En Éthiopie, un premier convoi d'aide humanitaire arrive au Tigré

En Éthiopie, un premier convoi d'aide humanitaire arrive au Tigré le 12 décembre 2020.
En Éthiopie, un premier convoi d'aide humanitaire arrive au Tigré le 12 décembre 2020. © Capture d'écran France 24

Pour la première fois depuis le début des combats, un convoi d'aide humanitaire internationale est arrivé à Mekele, la capitale du Tigré, au nord de l'Éthiopie, a annoncé samedi le Comité international de la Croix-Rouge. 

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Un convoi d'aide internationale est arrivé, samedi 12 décembre, à Mekele, capitale du Tigré, une première depuis le lancement d'une opération de l'armée éthiopienne il y a plus d'un mois. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé cette opération le 4 novembre pour chasser les dirigeants de la région, issus du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), après des mois de tensions. Il avait également annoncé le 28 novembre la prise de Mekele et la fin des combats.

La communauté internationale réclame un accès au Tigré, coupé du monde depuis le début de l'opération, pour y acheminer de l'aide. Avant même le début du conflit, 600 000 habitants, dont 96 000 réfugiés érythréens, étaient totalement dépendants de l'aide alimentaire. Un convoi de sept camions de la Croix-Rouge est arrivé samedi à Mekele, a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"C'est la première fois depuis que les affrontements ont éclaté dans le Tigré il y a plus d'un mois qu'une aide internationale parvient à Mekele", a relevé le CICR, précisant que le convoi, auquel s'est jointe la Croix-Rouge éthiopienne, avait été organisé en coordination avec les autorités éthiopiennes.

Des secours médicaux

Le convoi transportait des médicaments et du matériel médical pour soigner plus de 400 blessés, ainsi que des articles pour le traitement de maladies courantes et chroniques. Ces secours sont destinés à l'hôpital Ayder, principal hôpital de Mekele, au Bureau régional de la Santé et à la pharmacie de la Croix-Rouge éthiopienne dans la ville.

"Après des semaines sans réapprovisionnement, sans eau courante et sans électricité, les médecins et le personnel infirmier ont été contraints de faire des choix impossibles entre les services à maintenir et ceux à supprimer", a indiqué Patrick Youssef, directeur régional du CICR pour l'Afrique.

"Ce convoi de secours médicaux permettra de regarnir les stocks, d'aider les patients et de réduire le nombre de décisions difficiles de vie ou de mort", a-t-il souligné. Le ministère éthiopien de la Santé a lui aussi distribué des médicaments et du matériel médical aux structures de santé de la capitale samedi, selon le CICR.

>> À lire aussi : Conflit en Éthiopie : "L’intention d'Abiy Ahmed n'est pas de mettre le Tigré à feu et à sang"

Près de 50 000 habitants du Tigré ont fui au Soudan voisin et un nombre indéterminé ont été déplacés à l'intérieur de l'Éthiopie. Le 2 décembre, l'ONU s'était félicitée d'avoir obtenu du gouvernement éthiopien un accès humanitaire sans restriction au Tigré, mais n'a pas encore été en mesure de l'appliquer, Addis Abeba insistant sur sa volonté d'être le chef d'orchestre de l'acheminement de l'aide humanitaire dans la région.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a annoncé, mercredi soir, un nouvel accord, "pour des missions d'évaluation conjointes", exigeant que l'aide soit distribuée au Tigré "sans aucune forme de discrimination".

Inquiétude pour le sort des réfugiés

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué, vendredi soir, ne toujours pas avoir accès aux quatre camps de réfugiés érythréens au Tigré. Son chef, Filippo Grandi, a fait état "d'un grand nombre d'informations alarmantes" sur des réfugiés tués ou enlevés et renvoyés de force en Érythrée voisine.

"Si elles sont confirmées, ces actions constitueraient une violation majeure des droits de l'Homme", a prévenu Filippo Grandi, exhortant le gouvernement éthiopien à assurer sa responsabilité de protéger tous les réfugiés.

Deux organisations humanitaires internationales ont annoncé vendredi le décès de quatre de leurs membres, pendant l'opération au Tigré, dont un victime de "meurtre" dans le camp de réfugiés de Hitsats.

Avec AFP

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