Niger : au moins cent morts dans l'attaque de deux villages près de la frontière malienne

Des militaires nigériens en patrouille (photo d'illustration)
Des militaires nigériens en patrouille (photo d'illustration) © Issouf Sanogo, AFP
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Deux villages nigériens près de la frontière malienne ont été attaqués, samedi, par des terroristes. Au moins cent civils ont été tués, selon Almou Hassane, le maire qui administre les deux villages. Un lourd bilan confirmé par le Premier ministre nigérien dans la soirée de dimanche.

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Au moins 100 civils ont été tués dans des attaques perpétrées simultanément par des militants islamistes présumés dans deux villages du Niger, proches de la frontière avec le Mali, a rapporté, samedi 2 janvier, le maire qui administre les deux villages.

Le Premier ministre Brigi Rafini, qui s'est rendu dimanche sur les lieux des attaques, a déploré à la télévision publique "un bilan désastreux", "une situation horrible", en parlant de "70" morts à Tchoma Bangou et "une trentaine" à Zaroumadareye.

Il a confirmé le bilan de 100 morts au total donné précédemment par Almou Hassane, le maire de Tondikiwindi, commune qui administre les deux villages, situés dans le département de Ouallam. Celui-ci a aussi fait état de "25 blessés".

Accompagné des ministres de l'Intérieur, Alkache Alhada, de la Défense Issoufou Katambé, et du gouverneur de Tillabéri Tidjani Ibrahim Katiella, le Premier ministre a promis "des enquêtes pour que ces crimes ne soient pas laissés impunis". Il a aussi affirmé que "le gouvernement prendra très bientôt des mesures pour que les populations de ces villages soient sécurisées dans les meilleures conditions".

Le président Mahamadou Issoufou dirigera un Conseil national de sécurité exceptionnel lundi matin, selon une source à la présidence. Il a fait part dimanche dans un tweet de ses "condoléances les plus émues aux populations de Tchombangou et Zaroumdareye, suite à l'attaque lâche et barbare de leurs villages".

D'après un haut responsable de la région de Tillabéri, l'attaque de Tchomo-Bangou a été commise vers midi (11 h GMT), au même moment que la proclamation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle du 27 décembre, donnant largement en tête (39,33 %) le candidat du parti au pouvoir Mohamed Bazoum. Cet ex-ministre de l'Intérieur a promis de renforcer la lutte contre les groupes jihadistes.

"Ce sont de nombreux civils qui ont été tués dans une attaque à Tchomo-Bangou", un village du département de Ouallam, frontalier du Mali, a déclaré un élu local sans plus de précisions. "Les assaillants sont venus encercler le village et ils ont tué jusqu'à cinquante personnes. Des blessés ont été évacués à l'hôpital de Ouallam", a affirmé sous le couvert de l'anonymat un journaliste d'une radio locale.

Une région ensanglantée

Le 21 décembre, à six jours de la présidentielle, sept soldats nigériens avaient été tués dans une embuscade dans la même région.

Selon le journaliste, l'attaque de Tchomo-Bangou est survenue dans les environs de Tongo Tongo où quatre soldats américains des forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués en octobre 2017 dans une embuscade. Cette attaque avait été revendiquée par le groupe État islamique dans le Grand Sahara. 

Le pays de l'ouest de l'Afrique a déjà été le théâtre d'attaques de militants islamistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Des attaques perpétrées près de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, à l'Ouest, et à la frontière avec le Nigeria, au Sud-Est, ont fait des centaines de morts l'an dernier.

Avec AFP et Reuters

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