Canal de Suez bloqué : de nouvelles tentatives de renflouage prévues ce week-end

Le 25 mars 2021, le porte-conteneurs 'Evergreen', bloquant le trafic du canal de Suez en Égypte.
Le 25 mars 2021, le porte-conteneurs 'Evergreen', bloquant le trafic du canal de Suez en Égypte. © AFP

Une importante marée haute prévue dimanche pourrait être "d'une grande aide" pour débloquer le porte-conteneurs qui obstrue le canal de Suez depuis mardi, immobilisant plus de 200 navires dans l'une des voies navigables les plus fréquentées du monde.

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Le canal de Suez débloqué plus tôt que prévu ? Le propriétaire du porte-conteneurs qui obstrue depuis mardi le canal de Suez, en Égypte, a dit avoir bon espoir que le navire soit débloqué dès samedi 27 mars au soir, alors que des jours voire des semaines étaient précédemment évoqués.

"Nous sommes en train d'éliminer les sédiments, avec des outils de dragage supplémentaires", a déclaré Yukito Higaki, président de la compagnie japonaise Shoei Kisen lors d'une conférence de presse vendredi, dont fait état la presse japonaise de samedi. Il a dit espérer un déblocage du "Ever Given" pour samedi soir, c'est-à-dire dans la nuit de samedi à dimanche au Japon.

"Le navire ne prend pas l'eau. Il n'y a aucun problème avec ses gouvernails et ses hélices. Une fois qu'il aura été renfloué, il devrait pouvoir fonctionner", a ajouté le dirigeant.

La société mandatée pour le "sauvetage" de l'"Ever Given" s'était auparavant montrée plus prudente, évoquant "des jours voire des semaines" pour assurer le déblocage du navire et la reprise du trafic sur le canal qui voit passer 10 % du commerce maritime international, selon des experts.

Depuis mercredi, l'Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager ce navire de plus de 220 000 tonnes et d'une longueur équivalente à quatre terrains de football, coincé dans le sud du canal, à quelques kilomètres de la ville de Suez. 

Une opération menée vendredi par la SCA avec l'aide de remorqueurs "n'a pas réussi", a indiqué la Bernhard Schulte Shipmanagement (BSM), compagnie basée à Singapour qui assure la gestion technique du navire. "Deux remorqueurs (égyptiens) supplémentaires, de 220 à 240 tonnes" doivent arriver d'ici à dimanche pour une nouvelle tentative, selon cette société.

Concernant les causes de l'accident, le chef de l'Autorité égyptienne du canal de Suez a déclaré samedi que les fortes rafales de vent n'étaient pas la principale raison de l'échouement du navire.

"Les fortes rafales de vent et les facteurs météorologiques ne sont pas les seules raisons de l'échouement du navire, d'autres erreurs, humaines ou techniques, ont aussi pu entrer en jeu", a déclaré Osama Rabie lors d'une conférence de presse à Suez.

"Processus technique complexe"

L'incident survenu mardi a entraîné des embouteillages massifs de navires de marchandises. D'après la revue spécialisée Lloyd's List, plus de 200 bateaux étaient bloqués vendredi aux deux extrémités et dans la zone d'attente située au milieu du canal, entraînant d'importants retards dans les livraisons de pétrole et d'autres produits, avec une brève répercussion sur les cours de l'or noir mercredi.

Selon Lloyd's list, le porte-conteneurs coincé bloque chaque jour l'équivalent d'environ 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d'euros) de marchandises.

Le géant du transport maritime Maersk et l'allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu'ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de 9 000 kilomètres et au moins sept jours supplémentaires autour du continent africain.

Dans un communiqué, l'amiral Ossama Rabie, président de la SCA, a expliqué vendredi soir que "les manœuvres de remorquage nécessit[ai]ent la conjoncture de plusieurs facteurs […] dont le plus important est la direction des vents et des marées", parlant de "processus technique complexe". Une importante marée haute prévue "dimanche soir" pourrait "être d'une grande aide" pour les équipes techniques cherchant à débloquer le navire, a expliqué à l'AFP Plamen Natzkoff, expert chez VesselsValue. "S'ils ne parviennent pas à le débloquer lors de cette marée haute, la prochaine n'aura pas lieu avant deux semaines, et cela va devenir problématique", a-t-il dit à l'AFP.

L'"Ever Given" "n'est pas uniquement échoué sur le sable en superficie, il s'est également coincé à l'intérieur de la berge", selon Plamen Natzkoff. "Il va falloir creuser là où le bateau est entré dans la berge, afin de lui permettre de bouger à nouveau. Et c'est clairement du gros boulot", juge-t-il.

Des excavatrices ont commencé à creuser la berge mercredi et des dragues à aspirer le sable sous le navire vendredi, pour faciliter le travail des remorqueurs. La société qui exploite le navire, Evergreen Marine Corp, basée à Taïwan, a sollicité la société néerlandaise Smit Salvage et l'entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place "un plan [de sauvetage] plus efficace" que celui mis en œuvre jusqu'alors. Les premiers experts sont arrivés jeudi.

Près de 19 000 navires ont emprunté le canal en 2020, selon la SCA, soit une moyenne de 51,5 navires par jour. Selon un rapport de l'assureur Allianz Global Corporate & Specialty sur la sécurité maritime, "le canal de Suez présente un excellent bilan de sécurité dans l'ensemble, les incidents de navigation étant extrêmement rares – au total, 75 incidents de navigation ont été signalés au cours de la dernière décennie".

Avec AFP

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