'un retrait était déjà attendue.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.