Centrafrique : la quatrième ville aux mains des rebelles à la veille de la présidentielle

Des soldats de la Minusca sur la route nationale 1 à Boali, le 22 décembre 2020.
Des soldats de la Minusca sur la route nationale 1 à Boali, le 22 décembre 2020. © Alexis Huguet, AFP
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À cinq jours des élections présidentielle et législatives, des rebelles de l'Unité pour la paix en Centrafrique, se sont emparés de Bambari, la quatrième ville du pays. Le gouvernement dénonce une tentative de coup d'État alors que les groupes armés qui opèrent sur le territoire ont relancé les hostilités.

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Des attaques ont repris, mardi 22 décembre, en Centrafrique, avec la prise de la quatrième ville du pays par des rebelles, à cinq jours des élections présidentielle et législatives. Par ailleurs, Moscou a dépêché 300 "instructeurs militaires" pour aider le gouvernement qui dénonce une tentative de coup d'État.

Bambari, à quelque 380 km au nord-est de la capitale Bangui, est tombée aux mains de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un des nombreux groupes armés qui se partagent plus des deux-tiers de la Centrafrique.

Dans l'ouest du pays, trois autres de ces groupes, qui ont fait alliance et forment à présent une coalition, s'en sont pris à des axes routiers vitaux pour l'approvisionnement de la capitale.

Des combats se sont déroulés dans les deux zones. Bambari a été prise sans "violence contre les habitants" mais les rebelles ont pillé le commissariat, la gendarmerie et les maisons des particuliers", a déclaré à l'AFP Abel Matchipata, maire de Bambari.

L'attaque a donné lieu à deux heures d'échanges de tirs avec l'armée et des Casques bleus de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), ont précisé de hauts responsables d'ONG et de l'ONU.

Reprise des combats 

De l'autre côté de la capitale, des combats ont repris sur la route nationale 1, l'axe vital qui relie Bangui au Cameroun. 

La ville de Boali, située sur cette route à environ 60 kilomètres de Bangui, était calme mardi matin, selon un journaliste de l'AFP. 

Vers 13 h, un convoi de camions commerciaux en provenance de Bangui, qui se dirigeait vers le Cameroun, a été dissuadé d'aller plus loin par des éléments des forces armées centrafricaines. Des combats avaient éclaté, à quelques dizaines de kilomètres.

La population a pris peur. Femmes et enfants de la ville se sont réfugiés à 6 km, dans des campements en brousse, ont raconté à l'AFP des hommes restés dans la ville.

Quelques heures plus tard, plusieurs pick-up arrivaient à l'hôpital communautaire de Bangui avec leur plateau arrière rempli de blessés, ont rapporté des journalistes de l'AFP. 

Parallèlement, la Russie a annoncé dans l'après-midi avoir envoyé "300 instructeurs militaires supplémentaires" en Centrafrique, où elle soutient le pouvoir en place.

"Pour aider Bangui à renforcer les capacités défensives de la Centrafrique, la Russie a répondu rapidement à la demande du gouvernement (centrafricain) et envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour la formation de l'armée nationale", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Présence russe 

La veille, Moscou avait soutenu qu'elle n'avait pas envoyé de troupes sur place, allant à l'encontre d'une annonce du gouvernement centrafricain faisant état de l'envoi de "plusieurs centaines" de soldats russes et d'équipements lourds dans le cadre d'un accord de coopération bilatérale.

Un haut diplomate russe, Mikhail Bogdanov, avait précisé que la Russie avait "naturellement des gens là-bas, en vertu de nos accords avec le gouvernement centrafricain, de nos accords sur la formation de cadres et le travail de nos instructeurs".

Dans ce pays de 4,9 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres du monde mais riche en diamant, des gardes privés employés par des sociétés russes de sécurité assurent déjà la protection rapprochée du président Faustin Archange Touadéra et des instructeurs forment les forces armées centrafricaines.

Samedi, le gouvernement avait accusé l'ex-président François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée, de "tentative de coup d'État". 

Mais les élections continuent de se préparer dans le pays avec pour favori le président sortant. Celui-ci a exclu de négocier avec les rebelles. "Négocier comment, sous quelle forme ? Vous voyez bien qu'il y a des attaques, on n'a pas le temps de négocier, on ne sait pas avec qui négocier", a-t-il affirmé. 

Avec AFP

   

                  

   

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