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Éthiopie : au moins 80 personnes assassinées lors d'une nouvelle attaque dans l'ouest

D'après des dirigeants locaux de l'opposition dans la région du Benishangul-Gumuz, les attaques successives sont motivées par des facteurs ethniques.
D'après des dirigeants locaux de l'opposition dans la région du Benishangul-Gumuz, les attaques successives sont motivées par des facteurs ethniques. © AFP, archives
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L'ouest de l'Éthiopie est une nouvelle fois le théâtre de violences meurtrières. Une attaque a fait au moins 83 morts mardi, a indiqué la Commission éthiopienne des droits de l'Homme (EHRC).

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Au moins 80 personnes ont été tuées mardi 12 janvier en Éthiopie, lors d'une nouvelle attaque dans l'ouest du pays, dans la région du Benishangul-Gumuz, a annoncé mercredi la Commission éthiopienne des droits de l'Homme (EHRC). Dans cette zone, située à la frontière entre l'Éthiopie et le Soudan, plusieurs massacres ont déjà eu lieu ces derniers mois.

"Nous avons reçu des informations prouvant que plus de 80 civils ont été tués le 12 janvier près de Daletti", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'EHRC, un organisme indépendant rattaché au gouvernement, Aaron Maasho. "L'attaque s'est produite entre 5 heures et 7 heures du matin, avec des victimes âgées de 2 à 45 ans", a-t-il ajouté. 

"Cette attaque a été menée principalement à l'aide de couteaux, mais des flèches et des armes à feu ont également été utilisées", a déclaré à l'AFP Ahmed Yimam, un survivant.

Une précédente attaque survenue le 23 décembre, dans l'ouest du pays avait fait plus de 200 morts. Selon des dirigeants locaux de l'opposition, elle avait été motivée par des facteurs ethniques. L'ouest de l'Éthiopie fait l'objet d'une série meurtrière ces derniers mois. Dans cette région, vivent notamment des habitants des ethnies oromo, amhara – les deux plus nombreuses du pays – et shinasha. 

Appel à protéger les civils victimes d'attaques successives

Le Premier ministre, Abiy Ahmed, peine à faire respecter l'ordre à Metekel et à expliquer les motivations derrière ces violences, malgré sa visite dans la région en décembre et l'installation sur place d'un poste de commandement fédéral.

Il n'existe aucun lien clairement établis entre les violences au Benishangul-Gumuz et les opérations militaires dans la région la plus septentrionale du Tigré, où Abiy Ahmed a envoyé des troupes en novembre pour désarmer les dirigeants du parti régional dissident au pouvoir. 

Lundi, la radio-télévision Fana BC, affiliée au pouvoir, assurait qu'une "paix relative [avait] été restaurée" dans la région de Benishangul-Gumuz grâce aux mesures prises par le gouvernement fédéral.

Mais la Commission éthiopienne des droits de l'homme appelle les autorités à en faire plus. "Ces civils n'ont presque pas connu de répit entre toutes ces sinistres attaques des derniers mois. Une nouvelle fois, nous appelons les autorités fédérales et régionales à renforcer leur coordination pour répondre à ces incidents et empêcher d'autres morts dans le Benishangul-Gumuz", a déclaré Aaron Maasho de l'EHRC.

L'Éthiopie est une mosaïque de très nombreux peuples, réunis au sein d'un "fédéralisme ethnique". Après presque trente ans d'un pouvoir de fer en Éthiopie, la politique d'ouverture lancée depuis son arrivée au pouvoir en 2018 par Abiy Ahmed a réveillé des ambitions territoriales locales et d'anciens différends communautaires, débouchant sur des violences meurtrières.

Avec AFP

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