Emmanuel Macron ouvre la voie à une réduction des troupes françaises au Sahel

Des soldats de l'armée malienne patrouillent avec des membres de la force française Barkhane, à Menaka, dans la région de Liptako, le 21 mars 2019.
Des soldats de l'armée malienne patrouillent avec des membres de la force française Barkhane, à Menaka, dans la région de Liptako, le 21 mars 2019. Daphné Benoit, AFP
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Lors de ses traditionnels vœux aux armées, mardi, à Brest, le président Emmanuel Macron a ouvert la voie à un ajustement de l'effort français au Sahel. Un sujet qui sera sur la table en février, à N'Djamena, lors d'un nouveau sommet du G5. 

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Il n'y a ni chiffres, ni calendrier. Emmanuel Macron a évoqué, mardi 19 février, lors de ses vœux aux armées la possibilité de réduire le nombre de soldats français de la force Barkhane déployés au Sahel. 

 "Les résultats obtenus par nos forces au Sahel, conjugués à l'intervention plus importante de nos partenaires européens, vont nous permettre d'ajuster notre effort", a déclaré Emmanuel Macron, à Brest.

Voeux d'Emmanuel Macron aux armées

La force Barkhane, qui combat les groupes jihadistes principalement au Mali et au Niger, compte actuellement 5 100 soldats, dont 600 ont été envoyés en renfort il y a un an, après le sommet de Pau réunissant le président français et ses alliés du "G5 Sahel".

L'exécutif réfléchit aujourd'hui à alléger le nombre de soldats engagés, un sujet qui sera sur la table en février à N'Djamena, au sommet du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad). "Je serai présent à N'Djamena pour un nouveau sommet et des décisions structurantes, avec un cap inchangé, la stabilité et la victoire contre le terrorisme", a déclaré Emmanuel Macron.

Hommage aux morts au combat

Le chef de l'État a salué l'engagement des armées sur plusieurs théâtres d'opérations à l'international et rendu hommages aux soldats morts au combat. Cinquante-cinq soldats français ont été tués au Sahel depuis 2013, dans les opérations Serval puis Barkhane. 

Il a aussi espéré que l'arrivée du président américain Joe Biden marquera un "réengagement" des États-Unis au Moyen-Orient et "des décisions structurantes" avec "une prise de conscience de la nature de la lutte contre le terrorisme", notamment en Syrie et en Irak. La France craint une possible résurgence du groupe État islamique en Irak et en Syrie.

Le chef de l'État a aussi rassuré les militaires sur la hausse des engagements budgétaires, malgré les dépenses liées à la crise sanitaire, alors qu'une clause de "revoyure" est prévue cette année.

"L'indispensable remontée en puissance de nos armées, que j'ai décidée en 2017, doit se poursuivre résolument dans le cadre de la loi de programmation militaire. Je l'ai dit et répété, je le réaffirme solennellement aujourd'hui, les engagements que j'ai pris seront tenus", a-t-il affirmé. 

Allusion aux critiques sur sa gestion de la crise sanitaire, il a lancé : "Je sais combien chaque jour on peut expliquer comment gagner la guerre d'hier".

Avec AFP et Reuters

 

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