Centrafrique : réélu, le président Touadéra appelle à la réconciliation nationale

Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, le 27 décembre 2020, à Bangui.
Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, le 27 décembre 2020, à Bangui. AFP - ALEXIS HUGUET
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Dans un discours à la nation diffusé, lundi, à la télévision, Faustin Archange Touadéra a déclaré tendre la main à l'opposition démocratique, après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle.

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Poursuivre la réconciliation nationale. C’est le souhait qu'a exprimé, lundi 18 janvier, Faustin Archange Touadéra, dont la réélection en Centrafrique a été validée le jour-même par la Cour constitutionnelle. 

"Je tends la main patriotique à l'opposition démocratique afin de sortir notre pays du cycle vicieux de violences et de destruction. Au lendemain de mon investiture, nous allons poursuivre la réconciliation nationale afin de décrisper le climat politique pré et post électoral", a déclaré le chef de l'État, dans un discours à la nation diffusé à la télévision nationale.

 La juridiction suprême a rejeté un peu plus tôt les recours en annulation du scrutin de 13 des 16 rivaux du chef de l'État sortant. Ils invoquaient des "fraudes massives" et l'impossibilité pour deux électeurs inscrits sur trois de voter, le 27 décembre, en raison de l'insécurité, dans un pays où les plus puissants des groupes armés contrôlent deux tiers du territoire et ont lancé une nouvelle offensive une semaine avant le scrutin.

Le président Touadéra a, une nouvelle fois, accusé l'ancien président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée par la Cour constitutionnelle, d'avoir "conçu la rébellion, réuni les moyens et mis le feu au pays ; bien sûr, avec les mercenaires étrangers qu'il a recrutés et ses alliés politiques que vous connaissez tous, pour satisfaire son ambition personnelle ou familiale".

Deux casques bleus tués 

Faustin Archange Touadéra a également condamné les violences perpétrées par les groupes armés dans le pays. "Les auteurs, coauteurs et complices présumés de ces crimes imprescriptibles commis contre le peuple centrafricain seront recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes", a-t-il affirmé.

En guerre civile depuis huit ans, la Centrafrique est dominée en grande partie par les groupes rebelles hostiles au régime du président Touadéra. Lundi, l'ONU a annoncé la mort de deux casques bleu, portant à 7 le nombre de morts parmi le contingent de la mission de l'ONU (Minusca) depuis le début de l'offensive des rebelles contre le régime du président Faustin Archange Touadéra.

"Un Gabonais et un Marocain ont été tués lundi, à 17 km de Bangassou (préfecture du Mbomou), dans le sud de la RCA, suite à l'embuscade de leur convoi par des éléments des groupes armés coalisés", a annoncé la Minusca dans un communiqué.

Depuis qu'ils ont juré de "marcher sur Bangui", les rebelles mènent des attaques sporadiques mais parfois violentes, généralement loin de la capitale, même si deux attaques simultanées d'environ 200 assaillants ont été repoussées le 13 janvier à Bangui.

Les rebelles se heurtent jusqu'à présent à des forces bien supérieures en nombre et lourdement équipées : quelque 12 000 casques bleus de la Minusca présents depuis 2014, mais aussi des centaines de militaires rwandais et paramilitaires russes dépêchés fin décembre.

Avec AFP

 

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